‹ Du service de santé militaire chez les RomainsChapitre 18 sur 24 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Nous venons de passer en revue tous les corps de troupes composant l’armée romaine, et qui étaient, en suivant l’ordre de leur hiérarchie : les cohortes préto- riennes, la garde urbaine, les wigiles, les equites singulares, les légions, les ailes de cavalerie et les cohortes auxiliaires; nous avons donné des preuves que dans toutes ces fractions de l’armée de terre, il y avait une administration médicale organisée. Nous allons actuellement nous occuper de la marine militaire.

Dès le moment où nous avons pu démontrer qu'il existait un service de santé bien organisé dans les armées de terre, nous aurions pu en conclure immédiatement, par analogie et sans aucune témérité, qu’un pareil service devait avoir été établi dans les flottes. Mais nous sommes en mesure de mieux faire, car il existe des monuments épigraphiques qui mettent hors de doute le fait de l’organisation d’un service médical dans la marine.

On sait que l’empereur Auguste, qui créa ou renouvela toutes les parties de l’administration romaine pour les mettre en harmonie avec le nouvel ordre de choses, avait établi, pour la défense des côtes de l'Italie, une flotte à Misène et une autre à Ravenne (1). Ces flottes furent

(1) Suétone, Aug., c. xLIx. — Tacite, Ann. , lib. IV, c. v. — Végèce, lb. 1Y, c Li. :

d’abord placées toutes les deux sous le commandement d'un seul préfet; puis elles eurent bientôt chacune un commandant particulier. Enfin, sous Septime Sévére , elles revinrent sous le commandement d’un seul préfet. Il existait aussi des escadres détachées des flottes principales et dirigées sur différents points des côtes.

Les documents que nous possédons ne nous permettent pas d’entrer très-avant dans les détails du service de santé des flottes; et il nous est impossible de savoir, quant à présent, si les vaisseaux plus petits que les trirèmes possédaient un médecin; car, dans les inscriptions connues jusqu’à ce jour, il n’est question que de ce dernier ordre de navires. Ce qui est certain, c’est que toutes les trirèmes en avaient un; et comme elles contenaient une centurie ou cent hommes, on peut conjecturer avec une trés-grande vraisemblance que les vaisseaux pl”s grands en possédaient plusieurs, proportionnellement à leur nombre d'hommes. Malheureusement nous sommes absolument dénués de renseignements sur la manière dont les médecins de vaisseaux pouvaient exercer leur ministère, et, en général, dont tous les services s’y pratiquaient. Les rares éclaircissements qui nous sont fournis par l’épigraphie laissent bien des incertitudes à dissiper et beaucoup de desiderata à combler.

Toutefois nous sommes fondés à croire que les médecins de la marine étaient rangés parmi les principales, comme ceux des légions et des cohortes de l’armée de terre. De plus, nos inscriptions donnent à quelquesuns de ces médecins le titre de duplicarius, c’est-àdire que ceux qui étaient ainsi qualifiés jouissaient de la

double solde, qui était accordée à titre de récompense pour la durée ou pour l'excellence des services. Ces deux circonstances réunies pourraient donner lieu de croire qu'ils étaient mieux traités que les médecins de l’arméa de terre, tant au point de vue de la considération qu’à celui des émoluments. Peut-être le service de santé de la marine était-il considéré comme un avancement dans la marche générale de la médecine militaire, et y faisait-on passer à ce titre ceux qui avaient déjà servi avec plus ou moins de distinction dans les divers corps de l’arméé de terre. Quoi qu’il en soit, je n’ai pu me procurer quë quatre inscriptions relatives aux médecins de la marine; encore l’une d’elles est-elle inédite. On voit par là pourquoi nous savons si peu de choses sur ce service.

4° Flotte de Ravenne.

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