LIB. PAT. B. M.F
Orelli, n° 3507.— Muratori, Novus thesaurus veter. inscript., p. 4046, n°9 5. « Viterbt in ædibus Augustini Almadiani. »
Le texte de cette inscription, tel qu'il est donné par Muratori, est trés-incorrect et renferme des erreurs évidentes. ETHERIAE ASTORVM ne présente aucun sens, et ne pourrait s’expliquer si l’on ne changeait pas ces mots en TERTIAE ASTVRVM, comme l’a trés-heureusement fait Hultmann. Avec cette correction, on doit lire ainsi l'inscription :
D{iis) M(anibus). M(arco) Ulpio, C(aii) fil(io), Sporo, medico alarum Indianæ et tertiæ Asturum, et salar(ijario civitati(s) splendidissimæ Ferentinensium. Ulpius Protogenes lib(ertus) pat(rono) b(ene) m(erenti) f(ecit).
Cette inscription est intéressante à plus d’un titre. Elle nous apprend d’abord que cet Ulpius Sporus avait été successivement médecin des ailes d’auxiliaires désignées sous les noms de Zndiana et troisième des Astures. L’aile
(4) Horseley, Britannia Rematia, cilé par Simpson. R. BRIAU, 6
Indiana, dont il est fait mention dans plusieurs auteurs, tirait son nom de celui qui l'avait formée, et non pas des Indiens qui en auraient fait partie, comme l'ont cru MM. Simpson et Aubertin : il n’y avail pas, dans les armées romaines, de corps d’auxiliaires indiens; du moins aucun auteur, que je sache, n’en parle, tandis que l'aile Indiana est bien connue. Ensuite Ulpius Sporus avait été médecin salarié de la ville de Ferentinum. C’est un nouvel exemple de ces médecins que les villes de lantiquité s’appropriaient et auxquels elles allouaient des traitements en récompense des services qu’elles en recevaient. M. Weschera rencontré, dans son voyage en Grèce, une inscription constatant un fait de ce genre. Comme on le voit ici, elle n’attestait pas un fait nouveau ou inconnu, mais seulement un nouvel exemple d’un fait déjà connu et démontré, | N° 26.
APOLLINI. ET. AES CVLAPIO. SALVT...
FORTVNAE. SACR...
PRO SALVTE L. PE TRON. FLORENTI NI. PRAEF. COH. HILL AQ. EQ. C. R. M. RV BRIVS ZOSIMVS MEDICYS COH. SS.
DOMVY. OSTIAIL. TIB ER. V. 8. L. L. M.
Apollini et Æsculaplo, Salut[z ef] Fortunæ sacr[um]. Pro salute L(ucii) Petron(ii) Florentini, præf{ecti) coh(ortis) quartæ Aq(uitanorum) eq(uitatæ) c(ivium) R(omanorum), M(arcus) Rubrius Zosiraus, medicus coh(ortis) s(upra) s(criptæ), domu Ostiæ Tiber(inæ), v(otum) s(olvit) (ætus) l(ibens) m(er:to),
Cette inscription se trouve’ à Obernburg sur le Mein.
La picrre sur laquelle elle est gravée est encasirée dans
la muraille de auberge de la Couronne. Elle a été repre duite dans le recueil de Steiner (1) et dans celui de Hcfner (2).
Voilà donc trois inscriptions qui prouvent que les cohortes et les ailes alliées ou auxiliaires étaient, comme les légions, pourvues d'un service de santé, probablement organisé de la même manière que ceiui des autres corps de troupes. Ces documents ne nous apprennent rien de plus et ne fournissent aucun élément qui nous permette de pénétrer dans quelques détails de cette organisation. Il nous est impossible de savoir et d'apprécier, même par conjecture, combien il pouvait y avoir de médecins dans chaque cohorte ou aile d'auxiliaires, et quel rang ou quelle position ils y tenaient. Ïl y a lieu de penser que tout y était constitué comme dans les cohortes légionnaires, sur le modèle desquelles les cohortes auxiliaires avaient sans doute calqué leur service médical. C’est la partie la plus obscure de notre sujet et celle sur laquelle nous possédons le moins de documents.
C’est ici le cas de rappeler que tout le service médical des armées en campagne était peut-être, comme nous l'avons déjà dit, ‘centralisé entre les mains d’un médecin en chef. Dans ce cas, si l’empereur était présent, ce devait être assurément l’archiatre, ou médecin de l'empereur, qui était le chef du service ; car il est certain, et beaucoup de textes le démontrent, que les empereurs emmenaient avec eux leurs médecins.
(2) Bavière romaine, par Hefner, Munich, 1852, n° 72.
Enfin, je ne veux pas omettre une dernière obser- ‘ vation qui n’aura pas échappé à plusieurs de mes lecteurs : c’est que le plus grand nombre des noms de médecins militaires, qui sont parvenus jusqu'à nous, sont des noms grecs, ce qui. semblerait indiquer que les préjugés romains contre la médecine étaient loin d’être éteinis, et que cet art était encore exercé surtout par des étrangers, comme d’ailleurs presque tous les autres arts.