‹ Du service de santé militaire chez les RomainsChapitre 6 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Comme les médecins attachés aux valetudinaria n’avalent pour aftributions que de donner leurs soins aux malades, 1l était nécessaire qu’il y eût dans ces établissements des fonctionnaires chargés de pourvoir à la nourriture, aux médicaments et à tous les autres besoins de leurs hôtes ; en un mot, des employés ayant à peu près les mêmes obligations à remplir que les officiers de notre

intendance actuelle. Ces sortes de fonctionnaires étaient nombreux dans l’administration romaine, et ils y étaient connus sous le nom d’opéiones, c’est-à-dire d’aides, d'adjudants. À ce titre très-général d’optio on en ajoutait un autre qui particularisait la fonction en la précisant. C’est ainsi qu'il existait des opliones carceris, comme nous venons de. le voir dans l'inscription n° 2, des vptfiones arcaru et des opliones NALETUDINARII, comme nous le verrons plus loin.

Ce dernier titre désigne les employés de l'hôpital mihtaire, qui avaient la charge de veiller à ce queles malades et les blessés ne mänquassent pas des choses qui leur étaient nécessaires. Reinesius définit ainsi leurs attributions et quelques-unes de leurs immunités : « Quin et ægro-

rum curæ invigilabant optionces, tisque de victuali sub- R. BRIAU. 3

stantia et reliquis necessitatibus providebant. L.ult. C.. de jure imm. vacationem munerum graviorum tribuit conditio optionis valetudinarii, hocest, adlecti vel destinati ad infirmos et inutiles factos curandos et sustentandos. » Enfin il ajoute: « oc genus diversum erat a vosoxouou, quorum gradus inferior; ministrabant enim et adsidebant ægrotis, non constituti in numeris; item a medicis, qui visitando, præscribendo, imperando utilia, medebantur in castris, in stativis (1). »

Ces dernières lignes de Reinesius montrent trés-bien le fonctionnement intérieur des hôpitaux militaires et la oradation où la hiérarchie des employés. Ainsi qu'on le voit, les infirmiers, voctxout, n’appartenaient pas à l’armée et n'étaient pas immatriculès, non constiluli in numerts, ni inscrits sur les rôles. En cela ils différaient de nos infirmiers actuels. Îls formaient le troisième ordre des employés hospitaliers. Je ne crois pas avoir besoin d'insister surle genre des fonctions qui étaient dévolues À ces infirmiers. On ne peut pas doùter que ces fonctions étaient en tout analogues où même semblables à celles de nos infirmiers militaires actuels. Î est probable seulement que les infirmiers des Romains étaient des esclaves? sans cela, ils eussent été sans doute inscrits sur Îles rôles. 11 est peu fait mention d'eux dans les auteurs; mais quand bien même on n’y trouverait aucune trace de leur existence, il faudrait encore y croire par conjecture, à cause de la nècessité même de leur service.

(1) Reinesius, Syntagma inscriptionum antiquarum. Lipsiæ et Francof., 1689, in-fol., cl. I, n° 3, p. 14.

LS

Toutefois 1l existe dans le Digeste (1) un article où il est question d'eux et des immunités dont 1ls jouissaient : « Quibusdam aliquam vacationem munerum graviorum conditio tribuit, ut sunt mensores, optio valetudinaru, medici,..… veterinarti... et qui ægris præsto sunt. » Ces derniers mots désignent évidemment les infirmiers.

Quant aux optiones valetudinarir, on vient de voir que Reinesius leur donne des attributions assez étendues. D’après lui, en effet, ces fonctionnaires n'avaient pas seulement à pourvoir à toutes les nécessités de la vie des malades; ils avaient cn outre l’obligation de prendre soin des infirmes et des hommes que leurs blessures ou leurs maladies rendaient actuellementimpropresau service militaire. Toutefois ces attributions diverses ne se confondaient en aucun point avec celles des médecins; et nos inscriptions démontrent avec évidence que les fonctions des opéiones valefudinarii élaient purement administratives ct n'avaient aucun rapport direct avec la pratique médicale. Nous avons cinq inscriptions qui font mention de ces employés d'hôpital, et qui justifient les quelques détails dans lesquels nous venons d'entrer. Deux de ces monuments ont été découverts en Algérie et publiés par notre éminent épigraphiste, M. Léon Renier (2).

(4) Lib. L, tit. vt, fr. 6, | (2) Inscriptions romaines de l'Algérie, recueillies et publies par M, Léon Renier. Paris, 4858, gr. in-4°, |

N° de

C. LVCCEIVS CF STEL. SABINVS BENEVENTI DECVRIO VIVVS SIBI ET OFILIAE PARATAE VXORI ET LVCCIO VERECVNDO FRATRI POSTERISQ SVIS FECIT MILITAVIT IN COH OR VRB ADIVT TRIBVN ORFIT SECVTOR OPTIO VALETVDI OPTIO ARCARI ............ nssssses ..

C(aius) Lucceius, C(aii) f(ilius), Stel(latina), Sabinus, Beneventi decurio, vivus sibi et Ofiliæ Paratæ uxori, et Luccio Verecundo fratri, posterisq(ue) suis fecit. Militavit in cohor(tibus) Urb(anis), adjutor

.tribun(i) Orfit(i), secutor, optio valetudi(narii), optio arcari(i)... etc.

Cette copie est empruntée au recueil de M. Mommsen (4), mais l'inscription se trouve aussi dans ceux de Gruter (2) et d'Orelli (3), avec des variantes. Elle a été découverte à Bénévent. Je n’en ai pas donné la copie entière, mais seulement la partie afférente au sujet que je traite; aussi je ne dois pas omettre de dire qu’elle porte deux dates, desquelles il résulté que Sabinus eut son congé en 434 de notre ère, et qu'il mourut en 446. C’est à cette dernière date que l'inscription a été

rédigée.

LA

. (4) Inscripliones regni Neapolilani latinæ. Lipsiæ, 48592, in-fol., n° 4459. | (2) Inscripliones antiquæ tolius orbis Romani, etc., in-fol., p. 431, n° 10. (3) N° 3462.

Cette inscription démontre que les employés d’administration désignés sous le nom d’optiones pouvaient remplir différentes fonctions, et passer des hôpitaux à d’autres emplois, ou réciproquement des autres emplois à ceux des hôpitaux. Nous y voyons, en effet, que Luccetus Sabinus fut successivement adjutor et secutor tribuni, optio valetudinarii et optio arcarii, ce qui prouve que les fonctions des optiones valetudinarti n'avaient point de rapport avec la médecine, et qu'ils étaient, avant tout, des administrateurs, comme nous dirions aujourd’hui.

IMPP, CAESS. L. SEPTIMIO. ..….

AVRELIO ANTONINO P.....

ET IVLIAE AVG. MATRI AVG... ET.....

/ FAVSTO COS. AMPL. EX LARGI.....

EOS CONFERVNT FECERVNT OPTIONES VALET.....

Léon Renier, Lambæse, n° 63. Un second G a été effacé sur la pierre après le

deuxième AVG de la troisième ligne.

Imp(eraloribus) Cæs(aribus duobus) L(ucio) Septimio [Severo Pio Pertinaci Aügusto, et M(arco)] Aurelio Antonino P[io Aug{usto), et Lucio Septimio Getæ Cæsari Aug(usto)] et Juliæ Aug(ustæ) matri Aug(ustoram duorum) et [castrorum, scholam suam, dedicante Q(uinto) Anicio], Fausto , cons(ule) ampl(issimo), ex largi[ssimis stipendiis et liberalitaiibus, quæ in] eos conferunt, fecerunt optiones valet(udinarii.).... etc.

Cette inscription, restituée et lue par M. Léon Renier, et que je n’ai reproduite qu'en partie, nous apprend

qu'il y avait plusieurs opéiones dans chaque valetudinarium.

-DOMVI DIVINAE AVGG...

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