‹ Du Service Hospitalier: Dans les Guerres Terrestres et MaritimesChapitre 2 sur 52 · DE Q US · texte numérisé non relu

DE Q US

cins, infirmiers, chirurgiens, ayant à son service des ambulances, des hôpitaux, alors que les troupes sont fort peu exposées à avoir recours à lui, devient plus impérieuse lorsque ces mêmes hommes sont en pré$ence de l'ennemi. Ce ne sont plus des souffrances passagères, ce ne sont plus des maladies communes a tous les êtres humains que l'on a à soulager. Par le perfectionnement des armes à feu, dont on augmente tous les jours la puissance de destruction, par l’emploi d'engins explosibles toujours plus meurtriers, les belligérants tombent en masse sous le feu de l'ennemi.

Certaines blessures sont mortelles et restent rebelles aux soins prodigués ; d’autres, au contraire, moins graves, deviennent bénignes grâce a un pansement immédiat et le soldat qui les a reçues recouvre la santé alors qu'il eut dû succomber.

À toutes les époques, on s’est préoccupé d’apporter aux blessés les secours qui pouvaient leur être nécessaires. Dans l'antiquité et au moyenâge le service hospitalier de chaque Etat avait pour rôle exclusif de soulager ses nationaux, et si parfois les chefs des belligérants prenaient des engagements a l’égard des blessés et des malades de l’armée adverse, ils ne se liaient que pour la durée des hostilités.

Cette ee de charité devait se propager à mesure que les nations entraient dans une civilisation plus avancée; ces conventions, établies seulement au début de la guerre et au gré des combattants, méritaient d’être l’objet d’une entente

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internationale. En effet, une loi ratifiée par toutes

les puissances était nécessaire non point pour réglementer l’organisation dans chaque Etat du service hospitalier, mais pour déterminer la situation en temps de guerre à l'égard de l’ennemi, du persounel qui compose ce service.

A côté des articles qui consacraient le devoir pour le service sanitaire de porter secours aüûx blessés sans distinction de nationalité, et pour les belligérants l’engagement de respecter le personnel, la Convention devait édicter d’autres articles permettant de suspendre cette inviolabilité, si les exigences de la guerre le réclamaient.

Ce n’est qu’en 1864 que le premier traité international sur la matière, la Convention de Genève, fut rédigé. Ce document, ratifié par toutes les puissances civilisées, n’envisageait que les soins à apporter aux blessés dans les guerres continentales.

Les victimes des guerres sur mer étaient cependant aussi intéressantes, et l’on n’est point surpris de voir les auteurs de la Convention de Genève profiter, en 1868, de la revision de leur premier travail pour insérer quelques articles les concernant. Si les articles additionnels n’ont point été considérés comme loi internationale, ils ont du moins préparé la voie que devaient suivre, lors de la Conférence de la Paix, en 1899, les délégués

des diverses nations.

Ceux-ci, en effet, conviés par Sa Majesté Le tzar Nicolas II, outre les nombreuses questions qu’ils

mirent à l’étude, voulurent s'occuper de l’application des articles de la Convention de Genève aux guerres maritimes. Leur but fut atteint, car un texte concernant les malades en temps de guerre sur mer fut élaboré et accepté.

C'est du service hospitalier dont nous nous occuperons dans cette étude. Nous ne l’envisagerons qu’au point de vue international. Le service sanitaire qui, par son organisation, est essentiellement national, devient international lorsqu'il est appelé à remplir ses fonctions sur les champs de bataille ; il est régi, en effet, par des conventions internationales, et s’il a des devoirs à remplir à l'égard de ceux de sa nationalité auxquels il prodigue ses soins, il a aussi des engagements vis-avis des autres belligérants.

Nous examineronsdans une introduction historique la genèse de ces traités qui la réglementent, soit sur terre, soit sur mer. Dans la première et deuxième partie nous verrons la situation qui est faite au personnel et aux établissements sanitaires. Et, après avoir dans une troisième partie indiqué comment les divers Etats ont appliqué les lois hospitalières dans les différentes guerres qui ont suivi leur rédaction, nous nous demanderons quelles sont les réformes qui semblent devoir être faites par la prochaine Conférence.

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