INTRODUCTION HISTORIQUE
SECTION re
Ilne faudrait pas croire que l’idée d'humanité, qui a suggéré dans le courant du dix-neuvième siècle tant de manifestations philanthropiques, se soit développée brusquement.
Les promoteurs de la Convention de Genève, qui fut le premier traité international surla matière, avaient point recherché les précédents historiques. Ils avaient la conviction d’être les premiers à comprendre et à vouloir mettre en pratique ces sentiments de générosité qui les animaient en vue de l’amélioration des soins à apporter aux malades et aux blessés en temps de guerre. Mais à peine
PRE Cie réunis en Assemblée, ils eurent sous les yeux un démenti à leurs prétentions.
Le docteur Lœffler, représentant du ministère de la guerre prussien, en effet, présenta comme quelque chose de nouveau un numéro de la Gazette Médicale de Prusse contenant un traité du 7 septembre 1759, connu sous le nom de Convention de Brandebourg et qui avait été conclu entre Frédéric le Grand et Louis XV (1).
Attirés par cette première découverte, les délégués de la Conférence de Genève prièrent le docteur Brière, leur secrétaire, de faire des recherches.
De 1743 à 1800, il ne put recueillir que quatre précédents :
1° Le traité d’Aschaffenbourg, du 27 juin 1743, conclu après la bataille de Dettingen entre le maréchal duc de Noaïlles, commandant l’armée francaise et le Comte dénStair séneraltensenernde l’armée impériale;
2° Le traité du 6 février 1759, conclu à Sluys, en Hollande, entre la France et l’Angleterre ;
3° Letraité du 7 septembre 1759, cité par Lœæffler;
4° Le projet de traité que Percy, chirurgien français et médecin du grand état-major, présenta, en 1800, au général Moreau, commandant l’armée
Lueder, la Convention de Genève au point de vue historique, critique el dogmatique, p. x1.
LL EN française, qui le communiqua au général ennemi Kray, commandant l’armée autrichienne (x).
Tous ces traités concernent la protection des blessés, des hôpitaux et du personnel attaché au service sanitaire.
Le docteur Gurlt, dans un ouvrage qui venait compléter un mémoire, La Protection Internationale, avait recueilli tous les documents diplomatiques de 1581 à 1864; il put trouver deux cent quatre-vingtonze traités conclus entre les différents Etats de l'Europe et, en partie, de l'Amérique (2).
Outre ces traités, bien des cartels, bien des capitulations renferment des dispositions concernant les soldats malades et blessés et les hôpitaux. On peut citer notamment la Convention de Bonn, 12N0Ct0bre 1089 ercartelrde-Grolkau. 9 juil= lettirir MerCarteldePutow;trscoctobre. 1750 l'acte de la capitulation d’Ancône, 13 novembre 1799 (3).
Il eût été à désirer que tous ces documents fussent entre les mains des rédacteurs de la Convention; la tâche leur eût été plus facile et ils eussent peut-être fait un pas de plus dans la voie humanitaire qu'ils avæent à cœur de tracer.
Si on s’est préoccupé de tout temps de la ques-
(1) Gustave Moynier, Æfude sur la Convention de Genève, p. 45, Lueder, loc. cit., p.12.
(2) Lueder, loc. cit., pp. 13 et 15.
(3) Répertoire Fuzier-Hermann. Voir Blessés militaires, n° 7: