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serons réconfortés par la façon dont les Sociétés de secours aux blessés ont prodigué leurs efforts et ont montré de dévouement durant les dernières guerres de cette époque. Ce que l’on ne saurait assez louer, c’est cette solidarité internationale, cette solidarité humaine qui amène les Sociétés de chaque pays, par l'intermédiaire du Comité central de Genève, à offrir leurs services et leurs secours aux divers belligérants.
C’est: ainsi pour mé parler que dés confhies récents que lors du conflit italo-abyssin de 1896 une délégation de la Croix-Rouge, dirigée par le capitaine Léontieff, se mit au service du Négus. Pour se rendre sur le champ des hostilités, elle fut obligée de faire un long détour par le Harrar, au prix de mille difficultés ; le cabinet italien, craignant de voir resserrer les liens de l'Abyssinie et de la Russie, s’était opposé à son passage demandé par Massouah vers l’Erythrée. Ce fut une faute, car si le service de la Croix-Rouge russe avait pu fonctionner dans le camp du Négus, les prisonniers italiens d’Adoua, malades ou blessés, auraient trouvé les soins indispensables à des Européens et que les Abyssins, si généreux qu’on veuille les supposer, ne pouvaient pas leur donner, puisqu'ils ne les connaissaient pas pour euxmêmes.
Du reste, après la paix conclue, la mission russe a grandement contribué à faciliter le rapatriement des prisonniers malades ou blessés (1).
(1) "R DIT PUUIN, pp: 48 et'eu1ye
C’est surtout pendant la guerre gréco-turque, que les Sociétés de la Croix-Rouge des divers pays ont accompli généreusement ce devoir moral d'offrir leurs services aux sociétés nationales des belligérants.
Aussitôt l'ouverture des hostilités, le Comité international de Genève s’est mis à la disposition des Comités de Constantinople et d'Athènes pour faire connaître, s’ils le désirent, leurs besoins aux comités centraux des autres pays et provoquer leur concours.
Le Comité d'Athènes fit savoir que la Grèce avait besoin d’un matériel sanitaire. Au début de la guerre, le service des ambulances laissait à désirer. Aussi la générosité des différents pays ne se fit pas attendre. La Grèce reçut des secours de l’Angleterre et plusieurs dames anglaises de la meilleure société partirent comme infirmières. Le Comité de Berlin fournit une ambulance se composant de deux médecins, deux infirmiers, cinq sœurs avec du matériel pour cent blessés. Cette ambulance fonctionna à Haghia-Marina, près de Stylis. Le Comité de Copenhague, sur l'invitation du roi Georges, envoya un médecin et dix infirmières avec dpumatériel/.et de plus dés/secours en argent recueillis par souscription speciale. De France on fit parvenir seulement du matériel; l'Union des Femmes de France avait bien voulu envoyer une ambulance française, mais le gouvernement Hellénique crut devoir la refuser. De Hongrie, d’Italie, du Portugal, on expédia des
secours en argent et en nature. La Russie envoya un chirurgien en chef, deux médecins, vingt sœurs avec du matériel pour un hôpital de cinquante lits. La Suisse devait aussi envoyer une ambulance, mais dans l'impossibilité d’en faire de même pour la Turquie, elle expédia simplement des secours en argent et en matériel (1).
La Société du Croissant-Rouge, qui n’était pas encore réorganisée au début des hostilités, ne répondit pas a l'invitation du Comité international. Malgré cela, de la plupart des pays d'Europe, on a envoyé à Constantinople des détachements sanitaires, du matériel, des garde-malades, des chirurgiens et de l’argent.
Le Comité central des Sociétés allemandes s’adressa directement au Sultan qui confia à la Croix-Rouge allemande l’hôpital de Yildiz (2). La Croix-Rouge anglaise ouvrit un crédit de mille hvres anglaises pour les blessés turcs. Deux médecins autrichiens furent chargés du service d’une section de l’hôpital Gummuch-Sou de Constantinople et le Comité de Budapesth envoyaune quantité de matériel égale à celle envoyée en Grèce. La Croix-Rouge française donna cinq mille francs, fournit des sœurs; plusieurs médecins avec des internes des hôpitaux de Paris allèrent également
(1) Journal des Débats, n° du 30 avril, 7 eto mai 1897. (2) Bulletin international des Sociétés de la Croix-Rouge, juillet 1897, pp. 165 à 167, 172 ets.
en Turquie (1). Le sultan reçut encore des secours abondants de Russie et de Suède.
Cette aide des neutres en faveur des belligérants est très légitime lorsqu'il s’agit du secours des blessés en campagne. Il faut pourtant qu’elle s'exerce avec imparttialité à l’égard des deux adversaires. À cette condition, les Sociétés de la Croix Rouge rendent les plus grands services et ce doit ;être l'honneur des peuples civilisés quendérles “encourager, par tous: 1es moyens possibles.
(1) Journal des Débats, n° des 14 et 25 mai 1897.