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devoir, sans chercher la satisfaction d’un désir de vengeance et de pillage. Aussi, les témoignages abondent-ils pour prouver leurdélicatesse à l'égard des prisonniers et des blessés.
Par. exemple, «le 13 décembre 1899, le War- Office publiait une dépêche de lord Methuen, datée de Modder-River, qui se terminait par ces mots : « Ils (les Boërs) ont été érès bons pour nos blessés. » Le 17 novembre, lord Methuen avait écrit au général Kronjeipour lérémercier de sa bienveillance pour les ambulances. Les égards des Boërs pour les blessés étaient confirmés le 7 mars 1900, par le correspondant du Daïly-News, qui avait été pris par eux et venait d’être délivré à Blæœmfonteim (1).
Onne saurait en dire autant du côté des Anglais. Mais pour être impartial, 1l faut distinguer entre les mesures qui ont été prises sur l'initiative de chefs subalternes ou de corps de troupes isolés.
Sous le premier point de vue, on peut reprocher au gouvernement anglais la façon déplorable dont les services d’intendance ou de santé ont été organisés dès le début de la campagne. Ils croyaient ne faire qu’une promenade militaire ; de là ce manque complet d'installation et de secours médi- Caux, même-pour les malades et les-blessés' de l’armée expéditionnaire. C’est sans doute a ce défaut d'organisation qu'il faut attribuer les mau-
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vais traitements infligés aux blessés ennemis. Entre autres on peut citer le témoignage du correspondant du Journal des Débats à la Haye : «Ce qui excite ici surtout le public,c’est letraitementinfligé aux prisonniers républicains. » Le Cape-Times raconte — et ce récit est confirmé par des témoins oculaires dans Ous-Land — «que dix-neuf Boërs, faits prisonniers, ont été transportés au Cap dans un wagon à charbon entièrement découvert. Ces hommes, la plupart blessés grièvement, ont dû voyager deux jours et deux nuits : Le jour exposés aux rayons ardents du soleil, la nuit aux morsures du froid sans rien avoir pour se couvrir que leurs vêtements. Et encore la plupart, pour appuyer leur tête fatiguée, avaient-ils Ôté leur paletot. Et dans le même train les blessés anglais étaient transportés dans des wagons-salons ! C'était bien la peine qu’au commencement de la campagne le général en chef anglais rappelât aux Boërs l'observation des lois de la guerre en usage chezles nations civilisées. Cette manière d’agir produit une véritable indignation >» (1).
Quant à méconnaître l’inviolabilité des ambulances et du personnel sanitaire couverts par la croix rouge, c’est le reproche que nous avons vu les belligérants s'adresser le plus fréquemment. Ces reproches n’ont pas manqué de se produire de part et d’autre ; nous ne croyons pas cependant
(1) Voir le Journal des Débats, n° du 2 janvier 1900.
que l’on puisse citer un seul cas prouvé où le tir ait été dirigé intentionnellement sur les lieux ou les personnes que la Convention de Genève déclare inviolables, du moins par l’ordre de chefs supérieurs, mais il est permis de croire que des précautions suffisantes pour les épargner n’ont pas été toujours prises ; on a toujours fourni des excuses fondées sur l’erreur (1).
Si nous arrivons aux actes reprochés aux troupes britanniques en dehors de tout commandement de leurs chefs supérieurs, ils sont des plus graves. On ne peut les comprendre de la part d’un peuple civilisé que par la condition où se trouvent les armées anglaises. Quelle humanité attendre des auxiliaires hindous, malgré leurs cadres européens, ou encore des soldats anglais, militaires par mé-
tier, recrutés dans la lie de la population et à qui
on a représenté les Boërs comme des sauvages qu’il faut exterminer ?
Il n’en est pas moins vrai qu’on doit porter sur
leur conduite un jugement sévère.
Voici d’abord la protestation officielle du général Joubert adressée aux consuls étrangers à Prétoria le 18 octobre 1899: « Ils (les Anglais) ont essayé d’assassiner un des docteurs portant visiblement une croix rouge et en voulant lui planter
(1) R: D: I. P., t-VIl, p. 385:
CU une lance dans le corps, ils ont tué son cheval » (1).
A ce document officiel on peut ajouter une correspondance privée datée de Johannesburg Île. 15 décembre 1899, reproduite dans le Pefit-Bleu de Bruxelles du 24 janvier 1900 : « Après la bataille : de Modder-River, le 20 novembre, ils ont fait prisonniers sur le champ de bataille, pendant qu'ils donnaient leurs premiers soins aux blessés, sept docteurs et le personnel de l’ambulance... Après les avoir insultés, les Anglais les ont amenés à Cape-Town. Ils sont depuis retournés au Cap et ont fait parvenir leur protestation au gouvernement et à la presse... Les Boërs se sont vengés comme des soldats et comme des chrétiens: Après la bataille du 11, leurs ambulances ayant peu de blessés boërs à panser, ont ramassé les blessés anglais sur le champ de bataille et les ont soignés , comme leurs propres soldats ».
On peut joindre les attestations suivantes, reproduites par les journaux de Londres et de Bruxelles : « Bruxelles, 21 mars. — Des lettres privées de Prétoria apportent de nombreuses accusations d’inhumanité contre les Anglais. À la bataille de Vaal-Krantz, le 7 février, qui dura trois jours et où le général Buller obtint le premier jour l’avantage, les Boers, après avoir reconquis la position, trouvèrent leurs blessés étendus sur
(Gi) R. D. 1. P, t. NII, p. 688.
le sol dans les positions où ils étaient tombés quarante-huit heures auparavant ; les Anglais ne leur avaient donné n1 aide, ni nourriture, ni même une goutte d’eau... »
« Londres, 21 mars. — On télégraphie du camp boër de Glencoë, 17 mars : Une forte patrouille, sous les ordres du commandant Ousthuissen, est allée hier au soir de Krugersdorf dans la direction de Ladysmith et a pris contact avec les avantpostes anglais. Le général Buller a envoyé un parlementaire pour annoncer que l’ambulance allemande qui avait été laissée en arrière à Dendorp, allait être renvoyée dans les lignes boërs. Quatre des blessés qui se trouvaient dans l’ambulance ont été retenus comme prisonniers par les Anglais. Deux de ces blessés, un commandant et un feld-cornet ont pu s'échapper. Les Anglais ont emprisonné le docteur Albrecht, de l’ambulance allemande de Ladysmith, en raison de l’évasion des deux prisonniers boërs. Des représentations seront adressées au gouvernement anglais, par le gouvernement allemand, pour obtenir la mise en liberté du docteur Albrecht (1)>.
De tels actes déshonorent un peuple civilisé et la meilleure sanction peut-être est de les faire connaître, pour qu'ils soient justement flétris par l’opinion publique.
Par Contre et-pour terminerce chapitre, nous