‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 18 sur 38 · IV. — FIBRES ET VAISSEAUX · texte numérisé non relu

IV. — FIBRES ET VAISSEAUX

La nutrition d’un être vivant, qu’il appartienne à l’un ou à l’autre règne organique, se résumant dans l’ensemble des échanges qui s’accomplissent entre ses éléments histologiques et le milieu intérieur dans lequel ils vivent, on comprend que, chez la plante, les éléments anatomiques, de forme vasculaire ou fibreuse, pourront, comme les cellules vraies, et dans certaines conditions, renfermer des substances diverses; mais l’état de la science est loin d’être encore fixé sur les différents points de cette question dont on comprend toute l’importance au point de vue physiologique. Pour l’histoire spéciale de la localisation des principes médi-

(1) Voy. Trécul. Loc. cit.

(2) G. Planchon. Loc. cit., t. II, p. 447.

eameuteux, l’étude des vaisseaux et des fibres, est, au contraire, très-secondaire ; ces éléments n’étant que bien rarement le siège de semblables produits, encore même ceux-ci semblent-ils alors imprégner la masse totale de la plante, ce qui explique leur présence dans ces formes histologiques. Tel est le cas des bois .de Gayac et de Santal (1).

Bois de gayac. — L’examen microscopique y mon tre de nombreuses cellules fibreuses étendues dans le sens de l’axe, à parois épaisses, et terminées en biseau. Entre ces fibres sont de gros vaisseaux ponctués et renfermant généralement de la matière résineuse ; celleci se retrouve également dans le parenchyme ligneux et dans les cellules des rayons médullaires (2).

Ce bois est donc très-riche en résine qui existe, comme on le voit, dans des éléments de forme et (le structure très-différentes ; elle constitue le principe médicamenteux usité sous le nom de « résine de Gayac. »

Bois de santal. — L’étude histologique des divers produits groupés sous ce nom ( Santal citrin de Malabar , Santal de Zanzibar , Santal blanc , etc.) y montre i’oléorésine répartie non-seulement dans les cellules du parenchyme ligneux, de la moelle, des rayons médullaires,

(1) D’après Berg, le Copahu existerait non-seulement dans les « vaisseaux nalsamifères » de l’écorce, mais aussi dans les vaisseaux ponctués et rayés du bois ; cette localisation du Copahu demande d’ailleurs de nouvelles recherches ainsi que celle des baumes de Tolu et du Pérou qui, d’après Vogl, se rencontreraient dans les vaisseaux du bois, Je rappelle que M. Prillieux a signalé la production de matières gommeuses dans ces éléments vasculaires. (Prillieux, lue. cit., p. 184.)

(2) G. Planchon. Loc. cit., t . II, p. 82-187.

mais encore dans les vaisseaux (1). On ne saurait nier sa présence dans ces derniers éléments, mais il convient de remarquer que, dans le Santal comme dans le Gayac, la matière active ne s’observe dans les vaisseaux que lorsqu’elle se rencontre dans l’ensemble des éléments anatomiques voisins. L’examen d’un rameau frais conduit à la même conclusion : « l’oléorésine s’y voit sous forme de gouttetettes rougeâtres dans l’intérieur même des vaisseaux, parmi les fibres ligneuses, ou renfermées dans des utricules uniques. » (2).

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