‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 32 sur 38 · C. Graines contenant des matières grasses · texte numérisé non relu

C. Graines contenant des matières grasses

Graines de Pavot . — La graine de Pavot noir fournit à l’industrie l’Huile d’Œillette et l’huile de graine de Pavot blanc est indiquée comme médicinale par un certain nombre de Pharmacopées étrangères; cette

(1) Pour certains auteurs, le Poivre blanc devrait être décrit comme une graine, la plus grande partie du péricarpe en ayant été séparée. J’ai cru cependant devoir le mentionner parmi les fruits, en raison de la mince couche péricarpique dont il est toujours recouvert, en raison aussi de l’intérêt qu’il y a à ‘ne pas le séparer du Poivre noir dont il n’est qu’une forme particulière.

huile se trouve dans les cellules de l’albumen comme dans celles de l’embryon, mais celles-ci sont plus petites. Quant à l’enveloppe séminale, elle est formée de cellules vides.

Graines de Cacao ( Theobroma Cacao). — Leur matière grasse (beurre) est contenue dans les cellules du parenchyme cotylédonnaire, où se trouve aussi une fécule à forme spéciale.

Pistaches [ Pistacia vera ), — Les graines du Pistachier donnent une huile grasse qui se voit dans les cellules du parenchyme cotylédonnaire où elle est mélangée avec une matière verte et granuleuse.

Graines de Ben [Morin ga apiera ). — L’huile y est localisée encore dans le tissu des cotylédons dont les cellules polyédriques renferment une grande quantité de gouttelettes oléeuses.

Graines d Euphorbiacées . — Ayant eu déjà l’occasion de citer ces graines, je me borne à rappeler que toutes les semences médicinales tirées de cette famille (Graines d’Epurge, de Ricin, de Curcas, de Croton) doivent leurs propriétés à une huile purgative ou drastique contenue dans les cellules polyédriques de l'amande, où elle coexiste avec de nombreux granules d’aleurone.

Graines contenant des alcaloïdes, glucosides, etc.

Graines de Cacao . — Mentionnées plus haut en raison de la matière grasse qu’elles fournissent, ces semences doivent être de nouveau citées ici pour l’alcaloïde [Théobromine ) qu’elles contiennent etdont nous pouvons assez bien préciser le siège. En effet, d’après Alfred Mitscher-

lich (1), celle-ci semble résider dans les cellules à parois minces qui forment l’enveloppe interne de la graine, cellules qui renfermeraient la substance à l’état cristallisé.

Cédron . Les cotylédons du Simaba cedron renferment une matière cristallisable qui semble répartie dans l’ensemble de leurs tissus.

Fève de Calabar. — D’après les recherches de M. Vée(2) c’est dans l’amande que se trouve surtout le principe actif ou E sérine.

Café. — La caféine y réside vraisemblablement surtout dans l’amande, puisqu’elle manifeste tous ses effets avec la graine décortiquée. Dans les cellules de l’albumen se voient des gouttelettes d’huile et d’abondantes granulations que l’iode colore en jaune.

Noix vomique et Fève de Saint-Ignace . — C’est principalement dans l’amande que se trouvent les alcaloïdes et très-vraisemblablement en est-il de même pour les Graines de Stramoine , de Jusquiame et des autres Solanées;des analyses multipliées permettraient seules de fixer nos connaissances à cet ég*ard.

Graines de Colchique. — L’examen microscopique y montre les cellules des tég*uments contenant seulement des grains d’amidon, tandis que dans les cellules de l’albumen, avec cette matière, se trouvent de nombreux

(1) A. Mitscherlich. Der Cacao unddie Chocolade , Berlin, 1859.

(2) Vée. Recherches chimiques et physiologiques sur la fève du Calabar ( Thèses de la Faculté de médecine. 1865\ — Voy. aussi Tison. Histoire de la fève du Calabar (id. 1873'.

granules azotés. Ces derniers répondent-ils au principe actif? C’est ce qu’il n’est pas possible d’affirmer actuellement.

Herbes.

La thérapeutique emploie un certain nombre de substances composées, sinon de plantes complètement entières, au moins de plantes comprenant la plupart des organes de végétation et de reproduction ; leur étude détaillée m’entraînerait à augmenter considérablement l’étendue dé cette deuxième partie et m’obligerait à retracer fréquemment des caractères déjà signalés ; je me borne donc à indiquer selon l’ordre déjà suivi-, quelles sont les principales de ces herbes mélicinales :

Herbes contenant des substances mucilagineu- SES OU GOMMEUSES. — Indépendamment de la Violette dont la fleur seule peut-être employée comme mucilagineuse, il convient de mentionner les Borraginées et particulièrement la Bourrache.

Herbes contenant des matières oléorésineuses

OU RÉSINEUSES, DES GOMMES RESINES, DES HUILES ESSEN- TIELLES, ETC. — Dans cette longue série, il faut particulièrement citer le Millepertuis [Hypericum perforatum) les Ombellifères (Anthriscus C ere folium ; le Santoline (Santolina CliamœcyiMrissus ) , la Matricaire, ( Matricaria Po/rthenium ), la Menthe Coq ( Balsamita suaveolens) les Armoises et Absinthes (Artemisia vulgaris,A.maritima , A. camjpestris , A. glacialis , A. Absinthium, etc.) la Verge Dor ée{Solidago Virgo-aureci) les Labiées (Mentlia,

Ocinmm , S aima , Rosmarinus , Origanum , Thymus , Hyssopus, tSatureia , Melissa , Marrubium , Glechoma, l'eucrium, etc), la Verveine ( Verbenaofficinalis), le Thé du Mexique ( Chenopodium ambrosioïdes) le Chanvre Indien ( Cannabis sativa ), la Sabine {,Juniperus Sabina) les divers Capillaires, etc.

Herbes contenant du latex. — La Chélidoine [Chelidonium majus ) est l’espèce la plus importante de cette division, .

Herbes contenant du tannin. — Les Rosacées Dryadées (. Agrimonia , Eupatoria , Potentilla Anserina ,

etc), méritent surtout d’être mentionnées ici auprès des Pervenches, etc.

Herbes contenant des sels, acides, alcaloïdes, GLUCOSIDES. etc. — Parmi les plus employées, je citerai la Clématite ( Clematis erecta) l’Anémone [Anemone Pulsatilla , etc), les Aconits (div. Aconitum ) la Fumeterre (Fumaria officùialis) , le Polygala (div. Polyqala) le Mélilot ( Melüotus officinales), le Caille-lait ( Galium verum, etc), la Lobélie (Lobelia inflata), la Petite Centaurée (Erytlirœa Centaurium ), les Mercuriales (div. Mcrcurialis), la Pariétaire ( Parietaria officinalis), la Saponaire [F aponaria officinales) . etc.

Thallophytes.

Parmi les quelques Thallophytes qui sont employés par la thérapeutique moderne, la plupart contiennent desprincipes mucilag*inenx, un petit nombre renfermant des matières sucrées, cristallisables, etc.

Thallophytes contenant des substances mucilagineuses.

Caragaen ou Mousse perlée . — Sous ce nom on désigne presque constamment le S'phærococcus çrispvs et ses nombreuses variétés. L’examen microscopique de la fronde la montre formée par une zone corticale l’enveloppant complètement et composée de cellules plus ou moins quadrangulaires et à parois épaisses. Ces éléments ne paraissent prendre aucune part à la production du mucilage qui est limité aux cellules de la zone médullaire, cellules d’autant plus larges qu’elles sont plus intérieures, et de forme presque ronde (1).

Diverses autres Algues donnent une gelée analogue à celle qu’on obtient avec la mousse perlée, telles sont la « mousse de Jafna » (Gracilaria Uclienoïdes) la« mousse de Corse ( Ceramium , Sphœrococcus , etc.).

On emploie également dans le même but divers Lichens dont les plus importants sont le « Lichen d’Islande » (Cetrariav slandica) et le « Lichen pulmonaire, [Stieta, pulmonario). La coupe du premier de ces types montre qu’il est essentiellement formé par une zone externe composée de cellules polyédriques et à parois épaisses recouvrant une couche de cellules allongées et constituant une sorte de feutre qui entoure la zone interne ou gonidienne; c’est dans la couche moyenne, dans la couche feutrée, que réside la Lichénine , principal élément de la gelée de Lichen (I). - -La structure du Lichen pulmonaire est fort analogue à ta précédente.

(4) G. Planchon. Loc. cit., t. I, p. 26-27, fig. 15.

Thallophytes contenant des substances sucrées.

On a parfois employé diverses Laminaires et surtout le Laminaria saccliarina , en raison des efflorescences sucrées qui se montrent à leur surface et qui, après avoir été rapportées à plusieurs types chimiques, semblent être considérées aujourd’hui comme de la pliycite.

Mais c’est surtout dans la thérapeutique chirurgicale et à titre d’agents dilatateurs^ que ces Algues ( L . digitata , etc.) sont usitées. L’étude histologique permet de se rendre compte de cette propriété : si l’on fait une coupe du pédicule, partie presque exclusivement employée, on voit que son tissu est limité en dehors par une série de cellules à petite ouverture et étroitement serrées les unes contre les autres ; en dedans de cette couche tégumentaire se trouvent deux zones successives de grandes et de petites cellules formant un parenchyme lâche et rameux. Or, il suffit de mettre une goutte d’eau en contact avec la préparation, pour voir ces derniers éléments se gonfler rapidement et augmenter le diamètre total dans des dimensions considérables.

Thallophytes contenant des matières minérales, cristallisables, etc.

Je rappellerai tout d’abord combien est générale la présence de l’iode dans les Algues, dont on retire industriellement ce corps qui détermine l’emploi thérapeutique de divers Fucus , etc. Je dois mentionner également la quantité considérable de carbonate de chaux contenue dans la Goralline ( Corallina officinalis) préconisée

comme anthelmenthique. Mais le plus important des Thallophytes employés en raison de leurs principes actifs est sans contredit « l'Ergot de seigle », sclérote du Claviceps- purjpurea, ^et dontWenzell a retiré deux alcaloïdes non cristallisés, Yergoline et Yecbolline . L’examen histologique de son tissu montre d’assez nombreuses gouttelettes d’huile dans les cellules parenchymateuses qui le forment; peut-être cette substance n’est-elle pas sans quelquç relation avec les matières actives de 1 Ergot, principes sur lesquels on discute depuis si longtemps, et que le chimiste, que je citais plus haut, décrit comme des « vernis brunâtres. »

En dépit de nombreuses recherches qui se sont multipliées sur ce sujet, nous ne possédons que des notions encore plus imparfaites sur le principe actif des champignons vénéneux et l’étude de leur localisation histologique est aussi peu avancée que celle de leur composition chimique.

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