II. Graines
A. Graines contenant des matières mucilagineuses ou gommeuses.
Les graines de Lin, de Coing* et de Psyllium sont usitées en raison de la matière mucilagineuse qu’elles contiennent et dont la formation a été étudiée dans le premier chapitre. Ce mucilag*e est localisé dans les enveloppes chez le Lin et le Coing*, dans les enveloppes et une partie de l’amande chez le Psyllium.
B. Graines contenant des substances oléo-résineuses, résineuses, etc.
Graines de Nigelle ( Nigella saliva ). — L’huile essentielle de Nig*elle semble localisée dans les enveloppes dont les cellules renferment un liquide brunâtre souvent disposé en gouttelettes réfringentes, tandis que l’amande ne contient guère que de la matière grasse.
Graines de Staphisaigre ( Delphinium Staphisagria). — Elles présentent sensiblement la même structure que les précédentes et leur principe actif paraît avoir le même siège que celui de la Nig*elle,
Graines d’ Ambre t te ( Abelmoschus moschatus). — Leur odeur musquée, leur saveur aromatique doivent évidemment être rapportées à l’huile .essentielle qu’on observe dans les cellules tégumentaires où elle se montre avec une belle couleur jaunâtre.
Graines de Fenugrec ( Trigonella Fœnum-Grœcum). — Leur huile essentielle se trouve aussi dans les cellules des téguments.
Fève Tonka ( Coumarouna odorata). — Divers auteurs signalent des cristaux de Coumarine entre les deux cotylédons ou, parfois, entre l’enveloppe et l’amande.
Muscades. — On désigne sous ce nom les semences du Myristica fragrans , tantôt complètement isolées, tantôt enveloppées de leur large arillode ou Macis qui souvent . aussi est employé seul. L’huile essentielle qui donne aux Muscades et au Macis leur odeur forte et aromatique, siège, chez les premières, dans la partie interne du tégument, et, chez Le second, dans certaines cellules du parenchyme compris entre les deux faces à cellules, épaissies.
Fève Pichurin. — Ce nom sert à désigner les cotylédons isolés de diverses Laurinées appartenant surtout au genre Nectandra ; on voit, dans plusieurs cellules de leur parenchyme, des gouttelettes d’huile essentielle, et l’on rapporte également à la substance active les cristaux qui se montrent souvent à la surface du « gros Pichurin. »
Pignons doux . — Les graines du Pinus Pinea paraissent contenir leur matière résineuse dans certaines cellules spéciales de l’amande.
Maniguette . ( Amomum grand Paradisï). — La résine, à laquelle cette graine doit son goût spécial, se trouve dans les cellules de la couche interne des téguments séminaux.
Les Graines de Moutarde noire , les Amandes , ne sauraient être rapprochées qu’avec réserve des graines précédentes; en effet, dans les premières, l’huile essen-
tielle ne préexiste pas et ne se forme que par l’action de la myrosine sur le myronate de potasse. On sait par quelle réaction l’amygdaline et l’émulsine donnent naissance à l'huile essentielle et à l’acide cyanhydrique. D’après Berg*, ces principes seraient faciles à reconnaître dans le tissu même de l’amande.
En effet, si l’on examine les cellules cotylédonnaires des Amandes douces , on y voit mêlées à des gouttelettes d’huile, de nombreux et très-fins granules de nature azotée que l’éther ou la benzine permettent d’observer aisément et qui, d’après Berg, représenteraient Y Emulsine. On les retrouve dans les 'Amandes amères , mais ils y coex;stent avec des granules plus volumineux, que le même auteur rapporte à T Amygdaline et défait, si l’on porte une goutte d’eau au contact de la préparation, celle-ci se trouble et les granules disparaissent. On peut donc assez justement admettre ici la formation des corps qui prennent naissance quand on broie l’amande en présence de l’eau (aeidecyanhydrique, huile essentielle, glucose) (IL