‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 35 sur 38 · MONOCOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

MONOCOTYLÉDONES

Orchidées. — Les tubercules de divers Orchis [O. morio, mascula , militarisa latifolia etc.), donnent le Salep employé pour l’abondant mucilage dont j’ai indiqué le mode de formation dans les cellules du tissu fondamental. Les fruits de la Vanille [Vanilla planifolia) sont recherchés pour leur principe aromatique [Vanilliné) localisé dans les cellules des assises internes. Les feuilles du Faham [Angrœcum fragrans) dont on a singulièrement exagéré la valeur thérapeutique ont également un arôme qui se retrouve, encore plus suave, dans les fleurs des Orchisniger1 suaveolens , odoratissima , etc., tandis qu’une odeur de punaise s’exhale des fleurs de l’ Orcliis coriophora .

AmomâCÉES. — Elles donnent les fruits de Cardamome

[Cardamomum longum , rotundum , Malabaricum , etc.),

dont le péricarpe ne semble pas renfermer d’huile essentielle, laquelle se trouve surtout dans les cellules tég*umentaires de la graine. C’est dans ces mêmes cellules que se rencontre le principe actif de la Maniguette [Amomum Grana Paradisi). Les rhizomes employés sous le nom de Galanga [Alyinia officinarum et Galanga major ), Gingembre ( Z ingiber officinale ), Curcurma [Curcuma domestica ), Zedoaire (C. Zedoaria ) renferment une oléo-résine surtout abondante dans les éléments parenchymateux de l’écorce. Le fécule d’Arow-Root est extraite principalement du Maranta arundinacea.

Iridées. — Les rhizomes d’iris [Iris florentina , L pallida , etc.) sont recherchés pour l’odeur de violette qu’ils exhalent, et qui paraît répandue dans toute leur masse. Dans le Safran [Crocus sativus ), on se sert les stigmates dans les cellules desquels le microscope décèle la présence de nombreuses gouttelettes d’huile essentielle.

L. de Jussieu avait proposé, comme succédanéducafé, les graines à albumen corné, de l’Iris des marais.

LiliacéESET ASPARAGJNÉES. — On emploie les rhizomes et racines du Petit Houx [Ruscus aculealus ), d’ Asperge [Asparagus offtcinalis ), de Squine [Srnilax China), dans lesquels il est difficile de préciser le siège des substances actives; cependant les cellules du parenchyme cortical de ce dernier renferment çà et là des gouttelettes d’une matière résinoïde et rougeâtre, dont la nature ne semble pas encore avoir été déterminée complètement. La localisation histologâque de la substance active n’est guère mieux connue dans les importantes racines de Salsepareille [Smilax medica, etc.) (1).

(1) Voy. Deuxième partie, Racines , p. 93,

Quant aux aloès que fournissent plusieurs espèces du genre Aloe , j’ai indiqué précédemment, d’après les recherches de M. Bâillon, dans quels éléments se rencontrent ces produits. Le bulbe de Scille ( Scüla mari tima)) est employé comme diurétique, et aussi comme rubéfiant, en raison de la matière propre qui se trouve contenue dans certaines cellules de son parenchyme,

COLGHIGAGÉES. — Ces plantes sont généralement trèsâcres et cette propriété se retrouve généralement, bien qu’à des degrés divers, dans leurs différentes parties. Ainsi, le Colchicum autumnale fournit ses fleurs, ses graines et surtout ses tubercules. La Colchicine semble plus abondante et plus constante dans les graines que dans les autres parties. Des Veratrum (V. Album et viride) dont la racine (rhizome et radicules latérales) a I pris une place importante dans la thérapeutique mo~

! derne, on a extrait un alcaloïde (Vératrine), qui ne semble pas en être le seul principe actif, puisque, d’après M. Oulmont, la racine épuisée de Yératrine se j comporte à peu près comme si elle était intacte.

Dans la Cévadille (Veratrum officinale) la substance active réside dans la graine ; le péricarpe n’en renferme pas.

Palmiers. — Les Palmiers sont, en général, des végétaux plus importants pour l’économie domestique ou industrielle que pour la matière médicale. A ce dernier point de vue,, il faut^cependant citer le Dattier (Pliœnix Bactylifera ), qui nousdonne ses fruits; ceux del 'Areca : Catechu sont employés sous le nom de «Noix d’Arec»,et leur matière colorante semble résider dans le tégument sémirtal interne. De ces mêmes organes, on extrait un

Gachou assez rare en Europe. On connaît les usages multiples du Cocotier (Coccos nucifera). De la semence de r Elaeis guineensis on extrait une Huile de Palme assez analogue à l’huile de coco. Quant aux cires de Geroxylon et de Garnauba, fournies par le Ceroxylon andicola et le Copernicea cerifera , elles doivent être rangées au nombre des exsudations dont M. de Bary a expliqué la formation et la localisation. Parmi les autres , produits des Palmiers, je citerai le Sang-Dragon donné par le Calamus Draco, et peut-être par quelques autres espèces du même genre ; l’origine de cette matière doit être cherchée dans une exsudation résineuse qui se vbit à la surface du péricarpe, et que l’on retrouve dans l’intérieur du fruit.

Graminées. — Dans cette famille, aussi importante que la précédente, je mentionnerai : le Cynodon Dacty - i Ion et le Trilicurnrepens , qui nous donnent les rhizomes de Chiendent; 1 ' Arundo Donax , dont on emploie la même partie sous le nom de Canne de Provence, le Vé- i tiver ( Andropogon muricatus), où le principe aromatique est localisé dans le parenchyme cortical ; la Canne | à sucre, dont la partie supérieure est fort peu riche en substance sucrée, tandis que celle-ci paraît résider sur- j tout dans les portions moyenne et inférieure du chaume; J le Sorgho {Sorgliumsaccliaratum), dont le sucre est mal- ; heureusement d’une extraction assez difficile; enfin, les nombreuses céréales qui nous fournissent les diverses fécules, localisées dans les cellules de leur albumen (Blé, Orge, Biz, Maïs, Avoine, etc.), et renferment également une matière azotée, le gluten, qui leur permet d’entrer utilement, et pour une part considérable, dans l’alimentation.

CYPÉRACÉES. — » L’ancienne thérapeutique leur demandait les rhizomes connus sous les noms de Souehet long* ( Cy férus longue) et de Souchet rond (C. ro tondus ). Quant au Carex arenaria ou Salsepareille d’Allemagne, l’anatomie de son rhizome permet de supposer que le principe âcre est localisé sous forme d’oléo-résine dans les cellules de la rég*ion interne.

Aroïdées. — On désigne , par le nom d’Acore vrai, le rhizome odorant du Calamus aromaticus , dont le tissu fondamental renferme de nombreuses cellules à oléo-résine, principalement dans la portion externe. Les tubercules ou rhizomes tubériformes de l 'Arum macu latum étaient autrefois assez usités en raison de leur àcreté. Cette propriété se retrouve à un haut degré dans les Aroïdées toxiques ( DieffenbacMa, Dracontium , etc.), | et l’on sait d’ailleurs que l’Arum maculatum a parfois j déterminé des accidents très-graves. La substance active | de ces plantes paraît assez voisine de celle des Aconits (1).

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