‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 5 sur 38 · GOMME ADRA GANTE · texte numérisé non relu

GOMME ADRA GANTE

J’ai indiqué à quelles notions on avait jadis recours pour expliquer la formation de cette substance et j’ai

(1) Unger. Anat. und Phys., 1855, p. 119.

(2) H. Mohl. Untersuchungen üher die Entstehungswüse der Traganthgummi. (Bot. Zeit ., 1857, p, 36-55).

Karsten. Ueher Entstehung des Wachses , Gummi und Schleies. (Bot. Zeit., 1857.)

Wigand, in Pringsheim's Jahrb., 1863, III, p. 55 et 115.

Franck, id., 1866-67, v, p. 184.

Sorauer, Landwirthsch. Versuch ., 1872, XV, p. 454.

(3) Trécul. Comptes-rendus, 1860, t. LI, p. 55 et 621. L'Institut, 1862, p. 241. Comptes-rendus , 1875, t. p. , etc.

Prillieux. Etude sur la formation de la gomme dans les arbres fruitiers. (Ann. sç. nat., 6® série, t. I, p. 176, 1875.)

rappelé le nom de Kützing, qui le rapporta à sa véritable origine, mais diminua la valeur de sa découverte en l’associant à une bizarre idée de parasitisme, d’après laquelle la gomme adragante eut été produite par le développement d’un champignon vivant dans l’intérieur des arbustes qui nous le fournissent, c’est-à-dire des Astragalns verus , creticus , Parnassii , etc. (1). Les recherches d’Hugo Mohl , citées plus haut, montrèrent qu’il s’agissait là d’une simple transformation des parois cellulaires.

On sait que la cellule est limitée par une membrane douée de propriétés spéciales et formée par différenciation d’une partie du protoplasma ; celui-ci continuant à sécréter de la substance pariétale, la membranç s’accroîtra plus ou moins rapidement et pourra meme atteindre à une épaisseur assez considérable ; des stries s’y montreront parfois, et, phénomène bien plus important, des modifications chimiques pourront s’opérer dans la membrane , modifications grâce auxquelles la paroi se cuticularisera, se lignifiera, ou enfin se gélifiera. C’est à cette dernière tranformation qu’il faut rapporter la production de l’adragante, laquelle n’est que le résultat de l’altération qui a amené la paroi cellulaire à un état plus ou moins gélatineux, ce que l’anatomie des Astragales cités plus haut permet de vérifier aisément.

Sur la coupe transversale on conslate, en effet, que les cellules de la moelle et des rayons médullaires, d’abord limitées par des parois assez minces, ne tardent pas à épaissir très-notablement celles-ci, puis les di-

(1) G. Planchon. Traité pratique de la détermination des drogues simvies d'origine végétale , t. II, p 139.

versos zones ainsi constituées se transforment peu àpeu, et de dehors en dedans, en une matière mucilagineuse capable de se gonfler dans l’eau, de sorte que bientôt la cellule semble transformée en un globule d’adragantine dont l’origine cellulosique peut d’ailleurs être aisément mise en évidence par les réactifs appropriés (1).

Ce siège de la gomme adragante localisée dans le tissu de la moelle et des rayons médullaires, nous explique comment il sera nécessaire de pratiquer de profondes incisions lorsqu’on cherchera à faciliter l’issue de cette substance qui normalement ne vient, dit-on, exsuder au dehors que sous forme de petits rubans vermiculés.

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