‹ Du siége des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 18 sur 32 · II. RHIZOMES · texte numérisé non relu

II. RHIZOMES

Particularité remarquable, dans les rhizomes, Técorce ne paraît pas avoir Timportance qu'elle présente dans les racines et les tigres, que les substances se trouvent dans des cellules isolées comme dans les Amomacéés, ou dans des lacunes comme dans Flnipératoire, qu'elles soient au contraire mêlées aux tissus comme le tannin dans les Rosacées Dryadées ou la Bistorte, elles paraissent se trouver tout autant dans le bols que dans Técorce. Mais d'après ce que j^ai dit dans la première partie, on devine que, si elles se trouvent dans le système intérieur, elles y seront localisées surtout dans le parenchyme de la moelle et des larg'es rayons médullaires.

A, Rhizomes contenant des matières oléo-résineuses, résineuses, des huiles essentielles, etc.

Rhizome d'Impératotrb [Imper atoria Ostruthium). — En résumant les caractères offerts par les racines d'Ombellifères, j'insistais sur la localisation de leurs canaux sécréteurs dans l'écorce ; dans l'Impératoîre, plante de celle famille, le rhizome est seul employé, et son exa^ men hislolog*îque montre une répartition toute différente de ces formations : au-dessous du suber, dans le parenchyme cortical, on voit bien encore des canaux g'énéralement fort largues, mais les faisceaux libériens en renferment aussi, et dans la moelle centrale, on en trouve ég'alement qui ne le cèdent en rien à ceux de

récorce (1). Tandis que ces derniers se montrent seuls dans la racine, on voit qu'ici ils existent avec des canaux de la zone centrale. C'est aussi à la fois dans Fécorce et la moelle que sont les canaux de YHerackum ou Grande Berce, tandis que c'est spécialement dans la première de ces] parties que s'observent les réservoirs d'oléorésine dans XHydrocotyle^ le Myrrhis et le Silaus.

Rhizomes de VALÉRiANéES. — Les Valérianées fournissent à la matière médicale divers rhizomes riches en huile essentielle. Celle-ci se trouve localisée, soit dans la couche pérîxylc du parenchyme cortical {Nav" dostachys Jatamansï)^ soit dans cette assise et en mêmQ temps dans celle qui est contig'uë à Tépiderme ( \aleriana ofHcinalis^ V. Celtica^ V. saxatilis^ etc.). La moelle du rhizome peut également renfermer des cellules oléorésinifères (V. Montana) (2). ,

RmzÔMEs DE COMPOSEES. — Daûs les racines d*Arnica [krnka montatia)^ et d'Armoise [krtemisia vulgaris)^ les substances actives sont renfermées dans des canaux sécréteurs présentant leurs cellules de» bordure, etc., et situés dans le parenchyme cortical.

RmzÔMES d' ARiSTOLOcméBS. — Les Aristolochiées fournissent les rhizomes d'Aristoloche ronde [kristolochia rotunda)^ d'Aristoloche long^ue (A. longa)^ d'Aristoloche Clématite (A. Clematitis)^ de Serpentaire (A. Serpentaria etc.), de Cabaret {ksarum europœum). Les cellules oléo-résinifères y sont localisées dans le parenchyme extérieur de l'écorce.

(1) G. Planchon; Loc. cit., 1. 1, p. 587.

(2) Joannes Chatin, Zoc. cit.

Rhizomes d'amomacees. — Les divers rhizomes aromatiques fournis par celte famille {Galanga major Alpinia officinarum , Curcuma domestica , C. Zedoarmj\ renferment uue substance oléo - résineuse qui existe g'énéralement dans l'ensemble de leur tissu fondamental, considéré soit dans sa zone externe, soit dans sa partie centrale.

Rhizome d'Acore vrai {Calamus aromaticus). Cette répartition du principe actif dans la masse parenchymateuse s'observe ég'alement dans TAcore vrai ; toutefois, les cellules à huile essentielle y sont surtout nombreuses dans les parties extérieures; de là le vieux précepte pharmaceutique recommandant de conserver le Calamus non mondé de ses couches externes.

Rhizome DE FOUGÈRE mâle {Polystichum Filix-mas (1). — On attribue Tefficacité de cette Fougère au contenu de g^landes oléifères situées dans le tissu fondamental et entourées de cellules spéciales. On a renoncé aujourd'hui à l'emploi des rhizomes de Foug'ère femelle {Asplerium Filix - femina) et de grande Fougère ( P/m^ aguilina)j comme ne produisant aucune action ; Tanatomie l'explique clairement en montrant que ces types sont dépourvus de glandes et de lacunes (!)•

(1) Peut-être conviendrait-il de mentionner ici les rhizomes de primevère, d*asperge, de petit houx, d*iris et de canne de Provence, dont les applications sont multiples, et dans lesquels l'analyse chimique a révélé Texistence de principes oléo-résineux, etc., mêlés à diverses autres substances, mais sur la localisation desquels nous ne possédons que de très« vagues notions.

B. Rhizomes contenant du tstnnin.

Rhizome de nymphosa {Nupliar luteûm). — Entre autres principes, il contient assez de tannin « pour servir à la teinture en noir » (1), caractère qui permet de le placer auprès des types suivants, et paraît commun à l'ensemble de ses tissus.

Rhizome de rosacées dryadébs. — Tous les rhizomes de cette tribu pourraient prendre place dans la médication astringente ; chez tous, les sels de fer indiquent la présence du tannin, et tous offrent sensiblement la même structure, se résumant en une moelle roug'eâtre et g'énéralement très-développée, envoyant de largues rayons médullaires entre les faisceaux dont le g^roupement varie chez les principaux types employés [Fragaria vesca , Tormentilla erecta , Geum urbanum , Potenr tilla reptans)^ et permet ainsi de les disting'uer sûrement (2). Toutes leurs parties se colorent en vert noirâtre par l'action des sels de fer.

Rhizome de bistorte {Polygonum Bistorta). — Le microscope n'y montre qu'une matière colorante brunroug'e, de l'amidon el de l'oxalate de chaux; les réactions chimiques semblent y indiquer une diffusion g^énérale de la matière tanniqucjplus abondante toutefois dans la région corticale.

(1) Guibourt et G. Planchon, loc, cit, t. III, p. 722.

(2) G. Planchon, loc cit., t, I, p. 583 et suiv*

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C Rhizomes contenant des alcaloïdes, glucosides, etc.

Parmi ces rhizomes dont quelques-uns sont très-actifs, je citerai ceux à'Helleborus niger, dans le parenchyme cortical duquel se voient des g^outtelettès oléo-résineuses dont on ignore la relation avec le principe cristallisable, mais peu connu, auquel on adonné le nom d'Helleborrine, de Cyclamen europœum dont le principe actif semble exister dans le suc cellulaire, d'après les expériences de Luca ; de Vincetoxicum officinale^ etc.

A la suite des Rhizomes, je dois mentionner les bulbes et tubercules, parmi lesquels les plus employés sont ceux de Salep, de Scille et de Colchique.

Le Salep est fourni par divers Orchis {Orchis mascula^ 0. Morio^ etc.), et usité en raison de cette matière mucilag'ineuse qui se forme dans les cellules du tissu fondamental, et dont j'ai indiqué précédemment le mode de production. C'est également dans ce même tissu que se trouve le suc acre de la Scille [Scilla maritima). Dans ce parenchyme se voient aussi de nombreux cristaux d'oxalate de chaux ; si Ton vient à se frotter avec le bulbe, ces cristaux déchireront la peau, permettront au principe actif de se répandre dans la petite plaie et détermineront ainsi une cuisson assez vive. La substance active du Colchique {Colchicum autumnale) réside très-vraisemblablement aussi dans le tissu çelulaire, mais n'a pu être encore localisée d'une façon bien exacte.

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