DICOTYLÉDONES
Renonculacées. — « Les Clematis^ Anémone, Ranun" culuSy renferment des principes peu fixes etrépandus dans toutes leurs parties, comme la substance neutre et azotée qui a été indiquée dans les Anémone pratensts, nemorosa^ Pulsatilla.
Les DelpJiinimn offrent des princi()es plus fixes, plus actifs, toxiques mêmes et mieux localisés, telles sont les trois substances actives {Siapliisi7ie, Staphisagrine et DeljpMne)j qui résident dans la graine du D. Staphisagriai
Chez les Aconitum (Aconitum Napellus^ ferox, lycoctonum^ antliora)^ nous trouvons un principe également très-actif, mais plus fixe, VAconitine qui, d'après les expériences récentes de MM. Oulmontet Laborde (1), offrirait une intensité variable d'après le lieu d'orig'ine des Aconits employés (Aconitine des Vosg'es, du Dauphiné, des Pyrénées, etc.). Bien que se rencontrant dans les feuilles et quelques autres organes, cette aconitine semble exister surtout dans les racines et les rhizomes.
Tel semble être aussi le siège de VRelléborme, principe actif des Helleborus niger^ mridis^ fœtidus^ etc.
C'est dans la souche et aussi dans les baies, que sont les matières actives de l'herbe de Saint-Christophe {Actssa spicata) et des autres Actœa.
MAGrNOLlAGÉBS. — Leurs principaux produits médicinaux sont les écorces de Michelia et de Drimys^ et les fruits ùHlicium anisatum. L'écorce de Drimys Winteri ou <' Écorce de Win ter vraie », doit son odeur aromatique à une huile essentielle localisée dans le parenchyme cortical. Celle de la Badiane est contenue dans les cellules extérieures du tissu c$irpellaire.
Anonagées. — Ce petit groupe fournit surtout des fruits stimulants tels que le « poivre d'Ethiopie » {Unona sethiopica)^ et le Pacova (div. Xylopia); le principe actif semble résider dans le mésocarpe.
MéNISPERMées. — La racine de Colombo {JatorrJiiza Colurnba)y contient trois substances amèresf'^^r-
(1) Oalmont, BulUtin de CAoa demie de médeeinei 1875. «— Laborde Société de Biologiey décembre 1875.
Mrinej Cdlombine^ acide colomUqué)^ dont la localisation est fort incertaine; on peut en dire autant de la Cissampéline {Berhérineî) qui représente la partie active de la racine de Pareira Brava {Cùsampelos ?)
La Picrotoxine^ principe amer de la Coque du Levant {Cocculussuberosus) est contenue dans les cellules polyédriques de Tamande, tandis que Talcaloïde pu Ménisfermine réside dans le péricarpe du fruit.
Berbéridées. — Le Berberis vulgaris donne à la matière médicale ses feuilles, ses baies et sa racine, mais c'est dans ce dernier org'ane que paraît exister surtout le principe actif ou Berbérine qu on retrouve d'ailleurs chez plusieurs autres plantes.
Nymphéagées. — Le Nuphar luteum fournit son rhizome, riche en tannin et le NympTima alba^ ses fleurs; la composition et la localisation de leurs principes actifs sont ég^alement peu connues.
Papavéragées. — L'existence d'un abondant latex possédant des propriétés diverses, mais presque toujours fort actives permet à la thérapeutique d'employer utilement plusieurs Papavéracées, au premier rang» desquelles il faut placer le Papaver somniferum dont les diverses variétés [P, setigerum, album, glabrum) nous fournis-^ sent l'un de nos médicaments les plus précieux, TOpium, mélangée de diverses substances dont plusieurs diffèrent essentiellement les unes des autres par la nature de leur action sur l'économie animale ; aussi convientil d'employer les alcaloïdes {morphine, narcéïne, codéïney narcotine, pajpavérine, thébaïne) plutôt que le produit
Chatin. 9
brut, remarque applicable d'ailleurs à toutes les substances analog'ues (1). Quant à son origine, on sait que lopium n'est autre chose qu'un latex desséché, latex qu'on extrait généralement des capsules où il existe en abondance, les larges vaisseaux qui le renferment cheminant surtout dans la couche moyenne ou mésocarpe du fruit ; aussi est-on obligé de pratiquer des incisions relativement assez profondes pour ouvrir suffisamment cette couche.
Partout où le P. Somniferum peut croître et fructifier, il donne un suc riche en principes actifs ; chacun connaît les louables efforts tentés pour obtenir de diverses variétés (Pavot pourpre, etc.) des quantités notables d'opium indigène d'une extraction malheureusement trop coûteuse, même lorsque, comme dans les opiums d'Amiens, la proportioii de la morphine peut s'élever jusqu'à 25 p. 100 de la masse du produit.
La Rhœadine ou alcaloïde du P. Rhœas (Coquelicot) possède des propriétés calmantes qui expliquent l'usetg^ de cette espèce, souvent employée; dans VArgemo7ie mexicanaon a signalé la présence de la morphine et ces exemples, que je pourrais multiplier, montrent l'importance de ces plantes médicinales au nombre desquelles on n'eût pas manqué de citer honorablement jadis la Ghélidoine {CheUdonium majtis) dont le sucâcre (surtout des feuilles et des racines) recevait une foule d'applications plus ou moins justifiées, et la Sanguinaire {Sanguinaria canademis) , toutes deux bien déchues de leur importance thérapeutique.
(1) Cl. Bernard. Comjptes-rendus de l'Académie des sciences, t. LIX, p. 406, 1864. — Id., Leçons sur les anesthésiques et Vasphyxie, p. 164 et •suiT., 1875, etc.
Les Papavéracées fournissent encore la graine de Pavot blanc considérée parfois comme médicinale (elle renfermerait une petite quanti té de morphine) et surtout Thuile d'œillette, extraite du Pavot noir dont les capsules ouvertes, de nulle valeur marchande, mais fort actives, sont employées ordinairement à préparer l'extrait dit de pavot blanc.
FuMMiiAGÉES. Dans ce petit g^roupe^si voisin du précédent, on compte laFumeterre(/^^m(^r^« officinalis) dont les propriétés semblent duesh ï acide fumarique, et divers Corydalis dont les racines renferment un alcaloïde, la Corydaline, préconisée comme antiscrofuleuse et antisyphilitique.
Crucifères. — Bien long^ue ' serait Ténumération seule des Crucifères employées autrefois ou actuellement. Ces plantes présentent en g^énéral une remarquable similitude de propriétés thérapeutiques qu elles doivent à des huiles volatiles répandues dans la plupart des org*anes, mais parfois plus localisées dans les semences [Brassica nigra) ^ dans les feuilles [Nasturtium officinale^ Erucasativa^ Cochlearia officinalis), dansles racines [CochleariaArmoracia) et qu'on doit reg*arder comme des combinaisons définies du soufre (dans TAlliaire) ou du sulfocyanog'ène avec un radical hydrocàrboné, Tallyle. Ces huiles essentielles' qui, depuis si long'temps, font employer les Crucifères comme antiscorbutiques, n'existent pas toutes formées dans la plante qui en renferme seulement les éléments ^niyronate de potasse et myrosine).
Les Crucifères donnent en outre un certain nombre
d'hmles^vRsseColza^ des (huiles de Moutarde, de Came- Une, etc.) localisées dans leur parenchyme cotylédonnaire.
Capparidées. — Très-voisines des Crucifères, ellei*j renferment le même principe sulfuré - volatil , qui paraît répandu dans toutes les parties de la plante , et si chacun connaît T usagée des boutons de la fleur du Câprier [Capparis spinosa). Il est bon de rappeler que Técorce de sa racine était autrefois considérée comme médicinale, en raison de la substance amère qu'elle contient. Citons aussi les Cleome et Polanisia, succédanés des Crucifères antiscorbutiques et vésicantes dans les contrées chaudes où manquent celles-ci.
CiSTiNÉES. — Elles sont surtout intéressantes en raison des exsudations résineuses qui se remarquent sur les feuilles de divers Cistus et qui forment le pro-duit désig-né sous le nom de Zadanum. Kromer recommandait ^^(?/m^^#A(?7n^^^^^?^^Z^(Zr^ (feuilles et fleurs) dans la phthisie.
ViOLARiÉES. — Leurs fleurs et feuilles sont parfois employées comme mucilag'ineuses et amères, mais elles renferment de plus,en petite quantité, un alcaloïde, la Violine^ bien plus abondante dans la racine et dont l'action émétique a permis de substituer certaines Violariées [Viola^ lonidium^ etc ) à Tlpécacuanha.
POLYGALÉES. — Elles fournissent surtout des racines officinales mais, dans ces substances, il faut disting^uer deux g-roupes: 1° les racines astring'entes comme celles
du Ratanhia (Zr^/;^m^ triandra, etc.), dont le principe actif senible résider principalement dansTécorce; 2° les racines renfermant un principe acre, très-voisin de la Saponine, la Sénégine {Polygala Senega, etc.), représentée par les g^outtelettes réfring'entes qui se montrent dans les cellules du parenchyme cortical et des rayons médullaires.
Caryophyllées. — Je mentionne les fleurs aromatiques et cardiaques des Œillets (Dianthus) et rappelle que les plantes les plus importantes de cette famille sont les Saponaires de France [Sa'ponaria officinalis) et d'Orient [OypsopMla) qui renferment dans leurs diverses parties, mais surtout dans les feuilles et les racines , un principe spécial , la Saponine , g'iucoside à saveur acre, et soluble dans l'eau à laquelle il communique, même en dissolution très-étendue, la propriété de mousser fortement par l'ag'itation. Non-seulement cette substance se retrouve dans un g'rand nombre de Caryophyllées [Dianthus^ Lyclmis^ Silène^ etc.) mais encore dans beaucoup de vég'étaux appartenant à des g-roupes plus ou moins éloignés, aussi la liste déjà long'ue des « plantes à savon » comprend-elle des Sapindacées, des Primulacées^ des Monimiacées, des Broméliacées, des Liliacées, etc. Les graines de VAgrostemma GithagOj étudiées très-ôomplètement par MM. Filhol et Baillet; contiennent un principe toxique.
LiNÉES. — Les Linées et surtout le Lin commun (Linum usitatissimum) sont employées soit pour 'le mucilage formé par les cellules du périsperme, soit pour les huiles grasses de Tamande que recouvre ce
dernier [Huile de Lin). Le Linum catharticum (parties herbacées et fleurs) est chez nous un purg^atif populaire, que remplace au Pérou le Linum aquilinum.
MalvagéeS. — L'usage médicinal de ces plantes est déterminé par Tabondant mucilag-e qu'elles renferment et qui les fait employer comme remèdes émollients dans le monde entier. Notre thérapeutique use surtout dans ce butde la racine de Guimauve [Althœa officinalis)^ de ses feuilles et de celles de divers Malva. Les fleurs de ces plantes, lég'èreixient âpres, sont employées comme pectorales.
Je citerai encore les Oraines d'Âmbrette [Eibiscus Abelmoschus)^donl le principe actif réside dans Tépisperme, les graines de Boortampaijang qui renferment un abondant mucilag'e localisé vraisemblablement dans Tépisperme et qui a été très-vanté il y a quelques années, les fruits de Gombo (Âbelmoschus esculentus) et diverses parties du Baobab, {Adansonia digitata) ég'alement riches en mucilag^e, etc.
Le Cacao [BuUneria Cacao) est employé pour Talcaloïde [Théobromine) que contient la couche interne de son périsperme, et pour la matière grasse {Beurre de Cacao) qui existe dans les cellules du tissu cotylédonnaire.
TiLiAGÉES. — Elles méritent surtout d'être mentionnées pour l'huile essentielle que renferment les fleurs des divers Tilia usités comme antispasmodiques.
DiPTÉROGARPÉES. — L'oléo-résine de diverses Diptérocarpées est vantée aux Indes comme vulnéraire, antisyphilitique, etc. [Dipteroca/rpus trinervis^ Ice^is, etc.).
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C'est dans ce groupe que se place le Camphrier du Japon [Dryobalanops aromatica), dont le tronc creusé de nombreux canaux, renferme, durant la première période de son développement, une « huile de Camphre » {Bornéenné) qui» prenant deux équivalents d'eau, se changée en Bornéol ou Camphre de Bornéo ; c« dernier produit existe seul dans les parties agrées de Tarbre» mais n'offre d'ailleurs aucun intérêt pour notre thérapeutique, n'arrivant que bien rarement en Europe. Le Camphre ordinaire est l'aldéhyde du Camphre de Bornéo.
Ternstrcemiagées. — Elles nous fournissent les feuilles de Thé {Thea chinensù et var.) qui contiennent, outre une huile essentielle, de la Théine^ principe analogue (?) à la Caféine.
AURANTIAGÉBS. — Très-usitées et principalement en raison des huiles essentielles produites par les glande» intérieures et multicellulaires que renferment leurs feuilleô, leurs fruits, et leurs fleurs en raison aussi de leur pulpe acidulé (div. Citrus.)
L'écorce de YAegle Marmelos est employée aux Indes comme astringente, et le suc acide des Citrons sert à l'extraction de l'acide citrique, lequel se retrouve d'ailleurs dans de nombreuses plantes appartenant à divers g^roujies (Vacciniées, Jtosacées, Solanées, etc.).
HypÉRiGiNÉES. — On use surtout des sommités fleuries de divers Hypericum où les g^laodes foliaires sécrètent une huile essentielle abondante, dont l'effet paraît augmenté par la production d'une matière rési-
noïde qui se forme dans des g'iandes florales situées principalement autour de Tovaire, mais aussi sur les calyces et les pétales, où elles sont fréquemment superficielles et plus ou moins subpédicellées, disposition qui se retrouve sur les bords des feuilles de YHypericvm montanum.
GUTTIFÈRES. — Leurs principaux produits {GommeguttCy etc.) se forment dans des lacunes analog'ues à celles qui existent dans beaucoup d'autres familles (Composées, etc.) et dont la plus g'rande partie est localisée dans les couches moyennes de Técorce (1).
Sous le nom de « Baumes verts » on désig'ne des produits oléorésineux qui coulent de Técorce de divers Calophyllum.
CORIARIÉES. — Le Redoul {Coriaria myrtifolia), en outre du principe astring'en.t qui fait employer ses feuilles pour le tannage des peaux, contient une substance vénéneuse {coryamyrtine) que M. Riban a isolée et qui doit prendre place parmi les glucosides (2).
ACÉRINÉES. — On extrait de divers Erables (^l^^r) un sucre d'une certaine importance pour les réglions centrales de TAmérique du Nord ; ce sucre s'obtient au moyen d'incisions pratiquées vers le commencement de mars et a ne pénétrant que de 15 millimètres dans l'aubier » (Guibourt).
(1) Uanbury et Fluckiger. Pharmacographia, I, p. 78.
(2) Riban. In Comptea-rendua de V Académie des sciences^ 1863, et Thèse à la Faculté de Médecine de Montpellier, 1863.
Erythroxylées. — L'Erythroxilon Coca est célèbre par Tusage que Ton fait de ses feuilles qui rendent plus lente la « dénutrition » et agissent ep outre comme stimulantes ; on en a extrait un alcaloïde, la Cocaïne (1).
Sapindagées. — J'ai cité plus haut l'emploi de divers Sapindus comme plantes à savon. J'ajoute que les g'raines de PaulUma sorMlis pulvérisées et mises en pâte avec de l'eau, forment la fâte de Quarana^ usitée comme anti-périodique. D'autres plantes très-voisines {PaulUnia cururu^ finnata^ australis), sont extrême-r ment toxiques et servent à composer divers a poisons de flèches. »
CédréLAGées. — Parmi les écorces fébrifug*es empruntées à cette famille, je citerai le Cail Gedra [Khaya Senegalensis) dont le principe actif {Cailcédrine) a été isolé par M. Eug*ène Gaventou (1), et se trouve localisé dans le parenchyme libérien.
MéLIAGées. — Elles fournissent un certain nombre d'espèces [Melia^ Guarea^ Carapa)^ qui paraissent amères et purg^atives dans toutes leurs parties.
Ampelidées. — Il suffit de mentionner les usagées du raisin {Vitis vinifera) qui donne le vin, le vinaig're, l'alcool, le tartre, etc. Les feuilles de la Vigne-Vierge {Cissus quinquefoUd) contiennent un principe acre; il en est de même des racines des Cissus glandulosa^ C, salvr
(1) Niemann. Journal de Pharmacie et de Chimie, 3® sér., t. XXXVIII,
(1) Eug. Gaventou, loc. cit.
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tariSj C. temata^ usitées comme rubéfiantes en Arabie, etc.
Tropœolées. — Les fleurs et les feuilles du Trofœolum majus ont été vantées comme artiscorbutiques en raison de leur saveur de Cresson ; IVd . Gloëz y a trouvé le sulfocyanure d'allyle des Crucifères et des Capparidées, indiqué par M. A- Chatin dans les Lirananthées.
Géraniagées. — L'ancienne thérapeutique usait fréquemment^ comme astringents, des feuilles de nos types indig'ènes, {Géranium Roiertianum^ etc). Ce principe serait encore plus développé dans le O. maculatum dont le rhizome est fréquemment employé par les médecins américains (1).
La plupart des Pelargonium sont très-aromatiques et plusieurs servent à Textraction d'une essence dont Todeur rappelle beaucoup celle de la Rose, et lui est souvent substituée (2), ainsi qu'une autre essence dite de Géranium, mais qui est produite par un Andropogon de Tlnde (3).
OXALIDÉES. — En dehors des Averirhoa de Tlnde, il convient de mentionner nos Oxalis acetosella^ etc, qui concourent avec divers i2t/m^a?, à rextr^aetion de Tacide oxalique.
RUTAGÉES.. — Ce vaste g'roupe comprend un g^rand
(1) Britley. Pharm, Journ,, 1863.
(2) Les Pelargonium à odeur de rose sont l'objet de cultures ea Brie, etc
(3) Guibourt et G. Planchon, loc, cit., t. m, p. 571.
nombre de plantes médicinales parmi lesquelles je citerai comme particulièrement importantes : les Rizta dont on emploie les sommités fleuries, riches en huile essentielle ; les Diosma chez lesquelles ce principe se forme ég'alement dans les g-landes multicellulaires des feuilles, etc.; Técorce d'Angusture vraie {Qalipea Cmparia) dont la matière active est localisée dans les glandes oléifères du parenchyme cortical ; Técorce de Sîmarouba {Simarouba officinalis) > dont le principe paraît analog^ue à celui des bois de Q\xdi&B\Q,{Quassia amara, etc) ; chez ceux-ci et dans les bois de Gayac [Qayacum officinale)^ la matière active est répandue dans la masse des tissus et donne dans le dernier de ces types, la « résine de Gaïac » ; la racine de Fraxinelle {Dictamnus albus)^ dont Técorce surtout est riche en une matière résineuse et aromatique; les colylédons de Cédron [Simaba Cédron), dont le principe amer et cristallisable {Cédriné) paraît être tonique plutôt que fébrifuge; enfin M. Hardy a retiré récemment un alcaloïde {Pilocarpine) des feuilles du Jaborandi ou Pilocarpus pinnatus .
Rhamnées. — he Rhamnus catîiarticus est un arbuste dont les baies renferment une matière encore mal définie au point de vue chimique, mais ag^issant comme un violent drastique. Sous le nom de « Jujubes», on emploie les fruits du Ziziphus vulgaris^ qui passent pour béchiques et adoucissants. Les racines et les feuilles de TEpine de Christ [Paliurus aculeatus) sont amères et astring^entes.
TÉRÉBINTHAGÉES. — Leur série forme un des groupes
médicinaux les plus importants (1), et fournit de nombreux produits employés parmi lesquels je mentionnerai les suivants :
Résines. — La résine Chibou {Bursera gummifera) ; le Mastic fourni par des incisions pratiquées au Pistacia Lentiscus^ la résine du Molle {ScMnus Molle).
Oléorésines. — La térébenthine de Chio {Pistacia Terebinthus), renfermée dans des canaux voisins du liber; le Baume de la Mecque, localisé dans la partie interne du Balsomodendron Gileadensis; les Elémis fournis par divers Icica^ Canarium^ Elaphrium, etc.; les Tacamaques, très- voisines des produits précédents Fagaraoctandr a^ etc.).
Gonmies-résines. — L'Oliban {Boswelia papyrifera)\ la Myrrhe contenue dans les nombreux canaux sécréteurs qui cheminent dans le parenchyme cortical du Balsamodendron Elirenhergianum ; les Bdellium^ produits par divers arbres du même genre.
Tannins. — Feuilles et fruits du Rlius coriaria ou Sumac des corroyeurs ; Galles de Chine formées sur les Rhus semi-alata et R.Japonica.
Principes gras. — Graines du Pistacia vera; du Rhus succedanea et du Mangifera Oabonensis (Beurre de Dika).
(1) L. Marchand. Histoire de Vancien groupe des TéréhinthacéeSy 1869. — Enumération des substances fournies à la Médecine et à la Pharmacie par Vancien groupe des Térébinthacées^ 1869, etc.
— 141 -« Sucs caustiques. — Lacunes du péricarpe des Anacardes [Anacardium et Semecarpus).
Principes toxiques. — LeJRhus toxicodendron renferme une substance vénéneuse contenue surtout dans les feuilles et décrite à tort comme un alcaloïde, tandis que c'est un acide (1) (acide toxieodendrique).
Légumineuses. — Elles sont encore plus importantes que les précédentes et nous fournissent des substances extrêmement variées.
Gommes : 1° ad rageante {Astragalus verus, creticus^ ffummifer), 2° arabique {Acacia arabica^ var. tornentosa^ nilotica^ indica^Kraussiana;Ac.vereli^ gummifera^eio.)
Substances sucrées. — Racines de Glycyrrhiza glabra^ ecMnata; racines et feuilles de T Astragalus glyciphyU los; fruit du Caroubier {Ceratonia Siliqua).
Baumes, résines, etc. — Baumes de Pérou (div. Myroxylon), de Tolu [MyroxylonToluiferum), résine Copal [Tracîiylobium^ Gruibourtia, Hymenea, etc). Oléorésinede Copahu (divers Copaïfera).
Produits astringents. — Cachou, extrait du bois de V Acacia Catecliu\ Pulpe du fruit de Tamarin [Tamarindus indica); Sang^-Drag'on {Pterocarpus JDraco), existe surtout dans Técorce, aussi dans le bois et les feuilles; Kino d'Orient [Butea frondosa) ; Kinos de Gam bie [Drapanocarpusei Pterocarpus), écorcede Caroubier [Ceratonia SUiqua).
(1) Zeit, fur Chem., 1866.
Substances colorantes, — Hématine {Hœmatoxylon campecMa7iu7n) ; ^vB.%\\v[ie{Cxsalfinia echinata) ; Indigo {feuilles de divers Indigofera) ; Fleurs de Genista scofarta et de Styphnolohium Japonicum.
Substances azotées. — Lég^umine (graines des Vicia^ etc.)
Substances toxiques. — Esérine dans la Fève de Calabar (Physostigma ve}ienosum)\ Cytisine surtout dans les fleurs du Cytisus Laburnum.
Au point de vue des parties employées en raison des principes actifs qu'elles renferment, nou? voyons que ce peuvent être les organes suivants :
Racines. — Ononis^ Âstragalus, Glycyrrhiza.
Tiges (Bcorces). — Ecorce d'Alcornoque [Bowdichia virgiloïdes) à principe actif contenu dans le parenchyme cortical; Ecorce de Barbatimao {Pithecollobium, etc.), même siège; Fîcorce anthelmentique de Moussena (Âlbîzia anthelmentica^ etc.).
TigeS' [Bois): — Bois de Gampêche [Haematoxylon Camj^echianum)^ de Brésil [CcBsalpinia echinata) et de Santal rouge [Pterocarpus Santalinus)^ dont les principes colorants sont répandus dans Tensemble des tissus (rayons médullaires, fibres lig-neuses, vaisseaux); Bois d'Aloès [Aloexylon Agallochum) dont la matière résineuse et aromatique se trouve ég'alement dans tous les éléments anatomiques ; Tiges de Gopahu (divers Oopaï- /er^x) dans lesquelles, d'après Berg», l'oléorési ne se trouverait surtout dans les canaux balsamifères de Técorce
moyenne, où ils forment, extérieurement au liber, un cercle assez rég'ulier ; on voit d'ailleurs dans les vaisseaux ponctués et rayés du bois une certaine quantité de Copahu ; Tigres de Myroxylon dans lesquelles, selon Vogl, tout le produit balsamique se trouverait dans le tissu ligneux, à Texclusion totale de l'écorce, disposition bien difficile à admettre depuis les recherches de Weddell et de Berg» ; Tiges à' Acacia CatecJiu dont le duramen servirait seul (?) à l'extraction du Cachou.
je rappelle que la g'omme adrag*ante se forme dans la moelle et les rayons médullaires des Astragales, tandis que la gomme arabique se trouve dans l'écorce des Acacias; enfin que, d'après M. Trécul, le tannin se rencontrerait surtout dans des cellules allongées et souvent superposées qui se trouvent, soit dans Técorce au voisinage des faisceaux libériens, soit dans la moelle, soit dans l'écorce et dans la moelle.
Feuilles. — Diverses sortes de Sénés [Senna obo'oata^ lenitiva acutifolia^ puhescens ^ angustifolia) \ leur principe actif ou Cathartine^ ne serait pas, d'après les récentes recherches de M. Bourgoin, un corps réellement défini, mais un mélange d'acide chrysopha nique, de glucose et de chrysophanine.
Fruits. — Fruits de Tamarin [Tamarindus indica) et de Casse {Cassia fistula) renfermant leur pulpe, le premier, dans son sarcocarpe, le second, autour de ses graines ; Follicules des divers Sénés ; Fruits astringents des Acacias ; Gousses sucrées et mucilagineuses du Caroubier [Ceratonia Siliqua).
Graines. — Graines de Haricots, Pois, Lentilles, Vesces, etc., employées surtout pour leur fécule, dont les g^rains se reconnaissent aisément à leur forme elliptique et à leur hile allongée et offrant souvent des fissures latérales ; g*rai nés de Fenugvec{TngonneUa Fœnvmi Qrxcum) ; Fève de Galabar [Physostigma venenosum) ; Fève Tonka [Dipterix odorata) dont le principe aromatique ou Coumarine s' extravase, sous forme de petits cristaux, entre les deux cotylédons, et souvent aussi entre Fenveloppe et l'amande.
Rosacées . — Leurs produits sont presque aussi nombreux et aussi importants que ceux des Légumineuses; nous en tirons des substances g^ommeuses {gummi nostras de diverses Amygdalées)^ sucrées (fruits divers) grasses (cotylédons de VAmygdalus communis, du Prunus brigantiaca^ etc.), des essences (iSt^m), des acides citrique et malique (Gy norrhodons), cyanhydrique ( Cerasus Padus , Persica vulgaris , Cerasus Lauro- CerasîiSj, etc.), du tannin (Feuilles des Rubus^ pétales du Rosa Oallica, fruits des Rosa). Dans les Amandes amères {Amygdalus communis^ var. amara) se trouvent Fémulsine et Tamygdaline qui, en présence de Teau, donneront de l'huile essentielle d'amandes amères, de Facide cyanhydrique et du glucose. L'écorce de Quillaya Sœponaria renferme de la Saponine, etc.
Quant aux parties usitées, ce sont les rhizomes dans certaines Dryadées [Fragaria^ Potentilla, Tormentilla, Geum)^ rhizomes dont le principe astringent se trouve surtout dans la moelle et les rayons médullaires enveloppant les faisceaux ligneux.
Les fleurs sont employées dans quelques genres.
principalement dans les Rosa où elles renferment, suivant les espèces, de l'Huile essentielle ou du Tannin.
Ailleurs ce sont les fruits (fruits astring^ents des SorbitSj, Cydonia, Rosa; fruits acidulés des Cerasus^ Rubus)^ ou bien les g^raines, qu'elles soient mucilag-ineuses [Cydonia) ou renfermant des matières gérasses et des principes capables de développer de l'huile essentielle (Amygdalus^ etc.)
COMBRÉTAGÉES. — Cette petite famille fournit surtout des substances astrinarentes, recherchées soit dans ses écorces, soit dans ses fruits. Les premières, peu usitées aujourd'hui, provenaient de divers Terminaliai et telle est aussi Torig^inedes fruits désignés sous le nom de Myrobalans, dont la substance active réside dans le sarcocarpe, l'amande étant huileuse et présentant unelég^ère amertume (1).
Granatées. — C'est ég'alement le principe astringent qui domine dans ce groupe. Les fruits du Grenadier [Pwnica Granatmn) le présentent à un degré très-prononcé et sont employés, soit dans leur ensemble avant la maturité {Balaustes), soit dans leur seule partie externe [Malacorium). L'écorce de la racine de Grenadier est usitée comme ténifug^.
Myrtagées. — Elles possèdent dans presque toutes leurs parties des glandes qui sécrètent des huiles es-
(1) On sait qu'on emploie également sous le nom de Myrobalans, les fruits d'une Euphorbiacée, VEmhlica offtcinalis.
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sentielles,elc.,et déterminent Fusaçe de ces plantes dont on emploie les feuilles, les fleurs ou les fruits.
Parmi les feuilles, je citerai celles de Myrte {Myftus communis)^ celles de Melaleuca Leucadendron qui fournissent rhuile de Cajeput et surtout celtes à*E%calytus (E. gloImluSy etc.)
Les fleurs les plus usitées sont celles du Myrte et celles non épanouies du Caryophyllus aromaticus ou « Clous de Girofle » dont Thuile essentielle réside dans des gplandes et lacunes situées sous Tépidernie et dans le parenchyme intérieur.
Le Piment de la Jamaïque {Pimenta ojficinalis) est le plus important des fruits de Myrtacées ; soa principe actif réside dans Tépicarpe ; on doit en rapprocher le Piment Tabag'o (P. officmalis Var. Tdbasc&)
Le tronc des Metrosideros guminifera et costata donne, par incision, une gomme-résine aromatique employée en Australie.
CUGURBIT ÂGÉES. — Beaucoup d'entre elles renferment un principe amer plus ou moins purgatif. On emploie tantôt la racine, comme dans la Bryone {Bryonia rfmra),dont la substance purgative ou Bryonine est encore assez mal connue ; tantôt les fruits, alimentaires ordinairement dans les CucurMta et Cucumis^ drastiques dans le ColocynthisvulgariSy toxiques dans VJEc^ iallium; tantôt enfin les graines qui donnent les « semences froides » et se composent d'un épîsperroe cartilagineux recouvrant un embryon exalbuminé, dont les cotylédons sont susceptibles de donner des émulsions. Ces semences, surtout celles du CucurMta Pepo sont employées comme ténifuges ; leur principe actif
serait localisé dans la membrane verdâtre (tegpnien) qui entoure immédiatement Tamande (1).
CrassUL ÂGÉES. — Ces plantes renferment un suc tantôt acidulé et rafraichissant [Sempervivum fectorum), tantôt astring^ent [Sedum Telephium)^ parfois caustiqus [Sedum acre) qui se trouve surtout dans les tig^s et les feuilles.
Ombellifères. — L'existence de nombreux canaux sécréteurs dans lesquels se trouvent des huiles essentielles, des oléo-résines, des g'om mes- résines, etc., domine Torganisation des Ombellifères et permet à un grand nombre d'entre elles d'occuper une place importjante dans ia matière médicale.
Tantôt on emploie leurs produits, particulièrement leurs gommes-résines; telle» que TAsa-faetida contenue dans les canaux corticaux de la racine du Scorodosma fœtidum^ la Gomme ammoniaque, provenant des canaux du Dorema Ammoniacum (2), le Gralbanum [Ferula rubricaulis)^ TOpoponax [Opopmiax CMroniwtn)^ le Sa- ^^^%xi\\xîï[Ferula%Y ^^ leurshuilesessentielles(Essences d'Aneth, d'Anis, de Fenouil, de Garvi); tantôt on emploie directement certaines de leurs parties.
Ainsi, la racine contenant d'abondants canaux, surtout dans Técorce, on en fera fréquemment usage [Petroselinum^ Apium^ Levisticum, Archangelica^ Sum-bulus, Meum^ Eryngium^ Pimpinella, Tha]psia, etc.)
Ailleurs on recherchera le rhizome comme dans
(1) Heckel. Corn.'pteS'rendus de V Académie des sciences, LXXXI.
(2) Toutes les parties du Dorema contiennent un suc laiteux, abondant.
Goosie
rimpératoire [Imperatoria OstrutMum)^ mais, dans cette partie, les canaux ne se limitent plus \i la zone corticale; on les trouve dans l'ensemble des tissus.
Ce sont surtout les fruits des Ombellifères qui seront le plus fréquemment employés [Ammi^ Daucus^ Cuminum^ Levisticum^ Coriandrum^ Archangelica^ Anethum, Seseli^ Fmiiculum^ Œnanthe^ Pimpinella^Bunium, Petroselinum, etc.). Dans tous ces fruits, le principe actif sera contenu dans les canaux ou « bandelettes. » Seule, la Grande Cig^uë {Conium maculatum) fera exception à cette régule, et i'oléo-résine y sera localisée dans les cellules de Fendocarpè.
Araliacées. — Elles fourniront surtout deux produits médicinaux : 1^ la Gomme-Résiné de Lierre [Hedera Hélix) provenant principalement des canaux sécrète urs de latine ; 2® la racine de Ginsengr {Panax quinquefo-lium)^ dont le principe acre et aromatique se trouve dans les laticifères moniliformes de Técorce.
Caprifoliagées. — La portion interne de l'écorce des branches de Sureau {Sambucus nigra)^ les baies de la même plante et celles de THièble (S. Ehulus) sont les substances les plus importantes de ce g^roupe. L*écorce du Sureau est émélo-cathartique, et le même principe se retrouve, à un moindre deg^ré, dans les feuilles et les fleurs. Quant à ses baies, comme celles de THièble, elles sont surtout purgatives (1).
RUBIAGÉES. — Dans cette famille, où nous trouvons des plantes d'un si g^rand intérêt au point de vue mé-
(1) Gubler. Commentaires thérap, du CodeXy 2® éd. Paris, 1874, p. 394.
dieinal, ce sont surtout les racines que nous employons et les substances actives s*yrencontrent dansTécorce : tel est le siégpe du principe éntétique des Ipécacuanhas annelés mineur [Cephœlis Ipecacuanha) et majeur [Cephs^lis?), strié (Psychotria emetica), ondulé {Richardsonia brasiliensis), du principe amer et acre du Gaïnça [Chiococca anguifuga, racemosa, etc.), de le matière colorante de la Garance [Ruhia tinctorum) et de TAspérule {A . Une ton(3^). Dans le Quinquina {Cincli(ma),'ïiou^ ein ployons les écorces de la tige, et les recherches d'Howard, ont appris que la quinine et la cinchonine se trouvent dans le parenchyme cellulaire ; mais les écorces de racines sont très actives, et l'on peut prévoir Tépoque où elles seront introduites utilement dans la thérapeutique.
Plus rarement sont employées les feuilles comme celles des Uncaria, des Asperula odorata, et cynanchica^ les sommités fleuries des Oalium verum, cruciatum et MoUugo, ou les graines comme celles du Café [Coffea arabica) dont la caféine ne représente que l'un des principes (1).
Valérianées. — Dans le Valeriana officinalis^ antispasmodique si fréquemment employé, la substance active est localisée dans Tassise sous-épidermique de la racine, tandis que dans le rhizome on la rencontre dans plusieurs assises du parenchyme cortical. Ce principe oléorésineux est contenu dans le parenchyme cortical du rhizome et dans le mésophylle des espèces (V. CeU tica et saxatilis) qui forment le « Nard celtique » ainsi que dans le Nard vrai de Flnde [NardostachyA Jafu • mansi).
(1) Gubler. Loc. cit., p. 55.
DiPSAGÉES. — On emploie les racines et rhizome, des Dipsacus fxillonnm et D. sylvestris , des Scdàiosa succisa et caucasica^ les racines et les fleurs du Scabtosa arvensis.
Composées. — Dans cette garantie famille nous trouvons un nombre très-considérable de plantes médicinales, plantes dont Tusag^ se trouve g^énéralement déterminé par des formations histolog^iques d'ordre habituellement distinct selon qu'on examine les Chicoracées d'une part, ou les Gorymbifères et Carduacées d'un autre côté.
Dans les premières on recherche surtout le latex dont les vaisseaux se rencontrent principalement dans l'écorce, et que Ton demande aux racines de Chicorée [Cichorium Iniybiis) de Pissenlit [laraxacum Dens- Leonis)^ aux tigres des Laitues telles que les Lactuca virosa, Scariola et m^^«?(^, dont les laticifères, placés surtoutentre l'écorce moyenne et le liber fournissent un suc laiteux qui, desséché, est usité sous le nom de Lactucarium (1). Quant à la Thridace, j'ai rappelé précédemment qu'elle était préparée avec le suc de l'écorce de laitue, obtenu par expression et qu'elle contenait nécessairement, en dehors du latex, plusieurs autres principes qui en font un produit très-complexe.
Dans les Gorymbifères et Carduacées, ce sont au contraire des canaux sécréteurs et non plus des laticifères qui nous donnent des substances actives; tels sont ces canaux qui sont répandus dans l'écorce et le bois
(1) Aubergier. Recherches sur le Lactucarium, 1840. — Rapport de Boullay à VAcadémie de médecine, t. VH.
des racines d' Aunée [Inula Helenivm) de Pyrèthre (Anor cyclus Pyrethrum) et de Carline [Carlina acaulis) (1).
Dans le rhizome des Arnica et des Artctnisia^ ils se trouvent principalement dans Técorce.
Plusieurs Composées sont usitées en raison des huiles essentielles que renferment leurs tig'es feuilléesou leurs fleurs [Artemisia^ Matricaria^ Tanacetum^ Anthémis^ AcMlleay etc.
Ce sont les petits capitules de divers Artemisia qui constituent les Semen-Contra.
Des g^raines des B'elianthus, Madia, Quizotia^ Onopordon^ Carthamus^ on retire des huiles fixes (celle du Carthame est purgative).
Des matières cristallisées, savoir TArnicine, laTanacétine, la Santonine, la Pyréthrine, TAchilléine, sont retirées des racines, feuilles et fleurs de plusieurs des plantes précitées. La Cynarine a été trouvée par M. Guitteau dans les feuilles de FArtichaut. .
Je rappelle enfin que Tamîdon est g^énéralement remplacé dans ces plantes par Tinuline.
Campanulagées et Lobéliacées. — Les propriétés médicales des Campanulacées vraies sont à peu près nulles ; quant aux Lobéliacées^ elles donnent principament les Ldbelia inflata et sypMUtica^ dont le principe spécial, acre et toxique [Lohéline), se trouve surtout dans les racines et ^les semences, mais existe aussi
^ (1) On n'a point signalé, jusqu'à présent, de canaux sécréteurs dans la racine de Bardane (Lappa) ; cependant on trouve souvent des larmes de résine dans sa partie centrale et de nouvelles études sont nécessaires pour déterminer la formation et la localisai ion précises de cette substance
dans les feuilles et les fleurs, comme on Tobserve dans notre Lohelia urens.
Erigagées. — Elles fournissent les feuilles et les fruits à'Arbutus Uva-Ursi^ les baies des VacciniumMyrtiUus^ Oxicoccos et Yitis-Ids^a^ l'essence de Winter - Green (Gaultheria procumbens).
Styraginées. — Leurs principaux produits sont le Styrax et le Benjoin fournis, le premier, par le Styrax officinale, le second, par le S, Benzoin^ où ils se trouvent dans les parties superficielles du tronc et principalement dans Tér'orce.
Sapotées. — L'écorce de Guaranhem {Chrysophyllum glycyphlceum) contient du tannin, de la glycyrrhizine et tfès-probablement de la saponine.
De curieuses semences de Sapotées qui, sous leur test ligneux, renferment une g'rosse amande huileuse, donnent divers corps g*ras tels que l'huile d'Illipé [Bassia longifolia)^ le'Beurre de Galam (B. Parkii)^ etc. .
Mais le produit le plus important est sans contredit la Gutta Percha, latex desséché de V Isonandra-Gutta^ dont on peut rapprocher le Suc de Balata [Mimusops Balata) et le Suc deMaçaranduba (M. elata).
Jasminées. — La Manne découle du Fraxinus Ornus var. rotundifolia^âio^ les piqûres du Cicada Orni n'en font exsuder qu'une très-faible quantité ; aussi l'oblient-on surtout au moyen d'incisions qui peuvent être peu profondes, cette substance sucrée (elle renferme
jusqu'à 82^100 de Mannite) se rencontrant dans les parties superScielles.
L'Huile d'Olives se trouve surtout dans le parenchyme des fruits de YOlea europcea,
AsGLÉPiADÉES. — La Racine de Dompte-Venin, si célèbre dans l'ancienne matière médicale, renferme un principe âpre et toxique [Apocymnefj. Auprès de cet Asclepias Vincetoxicum^ vient se placer le Conduranqo [Go7iolohus Condv/rango) dont le principe actif tant van té un moment, semble exister (s'il existe?) dans le parenchyme cortical de la racine.
ApogynéES. — Leurs propriétés sont très-différentes suivant les espèces que Ton étudie et dont l'examen montre tine fois de plus combien était peu fondée la célèbre théorie des analog^ies botaniques et médicales dont Pyrame de GandoUe fut l'un des derniers et des plus ardents défenseurs : le latex, si abondant chez la plupart de ces vég^étaux, constituera un breuvage délicieux dans le Tahernœmontana utilis^ tandis qu'il sera extrêmement toxique dans le Tahernœmontana fersicœfolia ; de même à côté des fruits si dang^ereux des Thevetia et surtout du TangMnia^ s'en présentent plusieurs qui sont recherchés comme d'utiles aliments; tels sont ceux des Ambélamia acida, Pacouria Ouianensis^ Carissa edulis, etc.
Les feuilles des Vinca major et minor sont employées comme astring^entes; celles du Nerium Oleander renferment un principe toxique, ïoléandrme{\).
(1) Lukomski. Journal de Pharmacie et de Chimie^ 3® série, t. XLVI, p. a^''.
LoGANiAGÉES. — Cette petite famille comprend des espèces possédant un principe acre, souvent toxique, qui doit les faire ranger parmi les végétaux les pins actifs.
Dans Tétat actuel de la science, il est difficile de préciser les éléments anatomiques qui renferment la Strychnine et la Brucine Cependant Fécorce de Fausse Angusture semble en contenir une quantité plus considérable dans la zone interne que dans les couches externes (au moins pour la Brucine); ces alcaloïdes, qui existent dans la Noix vomique, se retrouvent aussi dans la Fève de Saint Ignace, dans laquelle on observe en outre la présence deFIgasurine.
On rapporte au Strychnos Tieutef^ TUpas Tieule et à divers autres Strychnost le Curare, poisons non moins actifs que la Strychnine, mais d'un effet physiologique tout différent (1).
Gentianagées. — Elles sont surtout recherchées pour le principe amer qui semble répandu dans toutes leurs parties, et qui fait employer les racines de Gentiane [Oentiana lutea, remplacée souvent par le G. ptirpurea)^ et les sommités fleuries de la petite Centaurée {Erythr(Ba Centaurium)', le Gentiana Pneumonantlie de nos marais est surtout usité (feuilles et fleurs) dans le Nord de l'Europe. C'est encore à ce groupe qu'appartiennent le Trèfle d'eau {Menyanthes trifoUata), le Canchalangua [Chironia CMlensis)^ le Chirayta [Agathotes Chirayta)^ etc-
Convolvulacées. — Dans la première partie de cette thèse, je me suis étendu assez longuement sur les lati-
(1) Cl. Bernard. Leçons sur les effets des substances toxiques ^
cifères imparfaits des Convolvulacées pour n'avoir pas à y revenir. Je rappelle sf^ulement que c'est le produit de ces org^anes qui détermine l'emploi des racines de Jalap [Ipomœa furga^ orizdbensiST ei simulans), de Turbith (/. Turpethum) et de Scammonée {Convolvtdus ScammoTiid)^ dans lesquelles ils occupent le bois et Técorce, mais surtout celle dernière rég^ion.
Au lieu de ces racines prises en masse, la thérapeutique use souvent du contenu de leurs laticifères ; telle est l'orig-inedes g^ommes résines et résines de Jalap, de Scammonée, de Turbith, etc., dont on a retiré certains corps assez bien définis {Jalafpine ^ Tv/rfé-thine^ etc.)
Le Bois de Rhodes, appelé souvent aussi Bois de rose des Canaries, provient du Convolvulus scoparius ; son odeur aromatique est due à une huile essentielle qui existe dans tous, les éléments (cellules, vaisseaux, etc.) ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer pour les autres bois employés, lesquels sont d'ailleurs assez rares. *
BORRAGINÉES. — Elles possèdent un principe mucilag^ineux qui est répandu dans leurs diverses parties et les fait regarder, avec lesMalvacées, comme les plantes émoUientes par excellence. Dans la g^rande Consoude [Symphitum officinale)^ on se sert de la racine, mais il convient d'y noter la présence d'une certaine quantité de tannin. Dans la Bourrache [Borrago offici- 7ialis)^ la Vipérine [Echium vulgare)^ la Pulmonaire (Pulmonaria officinalis ^ etc.), la Buglose (Anchusa hybrida ou italica, A . officinaUs) le Zycopsis arvensis^ on emploie les feuilles ou les sommités
fleuries ; sous le nom de « Sebestes » on désigne les fruits du Cordia mixta^ également riches en mucilage.
SOLANÉES. — Les Solanées doivent généralement leurs propriétés à des alcaloïdes {Atropine^ Hyoscyamine, Datwrine^ Nicotine^ etc.), qui sont répandusdans la plupart de leurs parties. Les feuilles sont les organes les plus usités pour la plupart de ces végétaux, tels que le Tabac {Nicotiana Tahacum^ N. rustica), la Stramoine [DaturaStramonium)^ la l\x^(j^\W£i^[nyostyamus niger), la Mandragore yMandragora officinalis^ M. vernalis)j la Belladone {Atropa Belladona) ; les racines, les fruits, etc., participent d'ailleurs en général des mêmes propriétés.
Les tiges de Douce-Amére {fSfolanum Dulcamara) sont employées comme dépuratives ; on accorde des vertus analogues et un effet laxatif aux baies de TAlkekenge {Physalis Alhekmgi) ; le Piment des jardins {Capsicum annuurn^ est usité comme condiment ; le nom seul de la Pomme de terre [Solanum tuberosvm) sufBt à. rappeler ses importantes applications, même au point de vue spécial de la thérapeutique.
Sgrofularinées. — La Scrofulaire [Scrofularia nodosa et jS. aquatica) FEuphraise [Euphrasia officinalis)^ la Gratiole [Oratiola officinalis), les diverses Véroniques {Vero7iica officinalis^ V. Beccdbunga^ etc.), ont à peu près complètement disparu de la thérapeutique. On peut en dire autant du Muflier [Anthirrhinum majus)^ de la Linaire [Linaria vulgaris)^ de l'Herbe aux poux [Pediciilaris palustris). La graine du Blé des vaches
[Melampyrti^m arvense) a passé pour toxique, et laCytnbalaire [Linaria Cymbalaria)^ ne compte plus que dans la médecine homœpathique.
Mais la thérapeutique moderne use beaucoup encore du Bouillon blanc [Verbascum Thapsus)^ comme d'une plante mucilagineuse et émoUiente; elle trouve surtout dans la Dig*itale [Digitalis jpurpurea) «un précieux auxiliaire; son principe actif Jai)^^eYâ^?m^, est répandu dans toutes ses parties, tour à tour préconisées, mais ce sont surtout les feuilles dont on se sert aujourd'hui ; la dig'italine a été retrouvée dans les Digitalis lutea et grandiflora.
Labiées. — Toutes ont été employées en médecine, à une époque ou à une autre ; je ne saurais donc les énumérer ici et me borne à rappeler qu'elles doivent leur action stimulante à des huiles essentielles (essences de Lavande, de Menthe, de Saug^e, de Romarin, de Thym, etc.) localisées dans les g^landes de leurs feuilles et de leurs fleurs. En outre, quelques-unes d'entre elles, comme le Bug^le, la Bétoine et les Teucrium, renferment surtout un principe amer qui les a fait rechercher comme toniques.
VerbéNAGées. — Elles donnent à la thérapeutique les feuilles et sommités fleuries de là Verveine, de la Citronelle {Lifpia citriodora) et les fruits aromatiquesacres du Gattilier [Vitex Agnus-castus).
Globulariées. — Cette famille compte la Globulaire-Turbith {Globularia Alypum) aux feuilles purgatives; c'est l'ancien Frutex terribilis^ fort bien étudié
par M. G. Planchon, et qui a été recommandé (feuilles et fleurs), comme vulnéraire et doux purgatif.
PrimulagéeS. — 11 faut citer l'emploi, bien tombé, quoique reposant sur des propriétés souvent actives, des racines et fleurs de la Primevère [Primula officinalis), du rhizome de Cyclamen europceum^ dit Pain de pourceau, des feuilles et fleurs de l'Oreille d'Ours [Pr. Auricula), du Mouron [Anagallis arvensis), de la Lysimaque {LysimacMa vulgaris) et de la Nummulaire (Z. Nummularia).
Plumbaginées. — Elles fournissent la racine de Dentelaire [Plumiago europoea), dont la matière résinoïde se trouve surtout dans les cellules du parenchyme cortical, mais se rencontre aussi, bien qu'en moins g'rande quantité, dans le bois.
Plantaginées. — Les Plantago major y média et lanceolata sont fort peu usités aujourd'hui. Quant au P. Psyliium^ il est employé en raison du principe mucilag'ineux qui réside dans les enveloppes et l'albumen de ses graines.
Nygtaginées. — Le Mirabilis Jalajpa a été regai*dé comme fournissant le Jalap.
ChénopodéeS. — Outre la Betterave [Betta vulgaris), cette petite famille renferme encore plusieurs plantes intéressantes, les unes par leurs principes aromatiques, comme la Camphrée de Montpelliev{Camj(>horosmamons-
peliaca), le Thé dn'Mexique {Chenopodiumambrosîatdes), r Ansérine [Chenopodium mithelminticum), ou minéraux, comme les Soudes {Salsola soda, fSf. Kali). La Vulvaire [Chenonopodium Vulvaria) renferme de la triméthylamine. Citons encore le Chenopodium -^i^o^ (qui entre au Pérou dans le Clipta ou pâle de Coca), le Ch. Bonus- Henricus et le Ch. Botrys, • à feuilles et sommités amères, etc.
POLYGONÉES. — Dans la famille des Polyg^onées, se
trouvent plusieurs plantes médicinales d'une importance réelle. En première lig^ne, il faut mentionner les Rhubarbes, rapportées jadis à de nombreuses espèces de BJieum^ mais qui sont probablement fournies par une seule et même espèce, le Bheum officinale (Bâillon) ; Ja substance active, répandue dans la masse totale de Torg^ane (partie intermédiaire entre la tig^e et la racine) semble cependant exister en proportions plus considérables dans les parties jaunes qui représentent les rayons médullaires.
Dans la Bistorte [Polygonum Bùtorta), le rhizome, fort astringent, est la partie la plus usitée ; la racine est, au contraire, Torgane surtout utilisé dans la Patience {Bumex oitusifoUus) ; il en est de même pour rOseille [Bumex acetosa). Outre les feuilles de cette dernière plante, on utilise celles du Bumex scutatus, dont on retirait en Suisse le sel d'Oseille, de la Renouée [Pol. Aviculare), de la Persicaire {PoL Persicaria)^ du Poivre d'eau [PoL Hydropifer).
Laurinées. — Elles fournissent plusieurs produits, parmi lesquels je rappellerai :
Les Canelles de Ceylan {Cinnamomum Zeylanicum) et de Chine {C. aromaticum) ; le Gassia Lignea {C. Zeylanicvm var. Cassia) ; Técopce de Gulilawan [Cinnamo^ mum CuUlawan)^ la Cannelle g^iroflée [DicypelUum caryophyllatum). -
Toutes ces écorces doivent leurs propriétés stimulantes à un principe aromatique probablement combiné avec la matière colorante, qui se voit dans les cellules du parenchyme cortical.
Le Sassafras {Sassafras officmale), donne sa racine, dont on emploie tantôt Técorce isolée, tantôt le bois dépouillé de Técorce; parfois même on utilise la racine entière, et, de fait, son huile essentielle se rencontre dans le bois comme dans la zone corticale.
Le Camphre est fourni par le Camphora officinarum où dans tous les org^anes (feuilles, écorce et bois), se remarquent des cellules spéciales renfermant cette substance.
Les feuilles du Laurus nobilis sont usitées pour le produit de leurs nombreuses glandes ; sous le nom de « Fève Pichurin, » on emploie les cotylédons de divers Necta/ndra^ g^org^és d'huile essentielle.
MONIMIAGÉES. — Leur produit le plus important est le Boldo [Peumus Boldus) , récemment étudié par MM. Bourg^oin et Verne, qui en ont retiré le principe actif localisé dans des cellules analogues à celles des Laurinées.
En Australie et en Amérique on a préconisé contre le rhumatisme VŒtlierosperma moschatum^ dont Técorce contient un alcaloïde [Œlhérosperminé) (1).
(1) Leyer, in Amer, Journ., t. X, p. 166.
Santalagées. — Elles nous fournissent des Bois à principes aromatiques (Santal citrin, etc.), situés dans tous les éléments anatomiques du tissu ligneux. (Voy.
Myristicées. — Des huiles, Tune fine et Tautre essentielle, sont localisées, la première, dans l'amande ; la seconde dans le tég'ument de Ja g^raine connue sous le nom de « Noix muscade » [Myristica moschata), et dans les cellules du « Macis », ou arillode de la même graine. Au Brésil, Tamande de diverses espèces est vantée contre les morsures des serpents, et Técorce est employée comme astringente.
ThyméLéeS. — Certaines de leurs écorces possèdent un principe vésicant, surtout utilisé dans le Garou {Daplme Gnidium) et le Sain-Bois [D. Mezereum), auxquels M. Hetet propose de substituer la Trintanelle Malherbe [Daphie Tarto}M'aira). On utilise aux mêmes fins dans TAmérique du Nord le Dirca Palustris. Les feuilles, de Thymélée [Passerina Thymelœa), sont utilisées comme purgatifs en Espagne ; celles des Gnidia simplex et pini/blia passent au Gap pour vésicantes.
Baer et Gmelin ont retiré du Garou la Daphnine, matière neutre cristalline.
AristologhiéeS. — Les rhizomes des Aristoloches {Aristolochia rotunda^ longa^ Clematitis, Serpentaria) et du Cabaret {Asarumeuropceum)^ sont employés en raison de la matière oléo-résineuse que renferment les cellules de leur parenchyme cortical externe.
EuPHORBiAGÉES. — La présence fréquente d'un latex abondant dans la plupart de leurs partieS) la nature
Chatin. 11
huileuse de leur amande, renfermant souvent un principe drastique, permettent à la famille des Ëuphorbia-^ cées de nous fournir un grand nombre de produits utiles, entre lesquels on compte :
Fécules : Manioc [Manihot utilissima).
Matières grasses : Le suif du SUllingia sebifera ; les huiles à' ElcBOCoccus verrucosus, de Croton moluccanum^ de la noix de Bancoul [Aleurites trilola), etc.' . Huiles purgatives ou drastiques : Huile de Ricin {Ricinus cornnmnis). de Croton {Croton tiglium), d'Epurge {Euphoriia latliyris). de Curcas [Jati^opha Curcas),
Qomme-résine d'Euphorbe : Euphorbia resinifera.
Caoutchouc : Siphonia elastica^ S. brasiliensis.
Le « Kamala » est formé par les gîandes qui recouvrent le fruit du MalloPusphilippinensis. Le fruit du Mancenil- Jier des Antilles [Hipponiane Mancenillà) est d'une causticité légendaire ; celui du Sablier [Hura crepitans), renferme un principe acre, volatil, et les graines sont purgatives; les Myrobolans Emblics {Emblica officinalis) ont été des produits célèbres.
Les écorces de Cascarille [Croton Elutheria)^ de Copalchi [C.Pseudochina), de Malambo {CMalambo)^ renferment un principe amer et aromatique localisé dans leur parenchyme.
L'Arbre aveuglant [Exccecaria Agallocha)^ donne le bois d*Agalloche, à résine rubéfiante.
Parmi nos espèces indigènes, les Mercuriales et particulièrement le M. annua^ sont employées en raison de leur principe purgatif.
Le Buis, devenu le type des Bux^âcées, a des feuilles amères laxatives ; Técorce de ses racines est, dit-on, un succédané du Gayac t Faure et Gouerbe en ont retiré la buxine^ qu'ils regardent comme un alcaloïdCé
CÎKTÏCÉES. — Les Orties (Urtica v/rem^ dioïca^ etc.) ne servent guère que dans la médication externe, et en raison du suc caustique contenu dans leurs poils. Les parties herbacées de la Pariétaire renferment une forte proportion d'azotate de potasse.
Gannabinées. — Le Chanvre {Cannabis sativa) prend aux Indes des dimensions considérables et des propriétés spéciales dues au produit de nombreuses g*landes oléo-résinifères situées sur les inflorescences femelles. Cette résine forme la base du Haschisch et de quelques préparations analoo^'ues. M. Personne en a retiré une essence, le Cannabène.
Toutes les parties du Houblon. [Humulu$ Lupulus) sont employées comme dépuratives ; mais ce principe réside surtout à la surface des cônes, où il est produit dans des g'iandes fort bien étudiées par M. Personne, g^landes que j'ai mentionnées précédemment et qui, plus ou moins desséchées, forment la poudre connue sous le nom de «c Lupulin ».
Artogarpées. — Nouvel exemple à l'appui de ce que je disais plus haut touchant la a théorie des analog'ies », nous trouvons dans ce petit groupe l'Arbre à pain ou Rima [Artocarpus incisa), le Jacquier [Artoc. integrifdia) ^ l'Arbre à la Vache ou Galactodendron utile, tandis qu'auprès deux vient se placer VAntiaris toxicaria, auquel on rapporte le poison de flèches désig»né sous le nom d' Upas-Antiar. — Z' Artocarpus integrifolia donne du caoutchouc aux Antilles^ et au Mexique.
MoRÉfis, — Ce dernier produit est fourni plus abon-
damment par diverses Morées telles que les Ficus elasUca^ Radnla^ etc., Castilloa elastica. C'est à la même famille qu'appartient le Contra-Yerva [Dorstenia Oontrayervd) dont la racine est officinale, le Ficus Carica^ quinousdonnelesFiguesetenfinlesi^'. religiosa^ indica^ etc., sur lesquels la présence du Coccuslacca détermine la formation de la Laque (1).
Le fruit du Mûrier noir [Morus nigra) est acidulé, astring^ent, celui du Ficus Carica sucré et mucilag'ineux. Le latex de Técorce de ce dernier est acre et employé contre les verrues; celui des Ficus séptica et ioxicaria passe pour vénéneux.
Ulmagées. — L'écorce de VUlmus Campestris est amère, celle des U, fulva et amsdHcana est parfois employées comme mucilag'ineuse.
SaligINées. — L'écorce de Saule {Salix alba^ etc.), a été préconisée comme fébrifuge, en raison du principe amer qu'elle contient [Salicine)^ et qui n'a pas de siég^e déterminé. — Le Peuplier [Populus nigra) donne ses bourg'eons que rendent résineux et balsamiques les g*landes sigpnalées précédemment et étudiées par Hanstein.
Styraginées et platanées. — Les Liquidambars rappellent nos Platanes par leurs feuilles, leurs fruits et aussi par Texfoliation que subissent leurs tiges et leurs rameaux, exfoliation qui met à nu les parties profondes de Técorce dont on trouve tousleséléments anato-
(1) On sait que cette production de laque s'observe également sur diverses Euphorbiacées, Rhamnées, etc.
-.16» — mîques, cellules parenchymateuses et fibres libériennes, remplies d'une matière balsamique (1) qui est désig'née selon les espèces sous le nom de Styrax li^fuide [Liquidambar onentale) ou de Baume Liquidambar (Z. styraciflua).
JUGLANDÉES. — On emploie les feuilles de Noyer et le w Brou» ainsi que Thuile de la noix [Jnglans regia).
GUPULIFÈRES. — Le Quercus Rohur (var. Sessiliflcrra ùi pedunculata) donne à la matière médicale ses g»lands ou plutôt ses graines, car on emploie généralement ïa graine extraite du péricarpe; le principe astringent étant encore plus développé dans Técorce, on s'adresse également à celle-ci, et de préférence à celle des jeunes rameaux. Je rappelle que c'est également à ce groupe qu'appartient le Quercus infectoria sur lequel se forment, par la piqûre du Cynips Gallx tînctorice^les noix de Galle ou Galles de chêne.
MyrigéeS. — Leur produit le plus important est la Cire de Myrica recueillie à la surface des fruits [de divers Myrica et surtout des ifym^ cerifera^ cordifoHaei pensylvanica d'Amérique; elle existe en couche mince sur notre Myrica Craie et, appartient à cette forme des <c dépôts Cireux », que de Bary a récemment étudiés et qui se forment dans la substance même des couches cuticûlaires des cellules épidermiques.
PiPÉRiTÉES. — Entre autres substances médicamenteuses, les Pipéritées donnent plusieurs produits impor-
(1) Cette présence du baume dans les fibres et dans la généralité des tissus mériterait d'être observée de nouveau, car il semble établi que dans les jeunes rameaux, non encore exfoliés, cette substance est limitée à quelque? cellules du parenchyme cortical.
tants, désignés sous le nom de « poivres )>. Ce sont des fruits, tantôt isolés et cueillis mûrs ou presque mûrs, tantôt au contraire récoltés avant leur complet développement et portés encore sur un axe commun où ils sont entremêlés de bractées. Dans le premier g*roupe rentrent le Poivre noir {Piper nigrum), le Poivre blanc, qui n'est que le précédent décortiqué et le Poivre Cubèbe {Cubeba officinaUs)) dans le second, se trouve le Poivre \ou^ [Chavicaofjicinarum). Les cellules du péricarpe renferment de Fhuile essentielle, qui existe en petite quantité dans le tissu de l'albumen auprès des cristaux de Cu-^ bébine ou de Pipérine. Le Poivre de Roxburgh ou Poivre long» des Angolais est fourni par CliavicaBoxburgMi^ tandis qu'un autre Chavica [C, Betle) donne les feuilles qui servent à envelopper le mélange de noix d'Arec et de chaux usité aux îles de la Sonde sous le nom de Bétel. Chacun connaît aujourd'hui le Matico ou feuilles de ÏArtanthe elongata; J. Hodg'es y a trouvé une essence, laMaticiney et M. Marrotte, l'acide Artanthique*
La racine d'Ava-Kawa ou Poivre enivrant [Macro piper methysticum) contient une résine acre, la Karoine et la Méthysticine, sorte de pipérine.
Conifères. — Le vaste g^roupe des Conifères fournit à la matière médicale un grand nombre de produits dont l'orig^ine et le siég*e nous sont déjà connus, car ils se trouvent dans ces lacunes et ces canaux sécréteurs sur lesquels je crois avoir suffisamment insisté dans la première partie, et dont la distribution est variable : les Larix et les Pinus offrant de ces canaux dans le bois des faisceaux de la racine et de la tig^e et dans le parenchyme cortical de la tig'e; les Abies et les Cedrus ayant
un canal central dans la racine et des canaux dans le parenchyme cortical de latig^e, etc. (Voy. p. 80).
Parmi les produits naturels les plus importants, je citerai la Térébenthine de Venise {Larix enropcBa), la Térébenthine d'Alsace {Miespectinata), le Baume du Canada {Abies balsamea), la Térébenthine de Bordeaux {Pinus Pinaster, etc.)t le Galipot ^id.), la Poix de Bourg'og'ne (khies exlcesa), THuile de (]ade {Juniperus oxycedrm)^ la Sandaraque [CalUtris quadrivalvis), les Dammars (Div, Bammara), etc.
Je dois encore nommer les Pig^nons doux [Pinus Pinea)^ les Baies de Genièvre [Juniperus co^nmunis)^ les Noix de Cyprès [Cupressus semiJervirens), les rameaux et l'essence de Sabine [Juniperm Sabina).