‹ Du siége des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 29 sur 32 · MONOCOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

MONOCOTYLÉDONES

Orchidées. — Les tubercules de divers Orchis [0. morio^ mascula^ militarisa latifoUa etc.), donnent le Salep employé pour l'abondant mucilage dont j'ai in* diqué le mode de formation dans les cellules du tissu fondamental. Les fruits de la Vanille [Vanilla plani-- /bZm) sont recherchés pour leur principe aromatique (F(^nilline) localisé dans les cellules des assises internes. Les feuilles du Faham {AngrcBcmn fragrans) dont on a singulièrement exagéré la valeur thérapeutique ont égale* ment un arôme qui se retrouve, encore plus suave, dans les fleurs des Orchis niger^ suaveolens^ odoratissima, etc., tandis qu'une odeur de punaise s'exhale des fleurs de V Orchis coriophora.

Amomagées. — Elles donnent les fruits de Cardamome [Cardamomum longum^ rotundwii^ Malabaricum^ etc.),

dont le péricarpe ne semble pas renfermer d'huile essentielle, laquelle se trouve surtout dans les cellules tég*umentaires de la graine. C'est dans ces mêmes cellules que se rencontre le principe actif de la Maniguette (Amomitm Orana Paradisi). Les rhizomes employés sous le nom de Galang^a {Alpinia officmarum et Qalanga mcujor), G\T\gQmhve{Zingiber officinale)^ Curcurma [Curmima do7?iestîca), Zedoaire(C. Zedoaria) renferment une oléo-résine surtout abondante dans les éléments parenchymaleux de Técorce. Le fécule d'Arow-Root est extraite principalement du Maranta arundinacea.

Iridées. — hesvlnzomes (V\vh[lTis fiorentina^ I. pal- Uda^ etc.) sont recherchés pour Todeur de violette qu'ils exhalent, et qui paraît répandue dans toute leur masse. Dans le Safran [Crocus sativus), on se sert les stig*mates dans les cellules desquels le microscope décèle la présence de nombreuses g^outtelettes d'huile essentielle.

L.de Jussieu avait proposé, comme succédanéducafé, les g^raines à albumen corné, de l'Iris des marais.

LiLiACÉES ET ASPARAGINÉES. — On emploie les rhizomes et racines du Petit Houx [Ruscus aculealus)^ d' Aspergée [Asparagus officinalis), de Squine [Smilax China) ^ dans lesquels il est difficile de préciser le siég'e des substances actives; cependant les cellules du parenchyme cortical de ce dernier renferment ça et là des g'outtèlettes d'une matière résinoïde et roug^eâtre, dont la nature ne semble pas encore avoir été déterminée complètement. La localisation histolog*ique de la substance active n'est g'uère mieux connue dans les importantes racines de Salsepareille [Smilax medica^ elc.)(l).

(1) Voy. Deuxième partie, -Racines, p. 93.

Quant auxaloès que fournissent plusieurs espèces du genre Aloe^ j'ai indiqué précédemment, d'après les recherches de M. Bâillon, dans quels éléments se rencontrent ces produits. Le bulbe dç Scille [Scilla inari-- Uma)^ est employé comme diurétique, et aussi comme rubéfiant, en raison de la matière propre qui se trouve contenue dans certaines cellules de son parenchyme^

COLGHIGAGÉES, — Ces plantes sont généralement trèsâcres et cette propriété se retrouve généralement, bien qu'à des degrés divers, dans leurs différentes parties. Ainsi, le Colchicum autumnale fournit ses fleurs, ses graines et surtout ses tubercules. La Colchicine semble plus abondante et plus constante dans les graines que dans les autres parties. Des Veratrum (V. Album et viride) dont la racine (rhizome et radicules latérales) a pris une place importante dans la thérapeutique moderne, on a extrait un alcaloïde {Vératrine), qui ne semble pas en être le seul principe actif, puisque, d'après M. Oulmont, la racine épuisée de Vératrine se comporte à peu près comme si elle était intacte.

Dans la Cévadille [Veratrum officinale) la substance active réside dans la graine; le péricarpe n'en renferme pas.

Palmiers. — Les Palmiers sont, en général, des végétaux plus importants pour Téconomie domestique ou industrielle que pour la matière médicale. A ce dernier point de vue^ il fautjcependant citer le Dattier [Phœnix Dactylifera)^ qui nous donne ses fruits; ceux à^VAreca Catechu sont employés sous le nom de «Noix d'Arec», et leur matière colorante semble résider dans le tégument séminal interne. De ces mêmes organes, on extrait un

Cachou assez rare en Europe. On connaît les usages multiples du Cocotier {;Coccos ^mcifera). De la semence de XElcBis guineensis on extrait une Huile de Palme assez analog'ue à Thuile de coco. Quant aux cires de Geroxylon et de Carnauba, fournies par le Ceroxylon andicola et le Coperniçea ceriferaj elles doivent être rapg^ées au nombre des exsudations dont M. deBary a expliqué la formation et la localisation. Parmi les autres produits des Palmiers, je citerai le Sang-Dragon donné par le CalamusDraco^ et peut-être par quelques autres espèces du même genre; Torigine de cette matière doit être cherchée dans une exsudation résineuse qui se voit à la surface du péricarpe, et que Ton retrouve dans rintérîeur du fruit.

Graminées. — Dans cette famille, aussi importante que la précédente, je mentionnerai : le Cynodon Dacty- Ion et le Triticumrepens^ qui nous donnent les rhizomes de Chiendent; VArundo DonaXy dont on emploie la même partie sous le nom de Canne de Provence, le Vétiver [Andropogon muricatus), où le principe aromatique est localisé dans le parenchyme cortical ; la Canne à sucre, dont la partie supérieure est fort peu riche en substance sucrée, tandis que celle-ci paraît résider surtout dans les portions moyenne et inférieure du chaume; le Sorgho [Sorghumsaccharatum)^ dont le sucre est malheureusement d'une, extraction assez difficile; enfin, les nombreuses céréales qui nous fournissent les diverses fécules, localisées dans les cellules de leur al^ bumen (Blé, Orge, Riz, Maïs, Avoine, etc.), et renferment également une matière azotée, le gluten, qui leur permet d'entrer utilement, et pour une part considérable, dansTalimentation.

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CtpÉRACées. — L'ancienne thérapeutique leur demandait les rhizomes connus sous les noms de Souchet long» [Cy férus longus) et de Souchet rond (C. rotoMm). Quant au Carex arenaria ou Salsepareille d'AUemag'ne, Tanatomie de son rhizome permet de supposer que le principe acre est localisé sous forme d'oléo-résine dans les cellules de la région interne.

ÂROïDÉES. — On désigne , par le nom d'Acore vrai, le rhizome odorant du Ccdamus aromaticiis^ dont le tissu fondamenlal renferme de nombreuses cellules à oléo-résine, principalement dans la portion externe. Les tubercules ou rhizomes tubériformes de VArum maculatum étaient autrefois assez usités en raison de leur âcreté. Cette propriété se retrouve à un haut degré dans les Aroïdées toxiques {DiefenbacMa^ Dracontium^ etc.), et Ton sait d'ailleurs que VArum maculatum a parfois déterminé des accidents très-graves. La substance active de ces plantes paraît assez voisine de celle des Aco^ nits (1).

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