A. — CELLULES RENFERMANT DES MATIÈRES MUCILAGINBUSES OU GOMMBUSES
En étudiant, au début de cette première partie, les gommes et mucilages dus à des parois cellulaires transformées, j'insistais sur le danger qu'il y avait à suivre les anatomistes allemands dans la voie où les ont fait entrer les recherches de Mohl et je rappelais que certaines matières gommeuses ou mucilagineuses peuvent prendre naissance dans l'intérieur de cellules dont les
(1) G. Planchon. Loc. cit.^ p. 408.
parois ne subissent aucune modification particulière ; ce sont ces produits qui doivent actuellement m'occuper.
Avant d'entrer dans la description de ceux d*entre eux qui intéressent la matière médicale, je crois devoir rappeler en quelques mots et Phistoire des progrès de la science sur ce point et les caractères g-énéraux de ces diverses formations.
En 1855, peu avant le mémoire célèbre de Mohl, fut publié un travail dû à Cramer et dans lequel la g'omme du Cerisier était rapportée à une véritable sécrétion (1); malheureusement Cramer avait cru devoir en rapprocher Tadrag'ante, et Mohl venant presque aussitôt (1857) établir Torig-ine pariétale de celle-ci, on ne tarda pas à confondre dans un même oubli les divers résultats obtenus par Cramer qui d'ailleurs s'était borné à les énoncer, sans les discuter sérieusement.
L'opinion générale s'accordait ainsi à rapporter les diverses g'ommes à une seule et même cause, lorsque parut, en 1862, un mémoire de M. Trécul (2) montrant que ces produits pouvaient se former d'une manière toute ûifférente et apparaître à la suite d'une série de phénomènes comparables à ceux que nous étudierons lorsqu'il s'ag*ira de déterminer le siège des huiles essentielles ; il y a effectivement là « formation de cellules spéciales, sécrétion de plasma g-ommeux qui vit et vég'ète à la manière du plasma des cellules ordinaires, et ensuite liquéfaction de ces cellules. Le mucilag^e remplit alors une cavité provenant de la destruction des cellules gommeuses initiales. » (Trécul).
Cramer, in NœgeWs und Crameras Pflanzeinphysiologische Vntersu-' chungen, 1855, p. 8.
(2) Trécul in VInstitut, 1862, p. 314 et suiv.
Ces faits s'observent ég*alement bien dans des Malvacées, des Sterculiacées, des Cactées, des Orchidées, etc. Chez ces diverses plantes on voit les utricules gommeuses apparaître dans les parties les plus jeunes en voie d'accroissement et continuer à s'élarg^ir et à s'allonger, ce qui montre bien qu'il y a là, non pasdé-sorganisation des membranes cellulaires, mais véritable manifestation vitale.
« Dans un âge plus avancé, les cellules mucilagineuses, souvent superposées en nombre variable, donnent lieu, par leur ramollissement, par leur liquéfaction, à des lacunes pleines de g*omme » (1). Il se forme donc là, par une véritable fonte cellulaire, des canaux comparables à ceux qup nous aurons à étudier dans le Scfdnm molle.
Avec la bonne foi qu'ils apportent dans leurs rela?tions scientifiques, les auteurs allemands se g^ardèreot bien de mentionner les travaux de M. Trécul, qui diminuaient singulièrement l'importance des conclusions deMohl, et les travaux postérieurs (Wig»and,etc.) furent encore consacrés à donner à celles-ci une extension funeste pour la science. Plus i*écemmeot M. Prillieux a repris complètement 1 étude de cette question en la limitant " aux Rosacées qui nous intéressent particulièrement (2).
Gomme des Rosacées .
Lespharmacologistes décrivent sous le nom de a g*ummi nostras » des produits recueillis sur les Cerisiers ou
(1) Trécul. Comptes rendus, t. LXXXI, 1875, p. 504l 2) Prillieux. Etude sur la formation de la gomme dans les arbres fruitiers [Annales des sciences naturelles^ 5® série, t. I, p. 189-190.
les Pruniers et qui se forment de la manière suivante.
La paroi de la cellule (1) ne présente aucune trace d'altération, tandis qu'on voit au contraire les grains de fécule disparaître et de petites masses de g^omme se montrer à leur place. Cette résorption de la fécule correspondant constamment à l'apparition et au développement de la matière gommeuse, on s'explique comment certains auteurs avaient pu admettre que les deux phénomènes dépendissent l'un de l'autre ; mais pour M. Prillieux, cette interprétation ne serait pas complètement exacte, car si les grains se résorbent et fournissent les éléments nécessaires à la production de la gomme, jamais ils ne se transforment directement en un globule gH>mmeux correspondant.
Ce produit des Rosacées est très -différent de la gomme adragante et par son aspect, et par sa structure, car il est amorphe et n'offre aucune trace d'organisation, tandis queTadragante est formée de cellules à parois épaisses et contenant souvent des grains d'amidon. Enfin la gomme des Cerisiers, etc., ne présente aucun des caractères de la cellulose dont les réactifs (chloro-iodure de zinc, etc.) sont sans action sur elle.
M. Prillieux a signalé la formation de cette gomme, non-seulement dans les cellules du parenchyme mais encore dans les fibres, les vaisseaux et dans des lacunes. J'aurai bientôt l'occasion d'y revenir lorsqu'il s'agira de déterminer quelles substances actives peuvent être localisées dans ces diverses formes histologiques.
(1) Ces phénomènes s'observent surtout dans les cellules des rayons démullaires.
Cellules à mucilage des Cannelles.
Au nombre des éléments qui sont étudiés ici, il convient de mentionner immédiatement les cellules mucilagineuses des Cannelles. Ces écorces, si anciennement célèbres dans la matière médicale, présentent en effet au-dessous de leur enveloppe subéreuse, une série d'assises parenchymateuses parmi lesquelles se disting'ue surtout une couche contig^uë aux faisceaux libériens et formée essentiellement par des cellules qui se remplissent d'une matière g^ommeuse due à un phénomène aualogpue à celui que je viens de décrire dans les types précédents.
Cette disposition se remarque dQ.ns la Cannelle de Ceyian, la Cannelle de Chine, TécorcedeCulilawan, la Cannelle giroflée, etc.(l).
B. — Cellules contenant des matières amylacées.
En raison de la facilité avec laquelle les matières amylacées prennent naissance dans Torg^anisme vég^étal, on peut s'attendre à les rencontrer, pour ainsi dire, dans tous les org^anes de la plante, et l'observation justifie cette prévision ; toutefois, c'est seulement dans les cellules qu'elles s'accumulent en quantité suffisante pour pouvoir être utilisées aux besoins de la thérapeutique, et c'est naturellement aussi dans ces org^anes que nous aurons à examiner succinctement chacune des principales d'entre elles.
1) G. Planchon. Loc, cit., t. II, p. 54 et suiv., fig. 284, 285, 286.
Amidon des Céréales. — Les diverses sortes d'amidon que nous fournissent les Graminées et particulièrement le Blé, rOrg^e, le Seig*le, le Maïs, le Riz, TAvoine, etc.,se trouvent dans les cellules de Talbumen, cellules à forme arrondie ou plus souvent polyédrique, à membrane limitante g^énéralement résistante et élastique, et à protoplasma réduit bientôt à des plaques minces et finement g*ranuleuses.
Ces amidons sont essentiellement constitués par des g*rains qui apparaissent de bonne heure dans le protoplasma, s'y accroissent par intussusception et cessent de se développer lorsque parvenus dans le suc cellulaire, ils se trouvent privés du contact du protoplasma (1). Ces g'rains d'amidon peuvent se dissoudre dans la cellule et être ainsi transportés dans des éléments plus ou moins éloig*nés de celui où on les observait tout d'abord (2).
Je ne puis entrer ici dans les détails relatifs à la structure de ces g^rains, cependant je crois devoir rappeler un caractère qui peut souvent servir à les distinguer dans les éléments qui les renferment, je veux parler de leur forme, forme qui varie avec les plantes cliez lesquelles on les étudie; ainsi, les amidons de Blé, d'Org'e, de Seig'le, sont composés de grains discoïdes ou lenticulaires; ceux-ci sont polyédriques dans le Maïs et l'Avoine; les dimensions, la forme du hile, etc., permettent d'y reconnaître des caractères également précieux
(1) Nœgeli, Bie Stârkekornér, PfLanzenphysioL Untersuch. Helft II. — Id., in Sitzungsb., 1868, etc.
(2) Sachs. Physiologie végétale, Paris, 1868, et Traité de botanique, Trad, Van Tieghem, Paris, 1873.
Chatin. 2
pour déjouer les falsifications dont ces produits sont trop souvent l'objet (1).
Sagou. — '- Le Sag^ou est une matière amylacée renfermée dans les cellules du tissu fondamental qui se rencontre principalement dans la partie centrale de la tige d'un certain nombre de Palmiers {Metroxylon lœve^ Meiroxylon Rumphii^ Raphia ruffia^ etc. (2)
Arrow-root.'^ C'est également dans les cellules de diverses Scitaminées que se trouvent les matières amylacées connues sous le nom à'Arrow-root^ et provenant de Maranta (M. arundinacea)^ Curcuma (C. leucorrhiza C, angustifolia)^ Tacca^ etc. L'arrow-root est formé de g'rains arrondis et terminés par une pointe obtuse sur laquelle on voit le hile.
Manioc. -^ Auprès des arrow-root se place le manioc, matière amylacée localisée dans de semblables éléments et fournie par le Manihot utilissima de la famille des Euphorbiacées. Les grains, généralement séparés, ont une forme qui montre qu'ils ont été primitivement groupés deux ou quatre ensemble. Leur hile est pu nctiforme.
Fécule de pomme de terre. — Elle compte au premier rang des matières amylacées usitées en thérapeutique et se trouve surtout dans les cellules des tubercules où elle se présente sous Taspect de grains ovales, à hile punctiforme et ou couches concentriques bien distinctes»
(1) Moitessier. De V emploi de la lumière polarisée dans V examen microscopique des farines, 1866 et Annales d'hygiène, 1868, 2° série, T. XXIX, p. 382.
- G. Planchon et Guibourt. Histoire naturelle des Drogues simples, 7« éd., 1876, t. II, p. 120 et suiv. —G. Planchon. JLoc. cit., t. H, p. 101 etsuiv. — Chevallier e* Baudrimont, Dictionnaire des falsifications.
(2) G. Planchon. Loc. cit. t. II, p. 104.
Fécules de Légumineuses. — Un certain nombre de plantes de cette famille nous fournissent des matières analog^ues renfermées principalement dans les cellules du parenchyme réticulé de leurs graines (1), lequel est formé de cellules à contours polyédriques, à parois g^énéralement assez épaisses et à contenu riche en grains amylacés, entremêlés de nombreux globules d'aleurone. Les plus usitées de ces fécules sont fournies par les Pois, les Vesces, les Lupins, les Haricots et les Fèves.
Inuline. — A la suite des cellules qui contiennent les fécules et les amidons, viennent naturellement se placer celles qui renferment l'inuline, substance qui répond à la formule générale de ces corps mais en diffère assez notablement au point de vue de son siège. En effet, les principes qui viennent d'être indiqués se trouvent à Tétat solide dans l'intérieur de la cellule ; ils y apparaissent de bonne heure sous forme de grains nettement définis et, tant qu'ils s'accroîtront, ils conserveront cet état. Il en est tout autrement de l'inuline qui, dans la cellule vivante, observée à l'état normal, n'existe que dissoute dans le liquide formé par différenciation des parties aqueuses du protopJasma, c'est-à-dire dans le suc cellulaire (2).
LMnuline se rencontre dans la plupart des Composées, et probablement dans un grand nombre d'autres plantes, car si l'on peut élever quelques doutes sur sa présence dans les Aurantiacées, du paoins est-il établi qu'elle
(1) Sachs. Trad. Van Tieghem, p. 71.
(2) Sachs in Botanische Zeitung, 1834, p. 77. — Prantl, Dos Inulin. Mûncher, 1870. — Dragendorff, Materiales zu einer Monographie dos Inulin, Petersburg, 1870.
existe chez le Golchîque (1), dans certaines Algpues (2), etc.
Dans toutes ces plantes, le mode d'extraction sera le même et reposera . sur la considération du siégpe de cette matière amyloïde; c'est par expression ou décoction du suc cellulaire qu'on obtiendra Tinuline, laquelle ne tardera pas à se séparer de ce dernier sous la forme d'un précipité granuleux, dans lequel une nouvelle dissolution fera apparaître les sphéro-cristaux caractéristiques.
On pourra d'ailleurs reconnaître aisément, et pour ainsi dire in situ^ l'existence de cette matière, il suffira pour cela de traiter par l'alcool des coupes suffisamment minces du tissu parenchymateux dans les éléments duquel l'inuline se montrera bientôt avec sa forme ca- Iractéristique. Ce procédé mérite d'être pris en sérieuse considération , puisqu'il permettra de caractériser aisément les plantes que l'on sait renfermer de l'inuline et de reconnaître, par exemple, les racines de Composées, dont un certain nombre comptent dans la matière médicale.
G* Cellules contenant des matières sucrées.
Les matières sucrées se formant aussi bien dans l'un que dans Taulre règ^ne org*anique(3j,on doit s'attendre à les trouver très-répandues dans les plantes; aussi, différents auteurs les ont-ils depuis long'temps signalées
(1) Wurtz. Traité de chimie médicale, t. II, p. 503.
(2) Sachs. Trad. Van Tieghem, p. 86.
(3) Claude Bernard. Des phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux [Revue scientifique^ 14 novembre 1874). — De Vemploi des moyennes en physiologie générale, à propos de Vinfiuence de VeffeuiU lage des betteraves sur la production de la matière sucrée (Comptes rendus, t. LXXI et suiv.) etc.
dans les divers éléments anatomîques de celle-ci, mais c'est uniquement dans les cellules que s'amassent les sucres que la thérapeutique ou l'économie domestique empruntent aux vég^étaux. Qu'on les demande aux types les plus inférieurs de la série, à ces Algues, par exemple, à ces Laminaires, dont les insulaires de l'île Molène se servent pour édulcorer leurs boissons médicamenteuses, ou qu'on les tire des vég-étaux supérieurs, tels que la Canne à sucre, la Betterave ou le Frêne, l'Érable, etc., toujours les éléments cellulaires en renfermeront seuls en quantité suffisante pour nos besoins.
Point n'est utile d'entrer ici dans le détail des différents types que la chimie moderne a justement établis parmi ces matières (1) ; le sucre de canné et là mannite doivent seuls d'ailleurs être mentionnés, la thérapeutique n'employant généralement pas à l'état isolé le glucose, le lévulose et les autres espèces analogues.
T^e Sucre de Canne est contenu dans un grand nombre de végétaux parmi lesquels je citerai la Canne à sucre^ la Betterave^ V Erable , la Carotte^ les Oignons^ etc.; mais les deux premières de ces plantes sont ordinairement les seules dont on le retire industriellement.
La Canne à sucre {Saccharum officinarum^ est une Graminée dont le chaume plein renferme un suc sucré contenu principalement dans les éléments du tissu fondamental, et se montre surtout abondant vers la partie inférieure de cette tige.
Chez la Betterave [Beta vulgaris)^\a matière sucrée réside dans la grosse tubérosité inférieure qui se trouve plus ou moins enfoncée dans la terre, et comprend deux
(1) (Voyez Wurtz, Chimie médicale^ U II. — Beràielot, Chimie organique, etc.
parties d'orig'ineet d'importance très-différentes, comme nous le savons depuis les travaux de M. Decaisne : la partie supérieure, gpénéralement épigée, doit être rapportée à la tige, et ne contient génère que des matières azotées ou cristallines; la partie inférieure, au contraire, véritable pivot de la racine, renferme une grande quantité de matière sucrée; aussi la culture s'est-elle appliquée à exag*érer le plus possible le développement de cette dernière partie qui forme presque seule la souche de la « Betterave de Silésie » et des variétés analôg'ues.
Lsifnannite que Ton rapproche aujourd'hui des sucres, car si elle ne fermente pas directement au contact de la levure de bière, elle don ne de l'alcool, de l'acide carbonique plus de l'hydrog*ènelorsqu'on la met en présence d'un ferment approprié et du carbonate de chaux, la mannite forme la partie active des « mannes » qui sont d'autant plus estimées qu'elles contiennent plus de ce principe.
Dans la nature, on n'obtient que de faibles quantités de coproduit s'écoulant des blessures faites par un insecte hémiptère [Cicada Omï) à un arbre de la famille des Jasminées {Fraxinus Omus L.yqv. rotundifolia) ; mais les diverses sortes de manne qui nous parviennent de Sicile, etc., sont obtenues au moyen d'incisions artificielles et probablement formées dans le tissu cortical, bien que, dans l'état actuel de nos connaissances, la question ne paraisse pas encore complètement élucidée.
La mannite se retrouve d'ailleurs dans plusieurs autres véffétaux, tels que l'Asperge, le Céleri, un g»rand nombre de Champig'nons et d'Alg^ues (1).
(1) Wurtz. Loè. cit.
Berthelot. Loc, cit.
Riche. Manuel de chimie médicale et pharmaceutique, 2®, id., Paris, 1873, p. 606.
D. Cellules contenant dis huiles essentielles,
DES OLÉORÉSINES, ETC.
Ces éléments constituent la majeure partie des (c org*anes g'iandulaires » des vég'étaux, mais doivent être distingués soig'neusement de certaines formations qui, paraissant en être très-voisines au point de vue des produits qu'on y rencontre, en diffèrent toutefois notablement sous le rapport de leur orig*ine. Dans ces dernières, dans la plupart des « canaux sécréteurs, » par exemple, le réservoir qui renferme la substajîce active est de nature purement lacunaire ; il a débuté sous la forme d'un petit méat dû à Técartement de cellules jusque-là continues, puis cet espace s'est étendu et peu à peu a revêtu Taspéct d'une lacune plus ou moins vasculariforme : que les cellules ambiantes produisent des substances spéciales, celles-ci s'accumuleront dans le canal voisin, simple méat agrandi, qu'elles n'auront nullement contribué à former au moins d'une manière directe.
Pour les productions que je vais décrire^ l'orig^ine et le fonctionnement sont tout différents : les substances actives se forment encore dans des cellules spéciales mais elles y demeurent constamment, et c'est seulemeht par la disparition des parois de celles-ci qu'elles peuvent être mises en liberté ; souvent elles se rassembleront dans des réservoirs plus ou moins étendus, mais dont la formation ne saurait être rapprochée de celle des canaux sécréteurs indiqués précédemment ; ces réservoirs, en effet, ne seront pas dus à un simple écartement, à une dislocation du tissu ambiant, ils seront
produits par résorption successive des cellules de la g^Iande dont I9 fonctionnement peut se résumer en deux périodes : 1^ formation de la substance active à l'intérieur de la cellule ; 2° mise en liberté de ce produit. L'activité propre de ces cellules demeure charg^ée du premier de ces phénomènes; c'est par résorption de leurs parois qu'est assuré le second.
Cette distinction établie, passons à l'étude des cellules à produits essentiels. Ces cellules peuvent demeurer isolées ou bien, au contraire, être réunies en nombre plus ou moins considérable, de là des g'iandesunicellulaires et pluricellulaires, distinction plus importante au point de vue anatomique qu'au point de vue médical, puisque cortetînes plantes {Labiées^ etc.) nous offriront, sur le même individu, des g^iandes unicellulaires et d'au-» très multicellulaires dont le produit sera identique. Une nouvelle division peut être établie parmi les g'iandes qui seront dites intérieures ou extérieures selon qu'elles seront comprises dans la masse des tissus de la plante ou qu'elles seront situées à l'extérieur de celle-ci et en connexion étroite avec certaines productions épidermiques telles que les poils. Cette division a l'avantage de correspondre plus exactement à certaines de nos familles médicinales, aussi crois-je devoir l'adopter ici tout en la combinant avec la précédente ; les glandes se trouveront dès lors réparties de la manière suivante :
extérieures
Glandes \ intérieures
unicellulaires
plurîcellulaires à poil.
unicellulaires
pluricellulaires
Labiées,
Solanée?, Monotropées,
Rhinanthacées.
hasilaire,.. Labiées...
Ulmacées.
terminal.,, Urticées.
Valérianées.
Laurinées. »
Monimiacées,
Aurantiacées.
Rutacées.
Myrtacées,
Hypéricinées, etc.