MUCILAGE DE LIN
Le Lin (Linum usitatissimum) a des graines aisément reconnaissables à leur forme elliptique et à leur couleur brunâtre. Au-dessous des téguments se trouve un albumen huileux rudimentaire, un embryon épais à cotylédons également huileux. 11 sufBt de mettre une de ces semences dans l'eau et surtout dans l'eau chaude, pour la voir recouverte immédiatement d'un épais mucilage. L'étude anatomique de la graine permet d'expliquer facilement ce phénomène.
Les téguments se composent essentiellement d'une assise externe formée d'éléments cubiques et générale-
(1) Mulder. Jahrh. fur Prakt. Chem., t. XVI, p. 244 et t. XXXVII, p. 334.
Schmidt. Ann, der Chem. und Pharm,^ t. LI, p. 29. Giraud. jLoc. cît,, p. 68.
ment assez volumineux ; puis vient une zone formée de 2 ou 3 assises de cellules au-dessous desquelles se trouve l'albumen. Or, c'est uniquement dans les cellules cubiques de la couche externe que semble se localiser la production mueilagpineuse ; les détails donnés précédemment au sujet des gpommes me permettront d*indiquer brièvement le mécanisme de celte formation. Les éléments épaississent de bonne heure leur paroi, et tandis que la zone externe ï'estant mince et élastique, revêt tous les caractères de la cuticule, les épaississements internes se transforment en mucilage, et attirant l'eau ambiante, exercent une pression de plus en plus considérable sur la cuticule qu'ils peuvent même faire éclater si l'humidité est suffisante ; or, en plongeant la graine de Lin dans une certaine quantité d'eau, l'observateur la place dans les conditions les plus favorables à Taccomplissement de ce phénomène, et ainsi s'explique l'apparition du mucilage sous forme de gelée claire venant recouvrir la surface ordinairement brillante de la graine (1). Celle-ci peut donner ainsi, par macération, 15/100 de matière mucilagineuse.
MUCn.A.GB DB COING.
Les Coings ou fruits du Cydonia vulgaris renferment dans leurs loges carpellaires des graines assez étroitement rapprochées et placées perpendiculairement à Taxe du fruit ; ce sont ces semences qu'on emploie en médecine ôous le nom de « Pépins de coing. » Ils sont généralement réunis plusieurs ensemble par une ma-
(1) Frank in Jdhrh. fur wisa. Botanik, V, 1866. G. Planchon. Loc, cit., t. I, p. 380.
tière mucilagineuse qui les ag*g»Iutîne, et dont l'examen anatomique va nous montrer le sié^e et la formation. Les tég^uments de la graine sont formés extérieurement par une assise de cellules diaphanes recouvrant une série de couches formées, les premières, d'éléments à contenu variable, les plus internes de cellules à contenu oléag»ineux. Ici encore, comme dans le Lin, Tassise la plus externe seule prendra part à la formation du mucilag*e et toujours par un phénomène de même ordre: les parois extérieures et unç forte partie des parois latérales se gpélifieront et se transformeront en un mucilag^e dont les caractères seront entièrement semblables à ceux des matières cellulosiques (1), tandis que ceux-ci sont souvent masqués en partie dans le mucilage du Lin sur lequel Tiode ou le chlorure de zinc iodé ne produisent aucune coloration (2)
MUCILAGE DE PSYLLIUM.
Les semences du Plantago Psyllrum sont utilisées en raison de l'abondant mucilag*e qu'elles renferment, et dont la formation, tout en se rapprochant des phénomènes que nous a révélés l'étude des plantes précédentes, en diffère cependant d'une manière assez importante, comme on va le voir.
L'étude microscopique de la g^raine montre celle-ci composée : 1° d'une double couche tég^umenlaire formée d'une assise externe à cellules très-minces, et d'uuQ couche intérieure de cellules dures et colorées en brun ; 2® d'un albumen dontles cellules ont des parois épaisses
(1) G. PlanchoD. Loc, dt, p. 397.
(2) Giraud. Loc, cité, p. 58.
et poreuses; 3^ de l'embryon dont le tissu est formé de cellules polyédriques et à contenu oléag^ineux.
Or, à l'exception de l'embryon, toutes les parties de cette g'raine subiront la transformation muciiagineuse; les parois des cellules de l'albumen comme les parois des cellules tégpumentaires se g^élifieront également, et ainsi s'explique Tabondante production de mucilage à laquelle le Psyllium doit ses applications thérapeutiques (1).
Cellules contenant des substances actives dans leur intérieur.
Ainsi que nous venons de le voir, ce n'est que dans un petit nombre de cas que des substances actives se forment aux dépens de la membrane cellulaire modifiée; dans l'immense majorité des types, elles se trouvent contenues dans l'intérieur même des cellules. Celle seule indication fait pressentir la variété des principes dont j'aurai à indiquer la localisation histologique dans la présente partie de mon travail.