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branes les mêmes distinctions à faire que sur le système dermoïde. En effet, si nne irritation modérée , mais plus ou moins étendue , plus ou moins permanente ou répétée , vient agir sur la membrane alimentaire et les organes de la digestion , cette irritation produit, suivant les différentes dispositions des sujets , tantôt une sur-excitation dans le système biliaire , tantôt un surcroît d'action dans le système folliculaire , lacté ou chylifère , etc. ; et ces mouvemens, loin de se concentrer comme ceux d'une inflammation , gagnent de proche en proche , ébranlent tout le système absorbant et cellulaire abdominal , et finissent par envahir toute l'économie animale; d'où il résulte^ tantôt des fièvres bilieuses , tantôt des fièvres muqueuses , tantôt le mélange des mouvemens propres à chacune de ces fièvres. Que si , au contraire , l'irritation a été plus vive et s'est bornée à certains points particuliers des organes digestifs , vous voyez survenir tantôt une douleur vive de l'estomac et le vomissement des boissons ^ si la cause agit de préférence sur cette partie; tantôt une douleur aiguë dans le côté droit , et tous les signes de Fhépatite; tantôt de violentes tranchées et une diarrhée ; tantôt des épreintes , le ténesme^ des déjections mucoso-sanguines, selon l'organe ou la portion du tube intestinal qui re-
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çoil rimpressioii de la cause irritante , ou qui , se trouvant déjà dans un état quelconque de sur-excitalion , en éprouve les atteintes les plus vives. Mais rien ici ne ressemble à ces mouveinens plus ou moins modérés , mais expansifset tendant à devenir généraux , presque toujours exempts de douleurs locales , n'en présentant du moins jamais d'intenses , que les médecins désignent sous le nom dejièi>res. Voudrait-oa inférer de ce qui précède que les fièvres ne sont que le commencement , le premier degré des phîegmasies; que la fièvre bilieuse, par exemple, est un commencement de gastrite ? Mais pourquoi , dans ces cas , ce grand développement de phénomènes généraux, tandis que, lors même que la gastrite est intense et doit être mortelle, on la voit marcher quelque temps sans phénomènes fébriles bien appareos ? Pourquoi, dans le premier cas , voit-on un pouls fort et plein , tandis que le second présente un pouls petit , serré , concentré ? Pourquoi , dans la fièvre bilieuse , les malades peuvent-ils étancher leur soif par des boissons copieuses que l'estomac reçoit sans en être offensé, tandis que, dans la gastrite, la moindre quantité de liquide pèse et se trouve bientôt rejetée par le vomissement ? Pourquoi , dans la première de ces affections , voit - on l'abondante sécrétion de bile qu'on
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ne remarque pas dans la seconde? Enfin , pour-* quoi, dans l'une, les médecins de tous les siècles se sont-ils bien trouvés de l'administration des vomitifs, tandis que ce remède, comme tout autre moyen irritant, serait suivi, dans l'autre, des résultats les plus funestes? Voudrait-on dire, au contraire , que les fièvres sont le plus haut degré d'intensité des phlegmasles muqueuses? Mais cette opinion n'est pas soulenable quand on voit ces fièvres s'emparer presque toujours brusquement d'un individu el le faire passer en vingt-quatre ou quarante-huit heures de la santé à la maladie. Et lors-même que certains prodromes annoncent de certaines fièvres à l'avance , peut-on reconnaître dans ces signes avant-coureure les véritables caractères et la marche d'une phlegmasie qui va bientôt se trouver au plus haut degré d'intensité ? Non , certes ; car , non-seulement les signes de l'un et l'autre état difFèrent par la violence, mais encore le plus souvent ils ne se ressemblent en aucune façon. Enfin, lors même qu'on y remarquerait quelques apparences semblables, on n'en pourrait rien conclure , puisque ce que nous venons dédire pour combattre la première supposition s'applique à plus forte raison à la seconde. Dans toute fièvre, il existe donc une affection spécifique des réseaux absorbans cutanés cellu-
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laires et muqueux , qui constitue par elle-même tout le caractère de la maladie, renferme la raison de tous les phénomènes locaux et généraux, et peut s'établir indépendamment de toute phlegmasie de ces organes ou de tout autre. Dans ce nouvel état d'excitation , ces trois importantes parties de l'économie animale sont , comme dans l'état physiologique, dans un balancement continuel d'action et de réaction réciproque, et conservent leurs rapports sympathiques avec les différons foyers de la vie. On peut dire que l'effervescence fébrile est une sorte d'orgasme général des vaisseaux absorbansou de quelques divisions de ce système vasculaire , pendant lequel on voit ces vaisseaux pomper avidement les liquides sur certaines parties , et les sécréter ou les exhaler précipitamment sur d'autres. Aussi l'on a toujours observé , dans les fièvres , des humeurs exubérantes dont l'existence ou la formation trop abondante appartient aux mouvemens fébriles : telle est l'humeur purulente , telles sont les humeurs bilieuses et mucoso-lymphatiques, et telles sont encore ces humeurs si étrangement dépravées qui se produisent pendant le cours des fièvres adynamiques et biliosoadynamiques. L'état particulier d'excitation dans lequel se trouvent les organes pendant la durée de la fièvre a cela de remarquable que ; poussé
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au point de déterminer nne augmentation et une modification dans les humeurs , il n'est pas assez intense, dans les cas les plus ordinaires, pour concentrer la sensibilité sur un seul point, en quelque sorte , aux dépens de tous les autres , et qu'il montre , au contraire , un degré de modération qui favorise les mouvemens précipités des solides , et la rapide circulation des nouvelles humeurs qui s'engendrent , loin de les accumuler comme les inflammations, et de les forcer à dégénérer sur place , en détruisant les rapports de cohésion des parties solides qui s'en trouvent gorgées accidentellement. Aussi les fièvres simples laissent rarement des lésions qu'on puisse apercevoir après la mort ; parce que, nous ne saurions trop le redire, lesaltéralions vitales qu'elles produisent sont moins intenses^ moins profondes , moins fixes que celles qui résultent des inflammations, taudis qu'elles sont plus expansibles et beaucoup plus étendues.
Au reste, quelqu'effortque nous fassions dans la vue de poser des limites entre les fièvres et les inflammations , nous sommes loin d'oublier ou de vouloir méconnaître par combien de points ces affections se touchent et souvent se confondent. Nous savons qu'il n'y a rien d'absolu dans les lois de l'orgaaisation , et ce qui est vrai
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pour les fièvres et les phlegmasies l'est égaiemeut peur les autres désordres de l'économie animale. Il et facile de s'en convaincre par la facilité avec laquelle on voit toutes les maladies se changer de l'une en l'autre , ou s'amalgamer, en quelque sorte , par d'innombrables complications. Faudra- t-il en conclure qu'il est inutile de les distinguer et de les classer? Ne voit-on pas qu'il suffit au médecin que , dans une circonstance donnée , tel groupe de phénomènes soit produit avec une succession, une marche , unedurée, une terminaison qui se représentent toujours dans les mêmes circonstances pour l'autoriser à former de cet ensemble une sorte d'individu qu'il place dans ses cadres nosologiques(i)? Que peut-il faire de mieux quand des observations multipliées depuis des siècles lui font voir celte collection de phénomènes , lorsqu'on les abandonne aux seules lois de la nature, parcourir des périodes toujours uniformes, tandis que d'autres phénomènes forment à leur tour des groupes d'une autre espèce, jouissant
(i) II faut supposer , dit Piquer, que chaque maladie est un être naturel qui a une existence propre et des caractères particuliers : cela posé, si l'on s'applique à les connaître par l'observation , il ne sera pas facile de les confondre. { F ièi/res , pag. 872.)
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(le seraljlables prérogatives, et pouvant en quelque sorte se montrer d'une manière isolée et inde'pen<.]ante ? S'il doit y gagner du soulagement pour son esprit dans l'étude des maladies ^ il doit y trouver aussi des ressources pour la pratique; car chaque altération de la santé nécessite une variété nouvelle dans les moyens qu'on doit mettre en usage pour rétablir l'inlégrilé des fonctions. Il importe donc , sous plusieurs rapports, de cljerclier à bien distinguer ces altéra-lions dans leur état de plus grande simplicité possible ; il importe de les saisir et de les étudier dans cet état, quelque rarement qu'il se présente; j[ impoite de les ranger ainsi dans un ordre méthodique , malgré les complications qui trop souvent détruisent cette simplicité, ou bien plutôt à cause de ces complications elles- mêmes, et pour être plus en état de se retrouver dans le dédale oii ces complications embarrassent parfois le médecin le plus expérimenté, le pra-? ticien le plus sage.
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