‹ Du siége et la nature des maladies, ou nouvelles considérations touchant la véritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 23 sur 24 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Influence des Vaisseaux absorbans sur F établissement des constitutions naturelles à chaque âge , et sur la formation des tempéra mens .

Nous avons vu, clans le cours de celte première partie , que, des trois ordres de vaisseaux qui composent la base des solides chez l’homme , le seul auquel on puisse appliquer la dénomination d 'animal agissant , suivant l’heureuse expression de Huuter , est celui des vaisseaux absorbans. Nous avons vu que cet ordre de vaisseaux est à lui seul chargé du travail de la nutrition, qu’ii préside à l’accroissement dans l’enfance, et se charge seul du décroissement dans la vieillesse; que, par une propriété toul-à-fait exclusive , il puise dans l’air , dans les sucs alimentaires, les principes capables d’entretenir la vie ; que c’est lui qui les combine, les assimile, les distribue dans la profondeur des organes , et rejette sur les émonctoires les substances désormais inutiles à l’exercice des fonctions et au maintien de l’existence. Doué d'une sensibilité

irès-viveet 1res- variable , susceptible de s’exhalter et de se pervertir à b occasion de la moindre cause , nous allons voir ce système de vaisseaux tantôt altérer , tantôt repousser les humeurs , tantôt ies livrer à des mouvemens désordonnés qui les mêlent et les confondent , suivant la nature et le degré des irritations, et suivant le lieu particuliersur lequel ces irritations peuvent agir et se fixer. Mais avant d’examiner les phénomènes que produisent les diverses causes de maladie sur le système absorbant , il nous paraît intéressant d’examiner , en général , ce qui résulte, dans l’économie animale, de l’excès de force ou de faiblesse, originelle ou acquise, des vaisseaux de ce système, ou de la juste proportion qui pourrait se trouver dans le jeu de toutes ses parties.

L’unique principe des phénomènes de l’existence animale est la faculté de sentir. La sensibilité se trouve généralement diffuse dans le solide vivant, dont les combinaisons, quelque variées qu’elles soient , ramènent toujours à la même source le sentiment et le mouvement (i). Le corps animal, composé desolides et de fluides, n'est donc capable de recevoir aucune impres-

! i) Cabanis, Rapports du physique et du moral de V homme , t. I.

sion que par les solides , et des différences du solide vivant naissent toutes les variétés qui se remarquent entre les hommes (i).

En état de pleine santé , les organes ont une proportion déterminée , à raison du volume du corps et des differentes fonctions vitales ; ils sont doués d’une force suffisante ; ils exercent une somme d’action capable de maintenir le système dans son équilibre , et les fonctions dans leur régularité et leur parfaite intégrité. Ce juste rapport entre l’énergie respective des organes constitue l’excellence de l’organisation ; il produit le sentiment du plus grand bien-être , maintient l’intégrité de la vie et garantit sa durée. Mais gardons-nous, toutefois, de croire qu’il y ait dans la nature des termes précis dans lesquels elle reste invariablement fixée. Nous voyons , au contraire, chacun apporter en naissant son organe fort et son orgaue faible ; les périodes des âges faire prédominer certaines fonctions sur les autres ; les irrégularités de la vie , les erreurs du régime et des passions , augmenter encore ces écarts de la nature, en dirigeant presque toute la sensibilité sur certains points , et en rendant ces points particuliers le centre de tous les mouvemens.

(i) Lorry, Essai sur les alimens , t. h.

D un autre coté , nous savons que les humeurs animales ont une tendance continuelle à s’exalter progressivement à mesure qu’elles se rapprochent et se concentrent, surtout quand cette concentration tient à l'augmentation du mouvement ou de l’action des organes ; et qu à son tour l'extrême vitalité des sucs ou l’excès des qualités qui leur sont propres, augmente la sensibilité des organes, toujours proportionnée à } activité de leurs stimulans. Les alimens euxmêmes, qui servent de principe au sang, reçoivent des solides leur propriété, et n’en reçoivent pas toujours la même dose. Chaque homme a dans ses vaisseaux un degré d’action particulier; chaque homme doit donc avoir un sang pour ainsi diie différent. Il est difficile, sans doute , de saisir, dans l’état de santé, toutes les nuances qui distinguent les humeurs : leur formation r quoique dépendante d’une seule cause , est modifiée par tant d’accidens ! Elles n’ont pas la simplicité des solides ; mais aussi ne sont-elles pas la base et l’essence du corps : un jour les forme, un jour les détruit ; mais, malgré leur existence en quelque sorte fugitive et secondaire , on ne peut douter que la quantité et la perfection du ^ang ne contribuent beaucoup à donner de la force et de l’agilité aux parties organiques ; que les humeurs séminales, arrivées en quelque sorte

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à leur point de maturité , ne soient dans le système une puissante cause d’énergie et de vitalité , ne deviennent de puissans stimulans pour les vaisseaux qui les reçoivent et les contiennent ; que la bile, sécrétée par un foie vigoureux, n'imprime aux solides des mouvemens plus vifs et plus forts , n'augrnente d'une manière directe leur ton naturel , et réagisse meme sur le systèmenerveux, et par lui sur les causes immédiates de la sensibilité. C’est ainsi qu’on voit sans cesse , dans l’économie animale , une réciprocité ' continuelle d'action entre les solides et les fluides, et tous les phénomènes s’entrelacer en quelque sorte et devenir effets et causes, sans qu’il soit toujours possible de démêler celui dont un ou plusieurs autres ne sont que la conséquence.

Mais quelle est la partie de nos solides qui peut être le siège de cette sensibilité active autant que mobile, qui traîne après soi, dans ses déplacemens, toutes les humeurs animales , et produit une afîluence de sucs tantôt à la tète, tantôt à la poitrine , tantôt au bas-ventre , selon les âges , les individus, les saisons , les climats divers ? Quelle est la partie de nos solides qui , non-seulement frappe les alimens du sceau de l’assimilation , mais leur donne encore 1 énergie nécessaire pour transmettre au sang ce haut degré de vitalité qu'il va répandre au loin

jusqu’aux extrémités les plus déliées ? Quelle est enfin la partie de nos solides capable de produire en nous tant d'essentielles modifications par la sécrétion plus active et plus abondante , par la résorption des humeurs séminales et bilieuses dont se trouve imprégnée toute l’économie animale en des temps plus ou moins fixes, plus ou moins variables ! Nous le demandons : où trouver cette intéressante partie de nos solides ailleurs que dans le système des vaisseaux absorbans ? Ne sont-ee pas ces vaisseaux qui , sous le nom de lactés , préparent les sucs nutritifs; qui, sous le nom de capillaires du poumon , mêlent au sang le principe vivifiant qu'ils viennent d’enlever à l’air atmosphérique ; qui, sous celui d’e.rhalans , de sécréteurs , séparent du sang les humeurs diverses; qui, sous celui de système capillaire général , de tissu cellulaire, muqueux, réticulaire, les transportent d’un point à l’autre du corps , du centre à la périphérie et de la périphérie au centre ? Et quelle que soit l’apparente variété de ces emplois , il est aisé de voir que tous se rattachent au même mode d’action et desensibilité , sensibilité toujours variable , toujours mobile , suivant les impressions qu’elle reçoit des causes extérieures et des humeurs

mêmes , dont l’action détermine dans ces vaisseaux une réaction d’autant plus vive qu’ils ont

reçu dans le principe une dose plus considérable de force et de vie. C’est de cette manière qu’il faut entendre que le solide vivant est la source des différences qui sont entre les hommes. C’est le ton et le jeu des vaisseaux absorbans qui produisent réellement ces différences et déterminent ainsi la formation des constitutions naturelles à chaque âge , et des tempéramens qui distinguent les individus les uns des autres.

Qu’on nous permette de placer ici quelques déveioppemens pour étayer cette vérité si importante et si généralement méconnue.

On convient que les matières des premiers rudimens des animaux , ou les premiers rudimens eux-mêmes , déjà tout formés, existent à part de la cause rjui doit leur donner la vie , c’est-à-dire de la matière prolifique. Celte dernière matière s’identifie avec celle du système nerveux dès l’instant de la conception , et de là elle exerce son influence sur tout le corps pendant le temps que dure cette sorte de combinaison, ou que rien n’empêche l’action des organes vitaux. C’est de cette première source delà vie que découle la principale cause des divers degrés de force ou de faiblesse dont se trouvent doués les solides vivans. En effet , dans les premiers momens de l’embryon , lorsque les vaisseaux sont encore privés de sang , toute la substance du

petit corps qui se forme ne paraît renfermer qu'un suc homogène , et elle semble elle-même n’ètre composée que d’un seul genre de vaisseaux (1). Les corps animés se réduisent bien réellement alors à la combinaison de la pulpe nerveuse et du tissu cellulaire , réunis et transfo rmés l’un en lautre. C’est de ce point qu’on voit partir la formation des membranes , des vaisseaux composés , des muscles , des glandes , des viscères, des cartilages et des os eux-mêmes. La dose de vie que renfermait le germe , accrue, exaltée par celle que lui apporte la liqueur séminale , projette ses irradiations dans celte niasse, en apparence muqueuse, et pourtant dèslors soumise aux lois de l’organisation , et monte les fibres du nouvel animal au ton convenable à la durée de l’existence et à l'intégrité des fonctions. Il est donc vrai de dire que le système nerveux et le système absorbant , tous deux confondus lorsqu’à peine la vie est ébauchée , en imprègnent déjà les autres parties du corps, et cela dans des proportions qui dépendent de la force ou de la faiblesse des organes chargés de préparer les matériaux qui leur ont donné naissance, soit dans le père , soit dans la mère. C’est sur ce fond que s’établissent les innombrables

(i) Quesnay, Économie animale :

nuances des tempéramens , et qu’on voit fermer par la suite les prédominances de tel ou tel organe ou de tel ou tel système d'organes , prédominances dont les pères transmettent les dispositions a leurs descendans comme un héritage tantôt précieux , tantôt funeste.

Le fœtus lui-même n’est, pour ainsi dire, encore qu’un mucus organisé ; les cartilages et même les os, distingués dans la suite par une si grande dureté , ne sont encore que des substances mucilagineuses raffermies par la force toujours croissante de l’organisation. On ne peut mettre en doute que le travail de l’assimilation ne se fasse chez lui par le moyen du système des vaisseaux absorbans, puisqu’il présente ces vaisseaux très-dilatés et en grand nombre, les glandes plus volumineuses et plus développées; qu’il possède même quelques-unes de ces dernières qui lui sont presque exclusivement propres , et qui, dans la suite, doivent se flétrir et sefïacer (i). Mais quoique ces vaisseaux et cescorps glandulaires soient pénétrés, chez le fœtus, d’une dose de vie en quelque sorte surabondante, n’ayant pour tout stimulant qu’une mucosité douceâtre et insipide , qu’un sang analogue au sang veineux sous plusieurs rapports ,

(i) Cabanis, ibid.

fl

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ils ne déploient que peu d’énergie et d’activité dans leurs fonctions ; ils sont dans un état continuel de distension et de mollesse : de là l’état habituel d'engorgement des uns et des autres , et par suite de cet engorgement , celui du tissu cellulaire ; de là , en un mot , l’état muqueux de tout le corps.

Cet état éminemment muqueux du fœtus ne se manifeste seulement pas sur l’organe cellulaire qu il abreuve de sucs mucilagineux , sur l’organe dermoide auquel il imprime une couleur pale et blafarde ; mais il pénètre plus profondément encore. Ou vient de remarquer plus haut une partie de ses effets sur les cartilages et les os ; la masse cérébrale ellemême , quoique le centre du sentiment et de la vie, partage à cet égard les conditions des autres parenchymes. Le tissu celluleux qui forme ses enveloppes , qui se glisse entre les divisions de ses stries médullaires ou s’identifie avec ses fibrilles les plus déliées, est spongieux , lâche , abreuvé de sucs; ce qui donne à l’organe une mollesse, une flaccidité, une humidiléquidoivent singulièrement émousser les sensations, et d’autant plus que ces qualités se propagent jusqu’aux filets nerveux les plus éloignés. Aussi remarquet-on à cette époque, dans le jeu de toutes les parties, une lenteur, une tranquillité sans doute

352 DU STÉGE et de la nature

nécessaires pour que la nature puisse travailler avec calme et précision à poser les bases de La nutrition et de l’accroissement.

On peut donc avancer, sans crainte de se voir contredire , que le fœtus présente par excellence le type de ce tempérament désigné de nos jours par le nom de lymphatique , et qu’il le présente , non-seulement parce que les vaisseaux absorbans lymphatiques sont alors dans une action prédominante, mais encore parce que tout le reste du système absorbant, et en général tous les solides, ont une activité plus faible qu’ils ne l’auront un jour , quand de nouveaux stimulans viendront imprimer desmouvemensplus précipités à l’ensemble de l’économie animale.

Examinons maintenant avec quelqu’attention ce qui se passe au moment de la naissance et dans les années qui la suivent. Dès que l’enfant voit le jour, l’air extérieur frappe la peau d une impression vive et nouvelle ; l'air s’introduit dans les poumons , éveille l’action des vaisseaux absorbans dont se compose en grande partie la texture de cet organe. Une excitation si subite et si générale attire dans les vaisseaux absorbans, exhalans cutanés , muqueux pulmonaires , un sang insensiblement pénétré du nouveau principe désormais indispensable au maintien et à l’intégrité des fondions. Ce sang , animé par la

nouvelle combinaison qu’il vient de subir , devient à son tour un puissant excitant de l’action des vaisseaux que l’impression de l’air avait d’abord mis en jeu. Sa présence imprime à tous les mouvemens une activité jusqu’alors inconnue : la surface du corps passe presque tout-àcoup du blanc sale et bleuâtre au rouge le plus vif; on dirait qu’il vient de s’opérer une pousse instantanée d’artères, ou qu’un nombre infini de ces vaisseaux , vides auparavant , s’est toutà-coup rempli comme par l'effet des injections pratiquées dans nos amphithéâtres. Mais bientôt I habitude émoussant la vivacité des sensations , on voit cette grande rougeur s’atténuer peu à peu , faire place à une teinte qui participe des deux extrêmes, et la plupart des prétendues artères redevenir des vaisseaux blancs. (x)u a-t-il fallu pour amener de si grands changemens? Est-il survenu quelqu’altération dans la nature intime du solide vivant qui fait la base nés organes ? Non , sans doute ; la presence de l’air et la combinaison d’une ou de plusieurs de ses parties avec le sang ont seules causé tous ces phénomènes, en donnant une nouvelle impulsion au jeu des vaisseaux absorbans exhalans.

Mais il ne suffit pas pour soutenir 1 existence de présenter aux organes de nouveaux excitans , V faut encore fournir incessamment au corps

des matières étrangères qui puissent , au moyen d’un travail d’assimilation , nourrir, subslanter une machine destinée à faire de continuelles déperditions. Ici commence donc encore une nouvelle fonction , la digestion, qui verse continuellement dans le sang un suc réparateur dont les principes vont se répartir dans la profondeur des organes , mêlés à cet air réellement vital qui leur sert , en quelque sorte , de condiment, et tient en éveil les appétits divers des parties auxquelles ils sont destinés, ici commence l’exercice des plus importantes attributions du système absorbant, dont l’influence toute puissante se fera ressentir dans chaque point de l’économie animale , et lui imprimera de nouveaux caractères de force ou de faiblesse , selon que Jes vaisseaux lactés chargés de celte élaboration mettront eux-mêmes dans leur action une dose d’énergie plus ou moins grande.

Toutefois, quelqu’imporlans que soient les çhangemens survenus à la naissance, il est facile de comprendre que ce n’est que par la succession du temps et des mouvemens qu’ils peuvent porter une atteinte profonde à cette constitution éminemment muqueuse que nous avons reconnue dans le fœtus. Aussi, qu’on examine deux enfans peu de jours après la naissance , à peine les voit-on différer F un de l’autre, s'ils n’ont reçu

DES MALADIE S

de leurs pareils aucun vice en naissant (i). C’est toujours un fond muqueux dans lequel vient de s’epandre un sang imbu de nouvelles qualités dont l’influence donne à tout une impulsion nouvelle. Cette influence augmente sans doute beaucoup le ton du solide vivant ; mais comme la première élaboration de ce sang dans les poumons ; comme la digestion , qui lui fournit de nouveaux matériaux, se font encore par des organes débiles et en quelque sorte novices, on sent que ce fluide lui-même n’a pas tout le degré d’animalisation et d’activité qu’il doit avoir un jour ; qu’il tient encore beaucoup de ces humeurs mucilagineuses , toujours si abondantes dans l’enfant nouveau-né ; ce qui diminue la force des impressions qu’il procure, et nécessite de sa part une lutte de plusieurs années, une suite non interrompue d’excitations ; et de la part des organes des réactions proportionnées , de manière à raffermir, en quelque sorte, les parties en donnant successivement plus de tou aux vaisseaux , et par eux plus de concentration aux humeurs, et spécialement au sang lui-même, qui en est la principale source.

Ces efforts commencent à devenir manifestes dans l’intervalle des deux dentitions. 11 se fait

(0 Lorry , ibid .

alors dans les glandes et dans tout l’appareil absorbant des changemens qui ont la plus grande influence sur l’état général des solides et des fluides (i). C’est alors que ce système commençant à prendre plus de ton , les glandes deviennent sujettes à des états particuliers de spasme : de là, les oreillons et les inflammations scrophuleuses ; les vaisseaux absorbans s'enflamment pour la moindre cause : et de là les éruptions cutanées , les ophthalmies, les affections catarrhales du nez, des bronches, des intestins , etc. Cette révolution qui s’opère dans les vaisseaux et les glandes lymphatiques est ressentie dans toute l’économie animale. Dès ce moment, l’absorption se fait d’une manière plus active et plus complète. L’organe nerveux , en raison des changemens survenus à l’appareil absorbant, acquiert tout-à-coup une activité plus grande et souvent même vicieuse. Les parties restent sans doute encore long-temps dans une grande mollesse ; le tissu cellulaire est dans un état d’expansion plus graud que dans les âges suivans ; il est encore pénétré d’une quantité considérable d’humeurs mucoso-graisseuses ; mais ici , du moins , ces humeurs sont légèrement colorées en rouge , et cet épanouissement s’ac-

(i) Cabanis , ibid.

compagne d’un caractère d'activité qui donne iieu aux pléthores locales et aux congestions si fréquentes chez les enfans : ne sonl-ce pas là les premiers traits du tempérament sanguin qui va

se développer de plus en plus jusqu a l’âge adulte ?

Lu effet , on voit , dans î enfant , un nombre presqu infini de vaisseaux que le sang pénètre de toutes parts ; les parenchymes , les os euxmêmes en sont rougis , les surfaces plus ou moins colorées , et les expansions vasculaires sont d ailleurs tellement développées que les injections s’insinuent avec la plus grande facilité dans tous les points des membranes et de la peau. Il ne résulte pas seulement de cette dispos: tion une grande facilité dans le cours des différentes liqueurs , et par conséquent une grande promptitude dans l’exercice des fonctions, qui dépendent presque toutes de cette en constance ; mais par la , toutes les extrémités nerveuses se trouvent dans un état d’épanouissement singulier , ce qui multiplie pour elles Jes objets des sensations, et donne à chaque sensation particulière une vivacité quelle ne peut avoir que dans le premier âge. L’organe cérébral, dans lequel les principes mêmes de la vie se préparent et s élaborent , entre facilement eu jeu pour les moiudres impressions qui lui vien-

lient de ses extrémités sentantes. Les membres, souples et dociles, s’essaient par des mouvemens vifs , rapides , peu durables et fréquemment renouvelés. Quant l’enfant ne dort pas , ses muscles, très-contractiles, excités par le moindre stimulant, par l’acte le plus fragile de sa volonté naissante, sont dans un mouvement continuel : soit qu’il veille ou qu’il dorme , les fibres musculaires de ses organes vitaux se contractent avec la meme vitesse , et ses organes exécutent des mouvemens rapides et précipités. Par l’effet de ces mouvemens plus vifs ou des sécrétions plus abondantes qu’ils déterminent, les digestions se font avec une singulière promptitude ; l’estomac ne peut rester un instant oisif , et son activité demande des repas fréquens. L’autre part , avec l’incarnat de la peau , la couleur vermeille des surfaces muqueuses , coïncident une tendance aux inflammations de plus en plus considérable , et l’apparition des hémorrhagies nasales vers la septième année. L’époque des hémorrhagies nasales est une des plus intéressantes pour l’observateur ; elle va se confondre avec celle de la puberté. Déjà le tissucellulaire est plus élaboré , les solides ont plus de ton , le stimulus répandu dans chacun des fluides a pris une activité plus considérable ; et quoique la perméabilité des solides paraisse un peu moindre, leur

sr

ac t io n es t à- p eu- p rès a ussi v i ve e t e n m è m e tem ps beaucoup plus ferme que dans le premier âge. L’attention la plus superficielle suffira sans doute pour faire saisir les nombreux rapports qui existent entre un tel état de choses et les caractères qu’on a coutume d’assigner au tempérament sanguin.

A la vérité, ce qui précède ne s’applique réellement qu'aux en fans vigoureux et bien constitués, qu’à ceux qui n’ont reçu aucune atteinte des circonstances extérieures. Dans le cas contraire , tout se passe bien différemment. Si , par l’effet d’ une triste hérédité , les enfans naissent avec une faiblesse radicale des solides , les fonctions languissent dès le principe. Les vaisseaux absorbans du poumon n’exécutent pas avec assez d’activité l’importante combinaison d’où le sang artériel doit désormais tirer ses plus grandes qualités vitales*; les vaisseaux lactés ne préparent que des digestions imparfaites, dont les produits n’acquièrent qu’un degré peu complet d’animalisation ; la bile est inodore , presque insipide, et le chyle qu elle concourt à former traîne avec lui dans le torrent de la circulation un amas muqueux, que le peu d’énergie des vaisseaux et des poumons ne peut corriger entièrement. De là doivent résulter de nouvelles humeurs inertes et muqueuses comme les précédentes, et

54o DU SIEGE ET DE LA NATURE

de cet état des humeurs s’ensuivre , par un cercle inévitable , une plus grande atonie des vaisseaux et des solides. Que si , loin de chercher à corriger ce vice originel , on donne à ces frêles créatures une nourrice faible et cacochyme

qui leur fournisse un lait de mauvais qualité ; que si , après le sevrage , on leur permet sans mesure des alimens aqueux , grossiers , durs et de difficile digestion , on voit alors les premières voies s’encombrer de mucosités, dont ianimalisation trop en retard n’arrête peut-être pas suffisamment les mouvemens spontanés de décomposition , et que la faiblesse des vaisseaux n’a pu ni s’approprier , ni complètement détourner de leur acescence naturelle (ij. Les sucs lymphatiques mal élaborés , sans consistance, sans coueressibilité , se détériorent de jour en jour , et les vaisseaux sanguins dans lesquels ils sont versés ne les reçoivent plus convenablement disposés; le sang lui-même devient moins consistant, moins concressible ; la proportion des globules rouges , qui est toujours en raison de la force assimilante des vaisseaux , décroît peu à peu , et tous les fluides se trouvent insensiblement dépourvus de leurs propriétés. Enfin , si, a la funeste activité des premières causes \ien-

(1) Pujol, Mémoire sur le Rachitisme .

nent se joindre l’influence d’une température ou d une habitation froide et humide , la faiblesse et la langueur vont toujours en croissant ; les bouches absorbantes n’opèrent plus leur succion qu’avec paresse; d’où il suit que les fluides qui devraient être résorbés restent stagnans et s’accumulent vicieusement dans des lieux où ils ne devraient pas séjourner.

Aussi voit-on ces sortes de sujets porter , au lieu d un véritable embonpoint , de l’empâtement et de la bouffissure : leurs joues , pâles, jaunâtres ou faiblement colorées d’un rose tendre, paraissent molles et quelquefois tombantes ; le tissu cellulaire est infiltré , moins d une graisse sanguine que d’une mucosité seieuse qui décolore 1 habitude extérieure ; les chairs musculaires sont lâches et blanchâtres ; en un mot , toutes les actions vitales languissantes rappellent ces infortunés à cet état muqueux et gélatineux qu’ils auraient dù perdre insensiblement dès le moment de leur naissance , et dans lequel ils se trouvent replongés, soit par leur faiblesse originelle , soit par les circonstances accidentelles qui sont venues aggraver et perpétuer cette disposition primitive. La permanence de cet état les expose à voir leurs glandes et leurs vaisseaux absorbans gorgés de sucs dont les qualités s’ai-

tèrent et forment ce que les médecins connaissent sous le nom de virus, d 'acrimonie ; à voir leurs os eux-mêmes ramollis et rendus , au moins dans quelques points } à leur premier état mucilagineux et cartilagineux : car rien ne dispose plus prochainement aux scrophules et au rachitis que la constitution dont nous venons d’esquisser les traits principaux.

Trop souvent , sans doute , les médecins ont l’occasion de vérifier la justesse de ce triste tableau \ mais plus souvent encore la nature combine de mille manières les élémens de ces deux tempéramens simples , composés de la force ou de la faiblesse du système absorbant , qualités qui entraînent à leur tour la force ou la faiblesse de tous les organes et la bonne ou mauvaise com-

position de toutes les liqueurs animales. Rien n’est si étendu que l échelîe de ces variétés et de ces combinaisons. L’enfance ne présente , à vrai dire , qu’un balancement continuel , qu’une fluctuation sans cesse renouvelée de l’un à l’autre de ces élémens. Le moindre écart de régime, la moindre maladie qui survient à l’enfant le plus vigoureux, ne tardent pas à développer en lui quelques apparences qui rappellent la faiblesse dont il est à peine sorti , et contre laquelle il a besoin de lutter incessamment à l aide d’une sanguification et d’une digestion active»

P E S MALADIES.' 3^5

autant que soutenues. La moindre amélioration dans le régime le ramène avec la même promptitude à la vivacité qu’il avait perdue. Le changement d’air, une nourriture mieux appropriée, raniment sur ses joueslescouleursbrillantesdela santé, donnent à ses membres plus d’agilité , et à ses fonctions une activité qui s’était tout-à coup plus ou moins ralentie. Cependant, il faut en convenir, la balance reste rarement égale, et souvent, du moins dans les grandes villes et dans les pays humides et marécageux , elle penche du côté de cet état muqueux ou lymphatique, lequel est le produit , non de l exces de force, mais d’une certaine prépondérance d'action des vaisseaux absorbans lymphatiques, déterminée par la faiblesse innée ou bien acquise de l’ensemble du système absorbant, et en général des solides vivans. Cette faiblesse , soit qu’elle ait été le produit de 1 hérédité , soit qu elle tienne à des circonstances fortuites , s’identifie tellement avec 1 existence , pour peu que le genre de vie ou le climat en favorise le développement , que rien ne peut en arrêter les progrès , en prévenir les conséquences. Heureux les enfans dont la constitution ne s’en trouve pas profondément altérée, et qui peuvent atteindre, sinon sans danger , du moins sans affection grave , l’époque à laquelle une excitation spciale viendra don-

544 rîU SIEGE et de la nature

lier aux solides de nouvelles forces, ei améliorer le tempérament existant sans pour cela le changer de nature !

Effectivement , il est de la dernière évidence que 1 âge adulte introduit dans le système une nouvelle série de mouvemens. A cette époque remarquable , le tissu cellulaire et toute la contexture des solides se trouvent déjà , chez les en fans vigoureux, dans un état de condensation, d élaboration , d’énergie remarquable, que manifeste la force journellement croissante des opérations, et chez les pituiteux même, quoique cette augmentation de forces ait été plus lente, soit beaucoup moins sensible , elle est pourtant réelle, mais seulement à un degré bien moindre. Déjà le sang et les autres humeurs ont acquis une somme considérable de vitalité. L’adolescence, en faisant refluer dans le sang un nouveau principe extrêmement actif , augmente encore les qualités stimulantes de ce fluide, et la proportion de la partie colorante et de la partie fibreuse s’accroît dans les mêmes rapports : d où il suit que les solides, plus vivement excités, plus complètement réparés, deviennent aussi de jour en jour plus denses et plus vigoureux. Dans la secousse qui se fait ressentir alors dans toute la machine d’une manière remarquable pour des yeux attentifs, la consistance dos hu-

DES MALADIES. 5zj5

pieurs, la force et le tou des organes paraissent redoubler, pour ainsi dire, brusquement.

Toutefois , ce n’est pas un nouvel ordre de phénomènes, c’est une gradation plus forte, une nuance plus marquée de l'énergie des fonctions , et tout part encore ici de la même source que précédemment. Dès que l’évolution des organes génitaux commence, il se fait un ébranlement général dans le système lymphatique ou absorbant ; les glandes des aînés , celles des aisselles , des mamelles , du cou , se gonflent, et. souvent même deviennent douloureuses ; ce qui tient , sans doute , à ce que les parties des organes génitaux qui paraissent être le principal loyer de leur sensibilité propre sont de nature glandulaire , et tous les faits pathologiques nous apprennent que le système lymphatique et glandulaire forme un tout dont les par-

lies communiquent entre elles , et ressentent vivement et profondément les affections les unes des autres (i). Nous sa vous encore que les organes génitaux , chez les mâles , sécrètent cette humeur particulière dont les émanatious refluent dans le sang, et vont imprégner toutes les parties pour en exalter les forces vitales et 1 activité. G est donc encore ici le système absor-

(i) Cabanis, ibid.

5/fi DU SIEGE ET DE LA NATURE

baut qui joue ie premier, le principal rôle : du moins cètte primauté ne peut lui être disputée que par le système nerveux , et nous avons fait observer en plus d’un lieu quelle étroite liaison subsiste entre l’un et l’autre de ces systèmes.

D’autre part, si Ion eu croit Cabanis, il se forme également dans les ovaires des femmes une humeur particulière qui contient les matériaux de l’embryon ou concourt à les fournir, et dont la résorption dans le sang et le reste des liqueurs y porte des principes analogues aux excitations nouvelles qui doivent être ressenties chez les hommes. L’apparition des règles , la turgescence des glandes mammaires et du tissu cellulaire qui les environne, quelques sympathies qui n’existaient pas avant que les ovaires n’entrassent en action , témoignent assez évidemment, selon cet illustre écrivain , l’impulsion générale que la présence de cette humeur donne à tous les organes. Néanmoins il faut convenir que la plupart des physiologistes ne partagent pas son opinion sur cette question délicate ; ils ont, au contraire, observé que la puberté ne produit pas de changemens aussi marqués sur les femmes que sur les hommes. Tout semble se réduire ,chez elles , à un surcroît de sensibilité dans les organes de la génération. Leur constitution relient presque toujours quelque chose

de la faiblesse et de la mucosité de l’enfance ; leurs chairs restent en général molles et abreuvées de sucs; leurs formes sont arrondies , leurs mouvemens très-souples : ce qui autorise à penser que les organes de la femme manquent de ce stimulant direct dont les vaisseaux absorbans se pénètrent chez l’homme, et que la puberté se réduit, chez elle, à éveiller, à établir un centre de sensibilité qui n’existait pas aupara¬

vant, et qui , dès l’instant de sa formation , envoie des irradiations dans tout le système , et , par là seulement , détermine un nouvel état dans le physique et le moral , état qui rappelle toujours plus ou moins la douceur des formes , les «races et la mobilité de l’enfance.

Quoi qu’il en soit , a mesure que l’on entre dans l’adolescence, la tendance générale des forces qui déterminait les vaisseaux absorbans à porter les humeurs vers la tête , s’affaiblit de jour en jour, et la poitrine chez l’homme, la poitrine et la matrice chez la femme, deviennent le terme principal des congestions. Les relations des organes génitaux et de ceux de la poitrine ne s’expliquent pas par l’anatomie ; mais tous les faits de pratique les attestent et prouvent qu’elles ont leur siège dans le système glandulaire. Les maladies des glandes inguinales et celles du poumon , l’état des testicules et celui de la ira-

chee et du larynx, les affections de l’utérus et des mamelles, par la manière dont on les voit se produire mutuellement ou se balancer, ne permettent pas de méconnaître ces relations singulières. Nous voyous même que les congestions sanguines du poumon , ou l’irritation locale qu’une inflammation chronique , ou toute autre cause permanente y produit quelquefois , excitent directement les organes de la génération et donnent un penchant plus vif aux plaisirs vénériens: ce qui doit expliquer pourquoi la résorptiondelasemencesemblesedirigerspécialement, jusqu’à un certain points vers cet organe , y attire le sang avec plus de force et de véhémence, et devient la cause indirecte d'une chaleur nouvelle et d une sanguification plus active et plus complète (i). Si celte liqueur rencontre un poumon vaste et déjà vigoureux , et qu’à cette circonstance se trouvent réunis un tissu cellulaire et des fibres médiocrement souples, médiocrement abreuvés de sucs , il arrivera que les extrémités nerveuses ressentiront des impressions vives , rapides et faciles ; qu’exécutés par des muscles imprégnés d’une vitalité considérable, d’une vitalité par-tout égale et constante, les mouvemens acquerront la même facilité , la même

(P Cabanis , ibîd.

DES MALADIES. 5^g

promptitude qui se manifestent dans les impressions ; que les digestions seront rapides et complètes; que tes humeurs prendront des qualités, et surtout recevront des impulsions analogues ; que les sécrétoires et leurs vaisseaux , tout eu redoublant d’action, garderont une juste mesure ; en un mot, que ce sera le tempérament sanguin des anciens avec tous les caractères qu’ils lui prêtent dans leurs descriptions.

Mais si le système absorbant se trouve encore frappé d atonie dans l’âge pubère, l’importante révolution naturelle à cet âge sera retardée ou meme incomplète. Les organes glandulaires chargés de sécréter 1 humeur séminale n’auront pas la force de lui donner toute la maturité requise; les vaisseaux absorbans, déjà dans la paresse et 1 indolence, ne seront pas suffisamment excites par cette humeur privée d’une partie de ses qualités ; l’action pulmonaire en sera faiblement ranimée ; la sanguification , peu perfectionnée, n’enverra pas dans les artères, et celle-ci ne li ansrncttront pas dans les parties un sang assez actif , assez consistant pour accroître d’une manière bien sensible le ton des solides et l’animalisation des humeurs; le corps reslera surcharge de sucs inertes qui émoussent la sensibilité, décolorent la peau et les tissus; les digestions; incomplètes, laisseront après elles des mu-

55o DU SI ECU ET DE LA NATURE

cosités intestinales abondantes; enfin la langueur des actions vitales sera dans ce cas à peine ranimée. Elle le sera pourtant de quelques degrés, et il résulté assez souvent de la révolution de l'adolescence une impulsion suffisante pour raffermir ces constitutions muqueuses ou lymphatiques, de manière à consolider la santé des individus qui les présentent. Il arrive même que la modération des impressions et de l'activité des fonctions , en les rendant moins susceptibles et moins passionnés , les expose beaucoup moins aux maladies que ceux que la nature a doués d’un tempérament plus parfait.

Nous retrouvons donc dans l’adolescence, comme dans un âge plus tendre, la force ou la faiblesse du système absorbant servant de base aux variétés du tempérament , et balançant d’une manière plus ou moins inégale l’action des vaisseaux absorbans lymphatiques par celle des vaisseaux absorbans exhalans. D’un côté, tous les mouvemens qui s’opèrent dans ce système tendent alors vers la nutrition plus complète et l’accroissement des forces et de la chaleur animales; de l’autre, les différons actes qui s’exécutent , quoique se dirigeant vers le même but, ne se relèvent qu’avec peine de leur première langueur , dont ils conservent toujoursdes traces plus ou moins profondes.

Les phénomènes que présente l'adolescence vont en prenant de l'accroissement et de l' in— tensité jusqu’à la jeunesse, et confondent en quelque sorte ces deux époques. La virilité ou 1 âge mûr amène ensuite la bilescence (i). Le foie se trouve , dans le fœtus , d’un volume proportionnel très-considérable et pendant toute la durée de l’enfance; il ne se rapproche quinsensiblement de celui qu’il doit avoir un jour. Mais dans les premiers temps , quoique cet organe filtre beaucoup de bile, celte bile étant muqueuse , inerte, sans activité, le viscère qui la fournit n’exerce que très -incomplètement encore la grande influence qu’il doit acquérir plus tard sur l’ensemble de l’économie animale; mais quand la direction des forces vitales et de la sensibilité, après avoir successivement établi des centres d’activité dans le cerveau , dans les organes générateurs et dans les poumons, se porte avec plus d’abondance vers l’épigastre et les hypochondres , les vaisseaux absorbans du foie en reçoivent à leur tour un nouveau surcroît d’action ; ils sécrètent une plus grande quantité de bile, et donnent à cette humeur un plus haut degré de concentration et d’énergie. Alors les phénomènes de la vie présentent de nouveaux caractères, et il

(i) Tourtelle , Traité d’ Hygiène.

se prépare un genre particulier de constitution. C’est surtout à cette époque que le récréaient biliaire rentre eu partie dans la masse des ]j limeurs ^ sinon parles voies lactées , du moins par la voie des vaisseaux absorbans placés sur la vésicule du fiel et sur les canaux excréteurs de la bile ( i )• Silvius Deleboë est le premier qui ait parié de ces émanations biliaires qui , dans l’état, de parfaite santé, s’élèvent dans la masse des humeurs. Cette vérité, sur laquelle les travaux de deux illustres chimistes avaient fait élever quelques doutes, a été démontrée depuis par les expériences de M. Clarion (2). Or, la bile formée d’un sang qui s’est dépouillé de plus en plus dans son cours de ses parties purement lymphatiques ou muqueuses, d’un sang qui rapporte, si l’on peut s’exprimer ainsi , des impressions de vie multipliées de chacun des organes qu’il a parcourus, peut bien être surchargé de matières grasses et huileuses; peut bien être, aux yeux des chimistes, une substance inflammable, savonneuse, d’un genre particulier ; mais aux yeux des physiologistes , c’est une humeur très-ac-

(1) Pnjol , OEm>res diverses, I. 11, pag. 100. Mém. sur les Malcid. delà Peau relativement à l’état du foie.

(2) Journal de MM. Corvisart , Leroux et Boyer, t. x. pag. 3o;.

T'ES MALABltB. $5$

tive , très-stimulante , agissant comme menstrne énergique sur les sucs alimentaires et les autres liqueurs animales , imprimant aux solides des rnouvemens plus vifs et plus forts, et surtout augmentant d’une manière directe leur ton naturel.

Les effets stimulans de la bile coïncident pendant quelque temps avec ceux de 1 humeur séminale, et toutes ces circonstances réagissent les unes sur les autres et se prêtent une force nouvelle; de sorte que , dans Fâge viril, on voit encore le corps, non plus croître, mais augmenter de volume; faction du cerveau devenir de plus en plus forte sous certains rapports, et cet organe de la pensée, cet instrument de lame, acquérir toute l’énergie dont il est susceptible pour l’exercice des opérations mentales; on voit les solides recevoir un degré considérable de consistance et de densité; et si Fou se livre alors au repos et aux plaisirs de la table, deux goûts naturels a cet âge, l'obésité se montre et remplace 1 accroissement, qui est parvenu à son t une. Cette obésité avait existé dans l’enfance , avant que les muscles fussent en état de déployer leur activité; elle reparaît dans l’àge viril, quand 1 homme commence à les moins exercer et à se mieux nourrir; mais elle n’a lieu que dans ce cas seulement : les paysans, les ouvriers, les soldats, qui se livrent L des travaux continus et prennent

peu d’alimens, engraissent rarement à cette époque: ils maigrissent et se dessèchent au contraire.

Quoi qu’il en soit , la graisse cutanée avec laquelle les sucs bilieux ont une affinité plus marquée, s’en trouve de jour en jour plus particulièrement pénétrée , et c’est pour cette raison qu’on lui voit prendre, chez l’homme fait, une couleur jaunâtre. Les vaisseaux absorbans de la peau s’en pénètrent aussi de toutes parts , et donnent à l’habitude du corps une teinte plus ou moins foncée. D’un autre côté , les maladies présentent, à cette période de la vie, tantôt comme leur principal caractère, tantôt comme circonstance accessoire , les dérangemens d action de l’organe hépatique joints à l’altération dew liquides biliaires. La surabondance de vie qu’ont reçue les nombreux absorbans de ce viscère peut y déterminer même une absorption excessive qui mette trop à sec les mailles du tissu cellulaire parenchymateux, et dépouille trop les liqueurs de leur véhicule séreux ; ce qui donne lieu à une sorte d’obstruction , à une sensibilité maladive de l’organe, produit des dérangemens consécutifs dans le système nerveux : d’où il suit que les fonctions vitales s’exécutent d’une manière faible et irrégulière , que le ventre devient paresseux , que toutes les ex-

crétions sont difficiles et s’altèrent et que l’on tombe dans tous lesaccidens de l’hypochondrie, et dans tous les désordres mélancoliques et atrabilaires.

Voilà donc, pour la troisième fois, le système des vaisseaux absorbans chargé d imprimer à toute l économie animale les puissantes modifications qui caractérisent les âges. Les nouveaux phénomènes qui se déploient à l’époque de la virilité sont évidemment dus à la plus grande sécrétion et à la résorption plus considérable de la bile , et cette sécrétion et cette résorption sont elles-mêmes le produit d un surcroît d’action de la part des vaisseaux absorbans du foie. C’est une dernière excitation répandue dans nos parties , excitation qui vient efficacement seconder celle qu’y avait apportée le sang artériel et la liqueur séminale dans les âges précédens , mais qui parait recéler dans son activité même des causes prochaines de destruction.

En effet, à peine l’homme a-t-i’ atteint son point de perfection , à peine est-il parvenu au solstice de la vie , qu’il commence à décl n r , d'abord insensiblement , et bientôt d’une manière plus ou moins précipitée. Le surcroît momentané d énergie que la présence et la plus grande proportion de la bile sont venues imprimer aux

fonctions vitales, par une fatalité trop inévitable, en consume rapidement le principe , en accélère l’épuisement. Le sang artériel et la liqueur séminale ont eu, sans doute, aussi , comme la bile , une influence excitante et tonique sur le solide vivant; ruais le mode spécifique de leur excitation tendait plutôt à l'expansion qu’au resserrement. Tant que ces liqueurs ont été dans une proportion prépondérante , tous les mouvemens se sont montrés, pour ainsi dire, excentriques. Les tissus épanouis attiraient à eux une grande quantité de sang artériel et de substances nutritives. Le système cellulaire non distendu, mais développé d’une manière active, s’abreuvait de sucs graisseux légèrement consistans ; la peau exhalait continuellement une facile transpiration ; les sentimens, les passions mêmes portaient l’empreinte de cette disposition expansive ; les maladies , par leur caractère d’excentricité , témoignaient également la grande puissance synergique imprimée à l’économie animale ; tout , en un mot , tendait à disséminer la vie sous l’influence de ces liqueurs éminemment pourvues des qualités propres à stimuler de préférence les vaisseaux absorba ns dexhalation. L action forte, mais pourtant modérée , de ces sortes d’humeurs conservait aux solides leur souplesse et leur ductilité, favorisait

le jeu des parties, loin de les gêner et de les restreindre. On voit même , dans les premières années de 1 âge viril , leur influence s accroître quelque temps, aidée parcelle delà bile; elles se confondent du moins , et se balancent a cette époque.

Mais bientôt l’extrême activité de la bile , 1 influence spéciale qu elle exerce sur les vaisseaux: absorbans de résorption , et sa quantité prédominante , apportent dans tous les organes une rigidité toujours croissante , accompagnée d un épuisement proportionnel de la sensibilité des vaisseaux absorbans d exhalation. Ces vaisseaux, qui, partant des artères, servent à nourrir, à îéparer les tissus et les parenchymes , en reçoivent un degré considérable d astriction et d inertie. Les mouvemens expansifs et de nutrition cessent alors pour faire place aux mouvemens concentriques et de décomposition ; le tissu cellulaire se désemplit et s affaisse; ses fibres, si molles dans l’enfance , désormais inutiles, s oblitèrent et se convertissent en fîlamens tendineux et ligamenteux. Une grande partie du reste du système absorbant et les fibres musculaires ellesmêmes , subissent des altérations analogues. Toutes les parties molles , a commencer par la pulpe cérébrale et nerveuse , se retirent et se resserrent; au contraire , les parties naiuiçlLe-

ment dures, comme les os, deviennent plus légères , plus poreuses , plus friables. La sensibilité , de plus en plus épuisée , surtout sur les vaisseaux absorbons nutritifs , ne leur offre plus aucun moyen de réaction; les fluides circulent avec moins de liberté , la transpiration diminue, la digestion devient lente et laborieuse, les sucs nourriciers sont moins abondons et ne peuvent plus être reçus dans les vaisseaux absorbons artériels, devenus trop rigides et trop peu irritables; ou s’ils y sont introduits, privés de leur véhicule séreux et des impressions vitales qu’ils recevaient de la vigueur même de ces vaisseaux, ils s’y épaississent et s’y fixent sans retour : aussi voit-on les membranes devenir cartilagineuses , les cartilages devenir osseux par l’arrêt et l’accunpdation des parties les plus grossières des liqueurs animales. Enfin , la; seule action qui subsiste encore dans léconomie animale se trouvant, pour ainsi due, concentrée dans les vaisseaux absorbons de résorption , toutes les fibres se dessèchent de plus en plus, tous les parenchymes se vident et s’affaissent , cl ces parties , cessant de se nourrir , tiennent à la vie par des liens si faibles , qu’on peut réellement dire, avecBufion, que le corps meurt par degrés successifs, et que la mort qui termine une longue vieillesse n’est que le dernier

terme île cette suite de degrés , la dernière nuance de la vie.

Arrêtons-nous un moment; jetions nos regards en arrière sur l'espace que nous venons de parcourir , et cherchons a nous bien fixer sur ie point ou nous sommes parvenus. En suivant ainsi la nature pas a pas , il nous a ete facile d admirer la simplicité des ressorts qu elle emploie pour amener dans tous les âges les phénomènes qui les caractérisent et les distinguent. J\ous avons dû surtout remarquer que ce système de vaisseaux qu’on peut, à juste titre, nommer primitifs , et qui s’identifie tellement avec le système nerveux , que tantôt il concourt à le former , tantôt il en est formé lui-même à son tour , est le principal instrument qu’elle emploie pour opérer ces mutations , tantôt soudaines , tantôt progressives , ces ébranlemens généraux quelle produit, a des temps marques, dans l’ économie animale. Au milieu des révolutions des âges , ce système , la base et 1 essence du solide vivant , imprime presque seul , à toutes les opérations de la vie, le type el la direction les mieux appropriés à chaque période. Ainsi 1 accélération ou la lenteur de la circulation sanguine, la mollesse ou la dureté du pouls, la prépondérance des liquides sur les solides , des solides sur les liquides , ou de telle humeur sur une

56a DU SIEGE ET DE LA NATURE

autre , ne sont que des résultats secondaires du la force ou de la faiblesse de f infinie quantité de vaisseaux absorbans qui forment la texture de nos parties , de leur action ranimée ou ralentie , des variations de leur sensibilité portée tantôt sur un point, tantôt sur un autre, selon les âges , les saisons , les climats et les dispositions héréditaires.

Ne faut-il pas, en effet, que les vaisseaux absorbans pulmonaires absorbent l’air extérieur , le décomposent, le combinent avec le sang, avant que le cœur et les artères puissent recevoir de Faction de ce fluide un degré de plus de vivacité et d’énergie? Ne faut-il pas que les organes de la génération sécrètent et résorbent la hqueur séminale avant que la présence de cette humeur puisse ajouter à la force des pulsations artérielles et des actions vitales ? Ne fautil pas enfin que les sécréteurs de la bile soient déjà mis eu exercice avant que les émanations du liquide hépatique puissent donner aux parois des artères le ton et la roideur qui manifestent la rigidité des solides produits par la bilescence? Le tempérament sanguin de l’adolescent n’est donc pas plus le produit du système artériel, que le tempérament bilieux del’homme fait n’est le produit du système veineux. Dans le premier cas, il y a sans doute une sanguification [dus,

active ; mais nous savons que celte opération n’a pas été confiée par la nature aux vaisseaux artériels. 11 y a sans doute une plus grande rougeur des surfaces ; mais le sang qui leur donne cette couleur est contenu dans les mêmes vaisseaux qui recevront la bile dans un âge plus avancé, qui se trouvaient pénétrés de mucosités dans le fœtus , et l’on sait encore que les vaisseaux propres à recevoir ainsi toutes les humeurs , selon les temps et les circonstances , ne peuvent être des artères , mais qu’ils appartiennent sûrement au système absorbant. Dans le second cas, ou trouve, à la vérité , une plénitude considérable des veines ; mais loin que cette plénitude annonce un accroissement d’action de la part de ces vaisseaux, une multitude de faits prouve , au contraire , qu’ils sont distendus alors d’une manière passive, soit parce que les artères, plus resserrées sur elles-mêmes ou fournissant moins de matériaux à la nutrition , leur renvoient une plus grande quantité de sang , soit parce que les absorbans de décomposition commencent à verser dansleur intérieur une plus grande proportion de fluides. La plus ou moins grande quantité de sang , de liqueur séminale , de bile répandue dans nos parties, n est sûrement pas indifférente pour la production des phénomènes caractéristiques des âges ; mais ces

humeurs ne peuvent agir si elles ne sont pas formées , si elles ne sont pas douées des qualités requises , et toutes ces circonstances dépendent de l'action des vaisseaux chargés de puiser leurs principes, ou dans les sucs alimentaires ou dans le sang lui-même , et de leur imprimer le degré d’animalisation et d’énergie d’où elles tirent les vertus qui leur font portera leur tour sur ces vaisseaux mêmes l’excitation et la vie.

De quelque coté qu’on envisage les phénomènes de l’économie animale dans l’état de sa té, on retrouve donc toujours en première ligne le système absorbant , tel que nous l'avons fait considérer, lié, confondu, identifié avec le système nerveux; et, nous le répétons encore, la force ou la faiblesse de ce système, les déplacemens on l’inégale répartition de la sensibilité généralement diffuse dans cet ordre de vaisseaux, entraînent seuls les différentes séries de mouvemens qui distinguent les âges.

Maisce qu’une nature bienordonnée a pu faire pourarnener 1 homme par degrés nisensiMesde la naissance à la mort, m lie circonstances fortuites et inappréciables peuvent le produire en quelque sorte à contre- temps; il est même vrai de dire que* par une ineonceval le fécondité , la nature se plaît à varier tellement les combinaisons dans des êtres en appareuce semblables , qu’il n’çst pas un ui-

dividu qui présente avec l’autre une parfaite similitude. Tantôt la faiblesse du système des vaisseaux absorbans se prolonge de 1 enfance dansles âges suivans, souvent même jusque dans la vieillesse la plus reculée, et les résultats qu’entraîne un tel état de choses offre dans tous les âges un tableau d’une triste uniformité : la circulation reste toujours plus lente ; les résorptions continuent de semai faire; les opérations assimilatoires ne cessent pas d'être incomplètes; l’abondance et l’altération des sucs vont toujours croissant^ gênent et affaiblissent de plus en plus les vaisseaux , engorgent les poumons, dégradent immédiatement dans leur principale source la sanguification et la production de la chaleur : d’ou ii suit que les individus qui présentent ces dispositions sont à chaque instant menacés du froid , cortège des maladies a toniques et passives. Tantôt la prépondérance des vaisseaux chargés de l’hématose et de la sécrétion des humeurs prolifiques, dont l'action doit produire, dans l’adolescence, le plus parfait équilibre des forces vivantes, devient trop marquée par suite d’une disposition héréditaire, par l’usage d’une nourriture succulente ou par l'effet de toute autre cause, et il s'établit un état extraordinaire de pléthore qui menace à chaque instant d un danger prochain; les vaisseaux sanguins sont

distendus par une grande quantité d’un sang riche et condensé; les vaisseaux absorbaus nutritifs du tissu cellulaire exilaient une graisse ferme et consistante qu’ils enlèvent au sang dont leurs réseaux sont pénétrés de toutes parts , ce qui devient manifeste par la tension , le luisant, la rougeur de la peau ; et la moindre cause sufîlt alors pour donner aux mouvemens vitaux une impétuosité ou une direction vicieuses, qui produisent des hémorrhagies, soit anomales, soit régulières, mais toujours actives et spontanées, ou d;s inflammations plus ou moins intenses. Tantôt le foie, devançant l’époque où son action organiquedoil prendre de l’accroissement, n attend pas 1 âge viril pour influencer les opérations vitales; et dans ce dernier cas, les sujets ainsi disposés, au milieu d’une vigueur, d’uue mobilité extrêmes, d’un grand appétit, d’une digestion très-active, trouvent pourtant une vieillesse anticipée. Avec un développement excessif du foie, avec une surabondance marquée de sucs biliaires, leurs graisses et leurs humeurs gélatineuses tiennent très-peu contre l’action violente des vaisseaux absorbaus de résorption ; leur corps devient grêle et maigre , leur peau aride , sèche et peu perspirabl . On les voit , ainsi que les vieillards , présenter des vaisseaux veineux d un plus gros calibre ci plus remplis que ceux des

individus sanguins eux-mêmes, toutes circonstances qui nous portent à croire qu’il existe dans l’humeur bilieuse une action spécifique dont le propre est de crisper et déteindre l'action des vaisseaux absorbans nutritifs, de contraindre, de gêner leurs niouvemens, et d'accélérer, au contraire , le jeu des vaisseaux absorbans de décomposition; car on ne peut pas supposer qu'il se soit fait dans ce cas une dépense trèsinégale d irritabilité dans l’une de ces portions du système absorbant plutôt que dans l'autre, comme on pourrait le croire à l’égard de lâge viril. Tantôt, enfin , tontes ces nuances se mêlent , s’entrelacent à l infiui , et forment des variétés incalculables de tempéramens , tempéramensqui gardent toujours plus ou moins l’empreinte des principales modifications qu’amènent les âges, et qui n’en sont que le mélange , l’excès ou l’intempestive apparition; tempéramens qu’on peut fort bien désigner, à cause de leurs apparences extérieures, parle nom de lymphatiques , sanguins , bilieux , mais qui n’ont réellement tous qu’une seule et même source dans le système des vaisseaux absorbans.

Quanta cette autre constitution à laquelle les modernes ont appliqué le nom de nerveuse , qu elle soit accidentelle ou fondée sur 1 organisation primitive , peu importe : elle n’en a pas

5 C'G DU SïÉCE ET DF LA NATURE

moins le plus souvent une origine commune avec celles qui precedent. On voit , en effet, cette mobilité des nerfs s’enter, en quelque sorte, sur l’excès d’action ou de sensibilité des vaisseaux absorbans de tel ou tel organe, s’accompagner d’une grande sécheresse des parties qui en sont le foyer principal; et lorsqu’elle a été quelque temps habituelle et qu elle devient excessive , entraîner le marasme à cause de l’érétisme général qu’elle produit dans ces sortes de vaisseaux , et de la trop forte succion qu’ils exercent. De là vient que les vaporeux absorbent une quantité plus considérable de l’eau de leurs bains que toutes les autres personnes, et que leurs corps pompent avec une très-grande avidité les vapeurs de l’atmosphère; ce qui porte Cabanis à croire «jue c’est à cette cause qu’il faut attribuer la grande quantité de salive ou d’urine aqueuse qu’ils rendent incessamment.

En entrant dans ces développemens , trop lo ngs, sans doute, par la manière dont ils sont exposés, et pourtant trop insuffisans relativement à l’importance et à la difficulté du sujet, notre intention n’a pas été de complètement développer daus ce chapitre la doctrine des tempéramens, si profondément traitée d’ailleurs par nos illustres maîtres de la Faculté de Paris , et surtout par Lorry, Cabanis et M. le professeur

DES MALADIES. 3 6j

Halle. Nous avons voulu seulement mettre en parallèle les effets de la force et de la faiblesse de l’ordre des vaisseaux que nous étudions particulièrement dans ce livre, et faire bien sentir la puissante influence exercée par ces vaisseaux sur la formation des tempéramens , dans l’espoir que ccs considérations nous mettront à portée de mieux comprendre celle qu’ori peut leur ac-^ corder dans la production des phénomènes que présentent les dérangemens de la santé ; car, on ne l’ignore pas , l’extrême de tout tempérament quelconque est un état maladif, et l’on peut voir souvent naître tour -h -tour l’un de l’autre la maladie et le tempérament.

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