MORAINES TERMI.NAI.ES DE MONT-IOIIS
Quand on monte dans la partie supérieure de la vallée de la 'fet, de Villefranche à Mont-Louis, on ne reconnaît nulle part des traces certaines de l’existence d’anciens glaciers]; les lamlieaux de moraine que la route a mis à découvert peuvent pa.sser tout aussi bien pour du diluvium. Mais, parvenu au sommet du col, à 1600 mètres au-dessus de la mer, là où Vauban u construit Mont-Louis, la forteresse la plus élevée de France, on retrouve les preuves les plus incontestables de l’ancienne extension des glaciers.
A l’ouest de la citadelle s’étendent trois rangées de collines qui s’abaissent successivement en échelons. Le premier rang, qui est aussi le plus élevé et le plus considérable des trois, borde un plateau boisé compris entre la citadelle, le village de LIagone.et la chapelle, si renommée dans toute la Cerdagne, de Notre-Dame de Fontromeu. Ce plateau s’étend sans interruption sur une longueur de 15 kilomètres environ, jusqu’au groupe imposant de montagnes du Carlit, où la Tet et l'.\ude
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preniieiil leur source, cl dont le soimuet le plus élevé, le puij; (le Carlit, s’élève à 2920 mètres au-dessus de la mer. C’est dans ce groupe qu’il faut chercher l’origine de l’ancien glacier dont nous allons décrire les moraines terminales. Les travaux que le génie militaire a fait exécuter autour de .Mont-Louis el la coupure de la Tet, qui traverse ces moraines, dévoilent très-bien leur structure. La moraine principale s’élève de 20 à 30 mètres au-dessus du plateau; elle s’étend, en formant un arc de cercle dont la concavité est tournée vers le Carlit, sur une longueur de 3 kilomètres environ. Sa crête est ondulée et surmontée de blocs erratiques gigantesques; beaucoup d’autres, provenant de la .moraine médiane superficielle, sont semés sur le plateau derrière la moraine terminale. Les deux rangées de moraines qui lui sont circonscrites sont moins évidentes, parce qu’elles sont échelonnées sur la pente qui porte lu citadelle de Mont-Louis et se termine au village de Cabauas ; mais on reconnaît trèsbien leur existence, et l'on peut s’assurer que les derniers blocs erratiques n’ont pas dépassé la ligne de niveau sur laquelle se trouvent les premiers bastions de la citadelle. Ces blocs sont de deux natures : les plus communs, d’un granité blanc avec mica noir; les autres, d’une leptinite noire passant au granité; enfin, la moraine se compose de cailloux de schiste vert évidemment frottés, usés et rayés. La présence de ces trois espèces de roches dans la moraine nous démontre son origine erratique; l’examen de la constitution du plateau confirme cette conclusion : en etl'et, la moraine repose sur un granité gris très-décomposable, qui fait saillie au-dessus du sol sur la pente du plateau et tout autour du village de Cabauas. Ce granité conlra.ste singulièrement, par son aspect terreux et sa friabilité, avec le granité blanc, dur et inattaquable par les agents atmosphériques, qui constitue les blocs erratiques de la moraine. On ne saurait donc considérer cette accumulation de fragments comme un résultat de la décomposition spontanée
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