FAUSSE MORAINE DES F^CALDAS
Tous les auteurs qui traitent de la décomposition du granité en blocs citent ceux du Morvan, des environs de Clermont et du Cornwall en Angleterre. Je doute néanmoins que dans ces pays on ait observé des apparences aussi étonnantes que celles qu'on remarque non loin de Mont-Louis, dans la petite vallée française des Escaldas, qui s'ouv're dans la Cerdagne espagnole, en face de Puycerda. Ici encore la ressemblance avec une vraie moraine est telle, que je crois devoir insister sur les caractères distinctifs de deux etl’ets fort analogues résultant de causes complètement différentes; car s’il est important, pour l’histoire de l'époque géologique qui a précédé celle dans laquelle nous vivons, de signaler partout les traces des anciens glaciers, il serait on ne peut plus fâcheux de confondre avec des moraines, ou des nappes de diluvium, des décompositions de roches qui simulent les terrains de transport.
La petite vallée des Escaldas est entièrement granitique. Derrière l’établissement des bains s'élève une colline transversale qui semble barrer la vallée; elle se compose d’une accumulation de blocs de toute grandeur et des formes les plus variées. Quelquefois on voit quatre ou cinq blocs empilés les uns sur les autres de la manière la plus bizarre. Le granité qui les compose est dur et compacte; sa surface ne présente pas de traces apparentes de décomposition, et je ne doute pas qu’au premier aspect, tout géologue ne se croie en présence d’une magnifique moraine. Une étude plus attentive ébranle d’abord, puis détruit complètement cette illusion. Premièrement, cette prétendue moraine est concave en avant, convexe en amont, forme précisément inverse île colle des vraies moraines. Elle se coni-