ROCHES MOÜTO.NNÉES ET MORAINES DE LA VALLÉE DE CAROL
En visitant la vallée granitique de Garol, le géologue peut comparer immédiatement les véritables moraines avec les fausses. Le village de la Tour de Garol est placé au [loint où la vallée s’ouvre sur le plateau de la Cerdagne es])agnole, vis-àvis de Puycerda. En amont du vill.ige, la vallée est barrée par une moraine demi-circulaire, dont la convexité est tournée en aval: c’est une digue de à à 5 mètres de bautcur, ayant la forme d’un prisme triangulaire, formée de sable, de fragments irréguliers et surmontée de blocs anguleux. En amont, le granité indécomposable de cette vallée a conservé partout les traces du frottement de la glace. Toutes les roches sont polies, usées, arrondies, striées. Les stries sont parallèles à l’axe de la vallée ; les roches inoutonnéo^ sont surtout usées et polies en amont, tandis (pi’en aval elles préstjntent souvent des escarpements qui ontécli ippé à l’action nivelant • du glacier. Ges a|> pareiices .sont surtout visibles sur les nombreux monticules qui surgissent du fond de la vallée. Ou les (loursuit jusqu'à son extrem ité supérieure, au pied du col de Puymauriu, ([ui mène aux eaux d Ax,
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clans le dcipartenient de l’Ariégc. Les célèbres roches moutonnées de la llandeck, en Suisse, si souvent citées, ne sont pas mieux caractérisées que celles de la vallée de Carol, et le phénomène se montre' sur une échelle plus grande dans la vallée pyrénéenne que dans celle des Alpes. C’est aussi du groupe du Garlit que descendait l’ancien glacier de la vallée de Carol, et sa moraine terminale se trouvait encore à 1300 mètres environ au-dessus de la mer. Le glacier de Mont-Louis s’arrêtant à 1650, nous retrouvons dans les Pyrénées le même phénomène que dans les . Alpes, à savoir, que les anciens glaciers, comme les glaciers actuels, descendent plus bas sur le versant sud que sur le versant nord. Dans les deux chaînes, celte différence tient .à la disposition des bassins de réception, qui sont plus considérables au midi qu’au nord. De plus grandes masses de neige pouvant s’y accumuler, les glaciers qu'ils émettaient s’étendaient plus loin cl descendaient plus bas, in.dgré la tempéra- • ture plus élevée du ver.sanf méridional.