I.K SAH \RA OniEN'T AJ
vent, alors toute végétation disparaît, le désert est nu et dépouillé, llien de plus morne (jue eet asptïct. Ces dunes jaunâtres, qui se succèdent unifi)rinément jusqu’à l’horizon, semblent les replis d’un vaste linceul étendu à la surface de la terre. On frémit à l'idée de s’avancer dans ces solitudes, de monter et de redescendre sans cesse sur ce sable mouvant, qui s’éboule sous les pas des hommes et des chevaux, mais où le large pied du chameau ne laisse qu’une légère empreinte. Aussi quel étonnement de voir tout à coup des cimes de palmiers apparaître au milieu des dunes, et dans leur voisinage des maisons habitées par de laborieux cultivateurs ! Les déserts, comme les montagnes, sont le refuge des opprimés. Gélules, Numides, Berbères, fuyant les conquérants qui ont dominé successivement en Afrique, ont peuplé les régions les plus arides, abandonnant au vainqueur les terres fécondes qu’il devait laisser en • friche, tandis que la montagne et le désert devenaient fertiles.
Le désert de sable est inanimé. Comment en serait-il autreraentî Point de plantes, partant point il'lierbivoresni d’insectes ; point d’insectes, partant point d’oiseaux, de reptiles ni de carnassiers. Cependant un renard blanc, l’animal aux longues oreilles décrit par Bulfon, le fennec (l), creuse ses terriers dans les dunes, et quelques gazelles les franchissent dans leur course légère. Nous n’aperçùmes qu’un petit rongeur, voisin des gerbilles, qui s’enfonce dans le sable avec une extrême rapidité (2), et un joli lézard (3) qu’on retrouve également en Égypte.
Telles sont les trois formes du désert. Pour achever le tableau, nous devons décrire les îlots de végétation, les oasis dont il est semé.
(1) Canù terda.
(2) Psammomys Saliar».
(3) Acanlhodactylus Bjskii,
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LES OASIS
Strabori coiiipHie le Sahara à une peau de panthère : le fond jaune de la peau, c’est le désert; tes taches noires sont les oasis. Itien de plus exact : le désert est jaune, les oasis sont noires. Les cimes des palmiers, rapprochées l’une de l’autre, forment une surface unie dont le vert foncé parait noir par un effet de contraste. On appelle oasis un assemblage de jardins et de cultures isolé dans le Sahara; te village ou les villages sont dans le centre ou au pourtour. Aux trois formes du désert que nous 'avons distinguées correspondent trois genres d'oasis dont l’existence se rattache à des conditions différentes. L’oasis des plateaux est arrosée par un cours d’eau ou une source abondante; celle des vallées d’érosion, par des puits artésiens naturels ou artificiels; celle du désert de sable n’est point arrosée. Les racines des paliniers, plantés au fond de cavités coniques ereuséeS|de main d'homme, peuvent atteindre la nappe d’eau (|ui les nourrit. Toute oasis se compose principalement de palmiers-dattiers qui semblent former une forêt continue; mais en réalité ils sont plantés en lignes dans des jardins séparés par des murs de terre percés en amont d’un orifice par lequel la rigole d’irrigation pénètre dans le carré. Les déblais employés à élever les murs étant empruntés aux chemins, ceux-ci sont en contre-bas des terres et servent à un double usage : ils facilitent la circulation dans l’oasis, et les eaux qui ont arrosé les jardins et dessalé le sol se déchargent dans ces chemins creux, d’où elles coulent vers les chotts, ou forment des marais que l’incurie musulmane ne songe pasJi dessécher. La fièvre s’élance chaque année de ces foyers d’infection, et décime cruellement ces populations imprévoyantes. On comprend qu’une oasis soit une forteresse : chaque carré de jardin est une redoute ; le boulet se loge dans ces murs de terre, et s’il les perce, c’est une meur-