‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 186 sur 210 · I.E saHaha OHIENTAL · texte numérisé non relu

I.E saHaha OHIENTAL

de son bournous rou{;e et entouré des principaux habitants du village, venant à elicval à noire reneonire. A 5ü mètres de distanee, la troupe s’arrêtait, tous mettaient pied à terre, et s’approchaient pour baiser la maiif du capitaine’ /«/e/-ina (le capitaine qui fait monter l’eau), surnom de M. Zickel dans le désert; en même temps ils portaient alternativement la main à la tête et au cœur. Ignorant notre qualité, ou nous prenant pour des mercauti, gens de négoce, pour lesquels ils ont une médiocre estime, ils ne nous adressaient pas la parole; mais dès que le capitaine leur avait dit : u Je vous présente nos amis I), suivant la formule orientale, alors ils venaient nous donner une cordiale poignée de main, témoignant par leurs gestes du bonheur qu’ils avaient de nous recevoir. Il est impossible de se figurer la noblesse de ‘manières qui distingue ces paysans. C’est un mélange de grandeur, de simplicité et de cordialité alfcctueuse réunissant tout ce que nous attendons de la plus exquise politesse. Après cet accueil, nos hôtes rejoignaient leurs chevaux, qui n'avaient pas bougé de place, se mettaient en selle et nous précédaient pour nous guider vers le village. 1.ÆS enfants, entassés à l’entrée, nous saluaient de leurs cris, et se sauvaient immédiatement après; les femmes se eaehaient pour regarder ii travers les portes entre-bâillées ou les nalU's tendues devant les meurtrières qui tiennent lieu de fenêtres. Nous entrions dans la maison du cheikh, plus grande en général que les autres. La salle éUril garnie d’un lapis et entourée de coussins. Notre cuisinier apprêtait notre repas; le cheikh, de son côté, nous offrait la difa, composée ordinairement de couscoussou assaisonné à la sauce au piment, de mouton coupé en morceaux et bouilli, de volailles et de dattes. Nous mettions les deux repas en commun, et nous invitions les cheikhs à dîner avec nous : ils acceptaient toujours, mais la plupart s’abstenaient de vin et de lard. Quelques-uns, secouant le préjugé, buvaient du vin, des liqueurs, et mangeaient du

l.A VIK AU DÉSKKT.

porc. Nous les avions appelés les cheikhs voltairiens. C’étaient les plus éclairés, et la manière dont ils discutaient avec le capitaine pour obtenir la faveur d’un puits, cherchant à réduire la contrihution de l’oasis qui devait en profiter et à mettre tous les frais à la charge de l’État, eût fait honneur au maire d’une commune normande débattant avec son sous-préfet tes intérêts de scs administrés. Le capitaine avait beau leur dire de s’adresser au gouverneur de la province, ils se persuadaient iliflicilemcnt que celui qui a le pouvoir de faire monter l’eau n'eût pas le droit de lui ordonner de jaillir où il lui plail. Pendant le repas, les gens du village, entrant et sortant librement, écoutaient sans y prendre pari une conversation qui tés intéressait si vivement.

C’est dans le Souf, grâce aux recommandations du caïd de Tougourt, Si-Ali-bcy, ancien prisonnier d’.\bd-el-Kader, que les réceptions furent les plus brillantes. Le khalifat Si-Aliben-Ainar, placé sous les ordres du caïd, son cousin, vint à notre rencontre avec toutes les autorités, cheikhs, caïds, cadis, etc., et nous fit les honneurs d’une fantasia. Les cheikhs plus modestes des villages pauvres arrivaient, montés sur ces petits ânes gris clair du Sahara qui suivent les dromadaires en portant un homme ou un fardeau équivalent. La réception n’en était pas moins cordiale; mais nous campions près du village, redoutant d’entrer dans les maisons dont les nattes et les tapis recèlent souvent des parasites qu’il est fort désagréable d’emporter comme souvenirs de l’hospitalité arabe. \ Tougourt, capitale de l’Oued-Rir, pous reprîmes pendant quelques jours les habitudes de la civilisation. Logés dans la caserne fortifiée établie près de la ville, le commandant de la place, M. Auer, nous admit à sa table hospitalière. Par une heureuse coïncidence, nous rencontrâmes le commandant du district de Biskra, M. F’orgeniolle, revenant d’une tournée dans le Souf avec plusieurs officiers. Un d’eu.x, M. Bertomieii, était photographe.

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