I. \ r.EOdK APIIIK HOTANiyi K. 5S
Irlande et aux États-Unis; un grand nombre existent uniquement en Asie et en Afrique^ ou en Amérique et en Asie. D’autres habitent les zones tempérées des deux bemisphères, et sont séparées par l’immense intervalle des zones tropicales et intertropicales du globe. Parmi ces végétaux, on en cite qui, dans l’hémisphère nord, ont été observés en Laponie seulement, dans l’hémisphère sud à la Terre de Feu et à la Nouvelle-Zélande ; d’autres n’ont été vus qu’aux États-Unis et sur les bords de la Méditerranée d’un côté, et de l'autre en Patagonie. Plantes des pays froids ou tempérés, elles ne sauraient vivre sous l’équateur ; une propagation de proche en proche est donc radicalement impossible, et le transport des graines d’un bout du monde à l’autre l’est également, car il n’existe pas de courant aérien ou aqueux qui puisse leur faire parcourir cet immense trajet. Les mêmes faits se reproduisent, si l’on considère des contrées très-éloignées l’une de l’autre dans le sens de l’esta l’ouesL On ne saurait les expliquer raisonnablement à l’qidc des connexions géologiques de terres séparées aujourd’hui par de vastes mers. Kn effet, à l’époque de la dispersion des espères, quand la constitution du globe était différente, les climats l’étaient aussi, car ils sont la conséquence immédiate de cette constitution. Or, nous trouvons aux extrémités polaires des deux hémisphères des plantes que la chaleur la plus modérée fait périr rapidement. A l’époque de leur apparition, le climat était donc aussi froid qu’il l’est aujourd’hui ; la distribution des terres et des mers, le relief du sol, causes déterminantes du climat, ne différaient pas de l’état actuel, et l’ancienne connexion de grands continents séparés aujourd’hui par l’immensité dos mers devient une hypothèse inadmissible. La paléontologie confirme ces inductions : elle nous apprend que les climats ont été par toute la terre plus chauds qu'ils ne sont actuellement. A la fin de l’époque géologique la plus récente, appelée pliocène par les savants, les éléphants habitaient les environs de Paris, les lions
Digilized by Coogle
INTHOlUirTION.
et les ligres le midi de la France. Ce n’est donc pas dans cette période que ces plantes auraient pu s’établir : elle fut suivie, il est vrai, de la période de froid due à l’e.xtension des glaciers qui rayonnaient autour des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, et recouvraient toutes les terres polaires. Aussi Edward Forbes considère-t-il l’époque glaciaire comme celle de la dispersion des plantes alpines. Cette opinion, soutenable pour un hémisphère considéré séparément, ne l’est plus quand il s’agit d’expliquer le transport des espèces polaires à travers l’équateur, où la chaleur paraît avoir été la même qu’aujourd’hui. Une autre conséquence résulte de l’étude des animaux et des végétaux fossiles, c’est que pendant les périodes géologiques, les climats étaient beaucoup plus uniformes qu’ils ne le sont actuellement. Par conséquent, si des connexions de terres peuvent expliquer la présence de plantes sur des points relativement peu éloignés, je crois que leur existence à l’extrémité des deux hémisphères terrestres ne peut avoir d’autre cause que la multiplicité des centres de création. Tout dans l’étude de la géographie botanique nous ramène à cette idée.
Une dernière question a été soulevée récemment. L'apparition des différentes familles végétales sur le globe a-t-elle été successive ou simultanée? La terre s’est-elle couverte indifféremment de toutes les espèces qui composent l’ensemble du règne végétal, ou bien cette apparition a-t-elle été lente et progressive? 11 est probable que les familles et les genres se sont produits l’un après l’autre dans un ordre hiérarchique ; c’est encore la géologie qui jette quelque lumière sur ces premiers jours de la création actuelle. En elTet, comme nous l’avons vu, les cryptogames dominent dans les terrains anciens, puis viennent les conifères et les monocotylédones ; les terrains les plus modernes nous offrent des dicotylédones polypétales, ries végétaux de la famille des mauves, des érables, des saules, des chênes, des bouleaux, du myrte et de la rose, mais k peine