‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 22 sur 210 · TABLEAU Ü’I’N ARCHIPEL A L’ÉPOQUE GLACIAIRE · texte numérisé non relu

TABLEAU Ü’I’N ARCHIPEL A L’ÉPOQUE GLACIAIRE

Placé sous lo méridien de l’Europe centrale et de la presqu’île Scandinave, entre 76° 3ü' et 80° .SO' de latitude, le Spitzberg est, pour ainsi dire, la sentinelle avancée de notre continent' vers le iNord. C’est dans ces lies où l’hiver règne pendant dix mois de l’année, que la vie organique s’éteint, faute de chaleur et de lumière ; c’est là que le natun^liste recueille les dernières plantes et observe les derniers animaux; c’est la limite extrême de la faune et de la llore européennes. Au delà, tout est mort, et une banquise de glaces éternelles s’étend jusqu’au pôle boréal. Au Spitzberg lui-même, les neiges ne fondent que sur le bord de la mer, dans les localités privilégiées; mais les montagnes restent toujours blanches, même pendant les trois mois de l’été. Toutes les vallées sont comblées par de puissants glaciers qui descendent jusqu’à la mer; aussi ces lies sont-elles l’image lidèle de l’époque géologique qui a précédé immédiatement celle où nous vivons, l’époque glaciaire. Pendant cette période un manteau de glace couvrait tout le nord de l’Europe jusqu’au 53° degré de latitude ; toutes les vallées des chaînes de montagnes, telles que les Vosges, le Jura, les Alpes, les Pyrénées, les Carpathes, le Caucase, l’Himalaya, et même celles de la Nouvelle-Zélande, étaient occupées par des glaciers qui s’étendaient plus ou moins loin dans les plaines voisines. Le Spitzberg réalise donc à nos yeux l’image d’une phase géologique dont les traces se rencontrent presque partout. Le petit

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