‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 3 sur 210 · ET SES PROGRÈS LES PLUS RÉCENTS · texte numérisé non relu

ET SES PROGRÈS LES PLUS RÉCENTS

La botanique moderne est une science complexe; à son origine elle ne l’éliiil pas. .Nommer et décrire les plantes qui s’offraient à leur observation, retrouver celles que les anciens avaient connues, et compléter ainsi peu à peu l’invenlaire des espèces végétales (|ui croissent à la surface du globe, telle était la lâche immense, mais peu variée, que s’imposaient les botanistes du moyen âge et de la renaissance. Au commencement ilu xvii' siècle, on découvrit que la plante était un être vivant comme l’animal; on entreprit l’étude de ses fonctions. La physiologie végétale naissait et prenait place :i cèlé de la botanique descriptive. Ku même temps que l'on commençait à entrevoir le jeu de quelques organes, on les étudiait avec plus de soin; on cherchait à en pénétrer la structure intime. L'anatomie végétale, fdle de Grew et de .Malpighi, éclairait la physiologie et formait avec elle une branche distincte de la science des végétaux considérés comme des êtres organisés et vivants. Tous les bons esprits fureirt frappés des relations intimes de cette branche

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INTHODIJCTION.

avec la physiologie animale, et annoncèrent les applications prochaines que ragriculture rationnelle pouvait en attendre.

Pendant que la botanique se développait, les autres sciences ne restaient pas stationnaires. D’intrépides voyageurs, parcourant les parties du globe les moins explorées, agrandissaient le domaine de la géographie physique, et notre continent Inimëme était soumis à un examen plus détaillé. Les météorologistes apprenaient à caractériser les divers climats; ils notaient les extrêmes de chaleur et de froid, la direction dos vents régnants et la distribution des pluies dans les quatre saisons de l’année. Les géologues dressaient des cartes sur lesquelles chaque terrain est teinté d’une couleur spéciale. Les agriculteurs distinguaient les différentes espèces de sols. Ou déterminait la hauteur des monhignes, la puissance des massifs, la longueur et l’orientation des chaînes, l’étendue et l’inclinaison des plateaux; on calculait le décroissement de la tem])ératurc de l’air, qui se refroidit li mesure qu’on s’élève au-dessus du niveau des mers. De la combinaison de ces quatre sciences, la botanique, la météorologie, la physi<iue du globe et la géologie, naquit une science nouvelle, la ij>:ugrnjjfiie butunique.

Les anciens se bornaient à constater que telle espèce se trouve à la fois dans différents pays, que telle autre n’cxisLc (juc dans une localité restreinte. La géographie botanique étudie les lois de la distribution des végétaux è la surface du globe : elle se demande pourquoi certaines espèces sont cosmopolites, tandis que d’autres semblent irrévocablement' confinées dans un espace limité; elle cherche quelles sont les causes dépendantes de l’atmosphère, de la hauteur au-dessus des plaines, du voisinage ou de l’éloignement des mers, de la constitution physique ou chimique du sol, qui impriment à la végétation de chaque contrée un caractère spécial et indélébile. Abordant les problèmes les plus élevés de l’histoire naturelle, elle établit les relations de la flore actuelle de notre planète avec les flore®

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(“teintes des diverses époques géolo{;iques; elle cherche à deviner le plan de la création, et à reconnaître si les innombrables individus d’une même espèce dérivent originairement d’un individu né sur un seul point du globe, ou bien s’il existe pour une môme espèce plusieurs centres de création d’où chaque plante a rayonné en se propageant jusqu’à ce que des circonstances incompatibles avec son existence aient mis un terme à ses migrations. Ces aperçus sutÜront, je l’espère, pour montrer l’intérêt philosophique de ce genre de recherches. Une portion du voile a déjà été soulevée, et la géographie botanique nous fait entrevoir les lois qui ont présidé à l'apparition des végétaux sur le globe terrestre.

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