‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 4 sur 210 · PRE.M EHS TRAVAUX 1)E üÉOtiRAPÜIE BOTA.MgUE · texte numérisé non relu

PRE.M EHS TRAVAUX 1)E üÉOtiRAPÜIE BOTA.MgUE

Il serait difficile de dire quel est l’auteur à qui nous devons les premières notions de géographie botanique : on les trouve éparses dans h>us ceux qui, après avoir décrit une espèce, énuméraient les pays dans lesquels elle croit naturellement; mais ces remarques isolées, éléments de la science, ne la constituaient point encore. C’est Linné, dont le génie a deviné toutes les conquêtes réservées à l’histoire naturelle, qui jeta les premiers fondements de la géographie botanique et comprit qu’elle en serait un jour une des branches les plus attrayantes. Dans un discours sur l’accroissement de la terre, il montre le sol habitable surgissant lentement du sein de la mer et se couvrant de végétaux dont les graines sont disséminées et répandues de tous côtés par des agents variés, tels que le vent, les fleuves, les animaux et l’homme liii-méme. Dans une autre dissertation, il prouve que beaucoup de plantes occupent des stations déterminées, les unes végétant dans les eaux courantes, les autres dans les marais, d’autres au bord de la mer. Il en est

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qui lie se plaisent que dans les sables arides; quelques-unes préfércnl les déconilires et les terres éboulées; plusieurs enfonrent leurs racines dans les fenlps des pierres, et ajoutent au charme des l'uines en les parant de fleurs; il en est qui se suspendent aux parois verticales des rochers ; mais la plupart aiment une terre riche et féconde oii elles puissent acquérir tout leur développement. Enfin, dans une thèse soutenue sous sa présidence par un de ses élèves, Linné donnait des exemples de colonies végétales formées loin de la mère patrie. Des impressions personnelles se joignaient à ces recherches scientifiques et montraient le côté pittoresque de la science nouvelle. Pendant son voyage en Laponie, la jeune imagination de Linné (1) avait été frappée de Tappauvrissement progressif de la végétation, (|ui expirait sous ses yeux à mesure qu’il s’avançait vers le nord. Même les arbres de la Suède, sa froide patrie, rahandonnaient l’un après l’autre sur le versant des alpes laponnes, où le pin et le bouleau résistent seuls à la rigueur des hivers et à rinsuffisance des étés. Il comparait mentalement la végétation luxuriante des tropiques avec les humbles végétaux qui l'entouraient, et, dans le style poétique et concis qui lui est propre, il termine ainsi les prolégomènes de son Flora lapponica : « La dynastie des palmiers règne sur les parties les . plus chaudes du globe, les zones tropicales sont habitées par des peuplades d’arbustes et d’arbrisseaux, une riche couronne de plantes entoure les plages de l’Europe méridionale, des troupes de vertes graminées occupent la Hollande et le Danemark, de nombreuses tribus de mousses sont cantonnées dans la Suède ; mais les algues blafardes et les blancs lichens végètent seuls dans la froide Laponie, la plus reculée des terres habitables. Les derniers des végétaux couvrent la dernière des terres. »

(I) tn 1732 : it était alors igé de vingt-cinq aiin.

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