‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 34 sur 210 · LE SPITZBERG · texte numérisé non relu

LE SPITZBERG

du 75* degré de latitude nord, ont 58 plantes communes avec la partie septentrionale du Spitzberg. Celles qui manquent en Amérique sont en général des espèces de la côte occidentale de l’ile qui appartiennent plus spécialement à la flore continentale du nord de l'Europe. Vers Test, dans la Sibérie asiatique, sur la presqu’île de Taymir, par 100* de longitude est et 75* de latitude, M.Hiddendorf a recueilli 12é phanérogames, dont 53 habitent également le Spitzberg.

On le voit, la couronne des modestes fleurs qui entoure le pôle boréal n’est pas variée sous les différents méridiens comme les autres ceintures végétales qui ceignent le globe terrestre : ce sont partout les mêmes plantes ou des espèces appartenant aux mêmes genres et aux mêmes familles ; ce sont toujours les Graminées, les Crucifères, les Caryophyllées et les Saxifragées qui dominent ; et parmi les genres, les Draba, les saxifrages, les renoncules, les Carex et les paturins. Toutes ces espèces sont vivaces : c’est une condition de leur existence, car il en est bien peu qui puissent, chaque année, nouer leurs fruits et mûrir leurs graines. Or, une plante annuelle disparait d’un pays, s’il arrive une seule fois que ses graines ne parviennent pas à maturité.

Il existe donc une flore arctique ; mais celle du Spitzberg est aussi le prolongement de la flore Scandinave, qui se mêle dans cette lie à la flore arctique proprement dite. En effet, ces deux régions ont 69 espèces communes ; restent 26 espèces propres au Spitzberg, mais qui toutes se trouvent dans l’Amérique boréale, le nord de la Sibérie et à la Nouvelle-Zemble : ce sont les plantes arctiques par excellence, celles qui caractg|isent le mieux la flore circompolaire. Je les ai distinguées des autres par un astérisque. En résumé, la flore Ju Spitzberg se compose du mélange de deux flores, l’une européenne, dominante en raison du voisinage de la Scandinavie , l’autre arctique, c’est-à-dire américa ine et asiatique .

Cette flore est circonscrite dans les hautes latitudes par une

barrière infranchissable pour elle : la chaleur des étés. Mais avant la période actuelle, la terre a traversé une période de froid, les glacier sont formé une calotte qui, rayonnant du pèle, s’est avancée jusqu’au milieu de l’Europe, de l’Amérique et de r.\sie, transportant des blocs de pierre, des amas de sable et de gravier, et avec eux les plantes qui les habitaient : ces plantes se sont propagées de proche en proche vers le sud. Lorsqu’une température plus élevée a amené la fusion et le retrait des glaciers, ces plantes, surprises par la chaleur, ont disparu presque toutes des plaines de l’Europe, mais elles se sont maintenues dans les montagnes telles que les Sudètes, qui comprennent toutes les chaînes de l’Allemagne septentrionale, dans le Harz, dans les Vosges et surtoutdans les Alpes. Ainsi, suivant M. Heer, la Suisse compte actuellement 360 espèces alpines, dont 158 se retrouvent dans le nord de l’Europe : il en énumère /i2 qui habitent même les plaines du canton de Zurich. Quelques exemples spéciaux vont mettre ces vérités en évidence.

La montagne du Faulhorn, dans le canton de Berne, fait partie d’une chaîne de montagnes calcaires située en face des hautes .\lpes bernoises. Son pied septentrional plonge dans le lac de Rrienz, tandis que la pente sud aboutit à la vallée de Grindelwald. Du haut de ce belvédère, la vue embrasse toute la chaîne des Alpes, depuis le Sustenhorn, dans le canton d’Uri, jusqu’aux Diablerets, dans celui de Vaud. Le Faulhorn se termine par un cône qui s’élève au-dessus d’un plateau sur lequel se trouve un petit glacier. Ce cône, en pente assez douce vers le midi, forme un abrupt du côté du nord : sa hauteur totale est de 65 mètres, sa superficie de h hectares et demi, et le sommet est à 2683 mètres au-dessus de la mer. Il se compose d’un calcaire noir appartenant à l’étage néocomien inférieur. Facilement désagrégé par les agents atmosphériques, ce calcaire nous explique le nom de Faulhorn (montagne pourrie) que ce sommet remarquable a reçu des premiers habitants du pays. Sur ce cAne, couvert de

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