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graines, l’air et l’eau des villes, les phénomènes périodiques des plantes et l’anatomie des Annélides.
Les travaux dont nous ne venons d’analyser que la vingtième partie au plus n’ont pas occupé tous les instants du congrès. Le plaisir a eu aussi sa part. Deux excursions géologiques ont été faites, l’une sous la direction de M. Cliambers, l’autre sous celle de MM. Maclaren et Murchison, pour étudier les enVirons d’Édimbourg. Les botanistes se sont rendus aux collines de Pentland; les physiciens ont été visiter les phares de la côte sur un bateau à vapeur que la compagnie qui les administre avait mis à leur disposition. Deux grandes soirées ont été données par la ville dans la salle de concert. Enfin trois savants MM. Dennet, Mantell et Nasmyth ont fait des leçons, le premier sur le sang, le second sur les oiseaux gigantesques éteints de la Nouvelle-Zélande, le troisième sur les apparences de la surface de la lune. Ck; n’est pas sans raison que je place ces trois séances parmi les fêtes qui ont été données à l’Association : é’étaient des fêtes intellectuelles. Qu’on se figure M. Mantell, par exemple, parlant devant de magnifiques dessins coloriés représentant d’abord la côte de la Nouvelle-Zélande oii ces animaux ont été trouvés, puis ces oiseaux eux-mêmes, figurés avec leur taille de 3 et .'i mètres, et, devant le professeur, les os énormes qui prouvaient que sa restauration n’était point une œuvre de l’imagination; puis à côté, ces singuliers oiseaux encore vivants à la Nouvelle-Zélande, que la nature a privés d’ailes, et qui représentent en petit ceux auxquels ils ont succédé. Pour faire comprendre la forme et les phénomènes des globules du sang, M. Bonnet leur avait fait donner la dimension d’une soucoupe, et rien n’égalait la clarté de ces représentations, si ce n’est celle des explications du professeur. Nous ne dirons rien de M. Nasmyth qui, pendant une heure, promena son auditoire silencieux et attentif à travers les montagnes, les vallées et dans l’intérieur des cratères de la lune.
DK L ASSOCIATION HRIT A NN ly U E.
Un ne conçoit pus un congrès sans dîners : ils furent nombreux et excellents; mais celui que le professeur Syme, le premier chirurgien de l'Écosse, donna au nom du corps médical de l'université d’Édimltourg, fut des plus magnifiques. Dans un l>ean jarrlin, en face de la verte colline de Dlackford, d’où Marmion contemplait son armée et où Walter Scott enfant jouait et rêvait déjà (1), un élégant pavillon avait été dressé; des arbrisseaux et des fleurs exotiques en ornaient tout le pourtour. Cent cinquante convives prirent place à une longue table; la musique d’un régiment de highlanders alternait avec le sombre bourdonnement de six joueurs de cornemuse, portant le costume national. Mieux que tout ce que j’ai lu, cette musique monotone,. continue, sans arrêt, sans repos, m’a donné l’idée de ces batailles sanglantes où les Écossais combattaient leurs ennemis depuis l’aube jusqu’.'i la nuit, tant que la cornemuse se faisait entendre et tant qu’un souille de vie animait leurs corps épuisés. Mais, elle/. M. Syme, ces cornemuses n’étaient là que |)Our soutenir l’appétit des convives déjà suffisamment excité par les mets choisis et les vins délicieux qui se succédaient sur la table. Un grand nombre de dames élégantes circulaient dans les jardins; lors(|ue les toasts officiels eurent été portés à la reine, à l'armée et à la marine, au salut du navigateur Franklin, un gentleman d< bout, élevant son verre, s’écria : The Indii'sl (les dames !), ce fut une explosion des plus bruyantes acclamations et de bravos prolongés. M. Syme, dont le ciel avait favorisé* la fête, le jour même où un déluge de pluie inondait Paris, ne put s’empêcher, dans un élan de reconnaissance, de proposer un toast au beau temps, cet hôte si rare en Écosse, mais qui semblait s’y être fixé sans retour pendant le séjour de l’Association britannique. Après ce toast, d’autres furent portés à la ville d’Édimbourg, à l’université, au président de l’Association,
(t) Marmion, chant IV, siroplic 21.
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l’illuslrc David Drewstcr, aux clraiif'crs, etc.; plusieurs d’entre eux ayant parlé au nom de leur pays, le seul Français présent à ce banquet se leva à son tour et dit : « Je porte un toast à la » prospérité de l’Êcosse, dont l’histoire est intimement liée à celle » de la Fianee. (Applaudissements.) Je porte un second toast à » l’union éternelle de la Grande-Bretagne et de la France, gage » assuré de la paix du monde et des progrès de la civilisation!...)) Quand je vivrais cent ans, je n’oublierais jamais l’explosion d’enthousiasme dont ces paroles furent suivies. Ces Anglais qu’on dit si froids se levèrent comme un seul homme en brandissant leurs verres et en criant : I/urrnh ! for ever!... J’aurais voulu que toute la France entendit leurs acclamations et comprit, comme moi, que rien ne doit diviser les nations civilisées de l’Europe, dont l’union peut seule sauver le monde des étreintes du despotisme ou d’une nouvelle invasion de la barbarie.