‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 76 sur 210 · I.F.S r.l, aciers des AI.PES · texte numérisé non relu

I.F.S r.l, aciers des AI.PES

daiilcs qui se relèvent d’amont en aval, comme celles que nous avons signalées sur le glacier de l’^ar, au pied du promontoire' qui porte le pavillon de M. Agassiz.

Ainsi les traces les plus probantes qu’un glacier puisse laisser de son passage à l’entrée d’un défilé, collines arrondies en amont, escarpées en aval, roches moutonnées avec cannelures et stries rectilignes, horizontales au fond de la vallée, ascendantes sur le promontoire qui la rétrécit, moraine latérale composée de blocs anguleux suspendus aux flancs des montagnes, se trouvent réunies à l’entrée de la gorge des Montées.

Il existe encore quelques savants qui attribuent tous ces phénomènes à l'action de grands courants aqueux. Ils pensent que ces torrents diluviens ont eu le pouvoir de transporter les blocs erratiques sans en émousser les angles, sans en effacer les arêtes. Ils attribuent au passage rapide de ces ,blocs les formes arrondies des roches moutonnées et les stries dont elles sont couvertes; ils ne reculent pas devant la nécessité d’admettre des courants de éOO à 500 mètres de profondeur, coulant pendant de longues périodes de temps, ce qui suppose des masses d’eau réellement incalculables et dont l’origine ne saurait s’expliquer. Cependant la foi robuste du diluvialiste le plus obstiné serait, je crois, ébranlée en comparant les traces de l’ancien glacier qui débouchait par la vallée de Chamounix à l’action séculaire de l’Arve, dont les eaux torrentielles se sont creusé un lil dans le même terrain que le glacier a modelé. D’un côté, des roches moutonnées, sillonnées de cannelures rayées à l’intérieur; des surfaces polies avec des stries fines toujours rectilignes, souvent ascendantes; des blocs erratiques énormes aux angles vifs, aux arêtes tranchantes, déposés sur les flancs des montagnes, voilà l’œuvre du glacier. De l’autre, des érosions ; des canaux sinueux, ramifiés, à parois lisses et unies, toujours dirigés dans lesensde la pente; des cavités cylindriques appelées marmiies de géants; des blocs de grosseur médiocre, roulés, arrondis, aux arêtes et

ANCIENSK EXTENSION.

aux angles émoussés, déposés au fond de la vallée, voilà les pftets d’un torrent. On peut les étudier dans le lit de l'Arve à ertté des traces du glacier. Dans le premier cas, c’est un eorps solide qui nivelle et burine la roche; dans le second, c’est un liquide qui l’attaque incessamment, la creuse, la polit, mais sans la rayer.

En partant du village des Ouches, le voyageur traverse une petite plaine, puis il s’engage dans la gorge des Montées, qui unit la vallée de Chamounix à celle de Servoz. A droite, l’Arve gronde au fond d’un précipice ; à gauche, un espace bas et marécageux s’étend jusqu’au pied du Prarion. Tous les escarpements de la gorge des Montées, tous les rochers qui surgissent dans la vallée, sont moutonnés, semés de gros blocs erratiques et sillonnés de stries rectilignes dont la longueur est souvent de plusieurs mètres. Sans s'écarter du grand chemin, on peut voir une de ces collines sur la rive gaucho de l’Arve, après avoir passé le pont Pélissier : c’est celle qui porte les ruines pittoresques de la tour de Saint-Michel. Partout autour de ces collines on trouve des blocs de protogine recouvrant des roches polies et striées. Souvent ces blocs sont comme suspendus sur les flancs de la colline, dans des positions telles, qu’on est invinciblement amené à cette conclusion, 'qu’ils ont été transportés par un agent qui les a déposés doucement et sans secousse à la place où ils sorti restés en équilibre, tandis qu’un torrent impétueux les eût entraînés et précipités dans le fond de la vallée.

Quelle était la puissance du glacier au moment où il franchissait le défilé des Montées? Pour résoudre cette question intéressante, je me suis élevé sur les deux rives de l’Arve. A droite, au-dessus des rochers dont les parois escarpées plongent dans le torrent, j’ai trouvé des roches polies et des blocs erratiques jusqu’à la hauteur de 758 mètres au-dessus du pont Pélissier. A gauche, non loin du col de la Forclaz, les blocs s’élevaient à la hauteur de 683 mètres. Ces deux points, situés vis-à-vis l’un de

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