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ARTICLE XIII

La simplicité, l'innocuité de lamyotomie oculaire pour remédier au strabisme n'ont point empêché de chercher des moyens encore plus innocens pour arriver au même but.

§ 1er. Destruction d'une plaque de la conjonctive pour remédier au strabisme

On trouve dans le journal de Casper , 18M, n° 36, et dans Je petit volume que. vient de publier M. Cimier (1) , quelques propositions de M. Dieffenbach à ce sujet.

Quand le strabisme est léger, pour éviter un strabisme inverse , après la section du muscle rétracté , l'opérateur de Berlin conseille de s'en tenir à l'excision d'une portion de la conjonctive et des tissus qui la doublent, vers le tendon du muscle correspondant. En se cicatrisant, la plaie rapproche peu-à-peu les bords de la conjonctive divisée, de manière à la raccourcir notablement et à redresser ainsi l'œil.

M. Dieffenbach prétend même avoir obtenu le même résultat au moyen de la cautérisation avec l'azotate d'argent. Pour moi, qui accorde toute la confiance possible aux assertions de M. Dieffenbach, j'ai cependant peine à croire qu'il ail obtenu de la sorte de nombreuses guérisons chez de véri tables slrabiques. La conjonctive est trop mpbile , trop sou pie, se déplace trop facilement pour qu'une opérationpareille puisse réellement redresser un œil dévié. D'ailleurs si le re dressement avait lieu, il devrait en résulter un obstacle ma-

(i) Revue ophthalmologique, etc., ou Suppl. a,UX Ann. d'oculistique, p. 397.

nifeste aux mouvemens dans le sens opposé , et par conséquent une nouvelle difformité.

M. Cunier ajoute (ouvrage cité) que si cette opération devait être appliquée, il vaudrait mieux réunir la plaie de la conjonctive par première intention , au moyen de la suture ,que de la laisser suppurer ; mais peut-être ôterait-on ainsi à l'opération de M. Dieffenbach la seule chance de succès qu'elle possède, savoir, la possibilité de faire naître une cicatrice inodulaire, capable d'entraîner légèrement l'œil de son côté.

§ 2. Section des muscles de l'œil avec un fil.

Une opération à laquelle j'ai songé dépuis long-temps, et que j'aurais déjà mise en pratique, si celle que nous connaissons était moins simple, consisterait à embrasser le tendon du muscle rétracté , préalablement soulevé avec des pinces dans une anse de soie, puis à tordre, l'un sur l'autre, les deux fils de celle anse, pour la fixer de l'autre côté du nez , dans le cas de strabisme externe, du côté de la tempe, quand il s'agirait d'un strabisme interne. On porterait ainsi le redressement de l'œil aussi loin que la chose serait jugée nécessaire, et même bien au-delà de la ligne centrale , pour l'y maintenir jusqu'à ce que le fil eût complètement divisé les tissus compris dans son anse. Comme je prévois les objections théoriques qui pourraient être faites à ce projet, et que je ne le regarde pas moi-même comme d'un succès assuré, je ne l'ai point encore mis en pratique.

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