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Moyenne.
annuelle des suicides dans chaque région (1) , nous ne trouverons entre eux que des différences très peu importantes. La région du nord, qui occupe le premier rang dans le tableau des suicides, se reporte, il est -vrai, au second rang dans celui de l'instruction. Mais on -voudra bien se rappeler ce que nous avons dit précédemment de l'influence désastreuse de Paris et de son voisinage sur l'augmentation du nombre des suicides ; on considérera de plus que le département de la Seine compte pour
(1) Pages 23 à 26.
plus d'un tiers dans la somme des suicides appartenant îi la région du nord , et que sous le rapport de l'instruction il se place de beaucoup au-dessus de la région de l'est , prise en masse; qu'enBn, il en est de même des départements de l'Oise , de Seine-et-Oise , de Seineet-Marne , de la Marne, etc., compris dans la région du Nord , et chez lesquels on a constaté un si grand nombre de suicides (voy. les V^ et Xl^ tableaux) (1). La diflerence qui existe entre les deux régions, de l'est et du nord, sous le rapport de la fréquence des suicides, se trouve ainsi de beaucoup réduite. Quant aux trois autres régions , où l'instruction est beaucoup moins développée, il existe entre elles dans les deux tableaux des dissemblances assez tranchées. Ainsi, la région du sud , qui ne vient qu'en dernier lieu dans le tableau des suicides, occupe le troisième rang dans celui de l'instruction. La région de l'ouest, déplacée dans le second par celle du sud , n'occupe plus que le quatrième rang et s'y rapproche singulièrement de celle du centre. Mais toutes ces différences partielles disparaissent en présence de ce fait capital, que
(1) Pages 29 à 71.
SELON l'instruction. 79
le suicide n'a pas cessé d' augmenter de fréquence à mesure que l'instruction se répandait davantage dans chaque région aussi bien que dans toute la France. Il y a entre ces deux progrès un parallélisme remarquable, et qui ne s'est pas démenti un seul instant depuis trente ans. Et si l'un n'est pas l'efFet de l'autre , on conviendra du moins que c'est là une coïncidence étrange, et qui mérite qu'on la prenne en grande considération. 11 en résulte d'ailleurs de la manière la plus évidente , que si l'on n'est pas fondé à accuser l'instruction d'avoir contribué à augmenter le nombre des suicides , celle-ci n'a pas non plus empêché le rapide développement de ce funeste penchant.
L'examen comparatif du chiffre des suicides et de l'état de l'instruction publique a donné , du reste, partout on ii a été fait, des résultats absolument semblables aux nôtres. Nous trouvons sous ce rapport des renseignements pré cieux dans le mémoire de M. le docteur Brouc dont nous avons déjà parlé (1) . Quoique ces renseignements soient déjà un peu anciens, iis n'en
{l) Annales d'hygiène publique et de médecine légale, Pa:is , 1836, t. XVt, p. 223etsuiv.
onl pas moins une grande valeur. Mais comme il serait trop long de les rappeler ici , nous nous contenterons d'y renvoyer nos lecteurs. Ils s'appliquent a la Prusse , h la Pvussie et au canton de Genève, et 3 ainsi que nous le disions tout a l'heure, on a partout obtenu des résultats analogues. Ce même mémoire renferme un tableau dressé d'après M. Balbi , qui permet de comparer entre eux, sous le rapport du nombre des suicides et de l'état de l'instruction, un certain nombre de pays placés sous des latitudes très différentes, et dans les conditions les plus variées. On le trouvera ci-après :
Xlll' TABLEAU , indiquant le rapport du suicide avec l'état de l'instruction dans différents pays.