PRÉFACE. V
séries d'observations. Les statistiques officielles pouvaient seules me fournir les éléments dont j'avais besoin. Je compulsai donc ces statistiques, et je trouvai, dans les comptes généraux de la justice criminelle, des renseignements extrêmement précieux sur les causes de l'acte que je vouiais étudier.
Dès lors mon siège était fait et mon plan arrêté. Il me sembla que je remplirais surtout le but que se proposait l'Académie, en étudiant le suicide, non plus comme une maladie individuelle dont rien ne prouvait l'existence, mais comme un fait général malheureusement trop commun, et dénotant, au sein de nos sociétés modernes, en apparence si prospères, un malaise profond et caché qui les ronge jusque dans leurs éléments les plus sains. Je devais donc constater avant tout, à l'aide des chiffres officiels, toute l'étendue de la plaie qu'il s'agissait de sonder, et chercher ensuite à découvrir les causes plus ou moins éloignées qui lui donnent naissance ou l'entretiennent, et les lois générales suivant lesquelles elle se développe. C'est ainsi que j'ai étudié successivement ce qu'on peut appeler les causes prédisposantes du suicide , sa distribution géographique sur le sol de la France, l'in-