DES FAITS DE SUIGDE
SOUS l'empire, on obtint encore le même résultat en faisant enlever et brûler la guérite dans laquelle plusieurs soldats s'étaient déjà tués.
Il est donc constant que l'exemple et l'instinct d'imitation jouent un rôle très actif dans la production du suicide, j'ajouterais presque de la folie et des crimes, si je ne craignais de m'engager incidemment dans une question qui exigerait de longs développements. C'est cette conviction, déjà bien ancienne dans notre esprit, qui nous donne le courage de nous attaquer à un abus depuis longtemps enraciné dans nos moeurs, et qui est devenu, pour un très grand nombre, un élément nécessaire de leur vie intellectuelle et morale: nous voulons parler de la publicité donnée par les journaux aux faits de suicide. Le danger de cette publicité a déjà été signalé, il y a plus de quaranteans, par Esquirol, alors que les journaux étaient à peine les rudiments de ce qu'ils sont
douleur ou la mélancolie des passions ; qu'il y a autant de vrai courage à souffrir avec constance les peines de l'âme qu'à rester fixé sous la mitraille d'une baUerie. — S'abandonner au chagrin sans résister, se tuer pour s'y soustraire, c'est abandonner le champ de bataille avant d'avoir vaincu. »