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fénoMà entrées, dtm l'espace de six ans, à l'hospice de la Salpètrière, après avoir fait des tentatives de suicide, était arrivé k des résultats a peu près semblables aux nôtres. Ces résultats les voici tels qu^il les a consignés lui-même dians ses écrits (1):
ATant rage de 15 ans 9 .
De 15 à 20 ans. ....... 16
De 20 à 80 ans 56
De 30 à TiO ans. 54
De 40 à 50 ans» 47
De 50 à 60 ans. ^ ..... . 18
De 60 à 70 ans 8
De 70 à 75 ans. 2
Ces chiffres, si significatifs en apparence, faisaient dire à Esquirpl : « La vieillesse, <pii in- » spire à Phomme le désir de vivre, parce qu'il » est plus près de perdre la vie, est rarement » .exposée au, suicide (2). » Et un peu plus tard k M.Falret , dans des termes presque identiques : « La vieilless^e est l'âge le moins exposé au » développeinent du penchant au suicide ; » l'homme, à cette époque, est avare de sa vie,
. (t) Esqairol , lœ, etY., p. 583.
(S> Bsqnirol, toc. cit., p^ 583.
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» comme 11 est avare de ses biens. 11 persiste » daos l'eûstence par la crainte d'en sortir (1).»
Cette conclusion, «tirée deschiffres4'EsquiraLt est plus sjpécieuse que juste, el il ne nous sera pas bien difficile d'en faire voir Je peu de fondement. Kien ne prouve positivement que les vieillards soient aussi avares de Içur vie qu'on le si^pose généralement. Ne semblerait-il pas au contraire que le désencbantement de toutes choses, l'affaiblissement de l'iptelligence, les douleurs physiques et morales de toute nature qui sont les compagnes inséparables de nos dernières années; ne semblerait-il pas, disonsnous^ que tous ces signes d'une désorganisation prochaine doivent rendre' les vieillards plus accessibles que tous autres k l'action des causes les plus ordinaires du suicide? Les faits examinés a leur véritable point de vue sont tout à fait d'accord avec celte opinion.
Ce n'est pas tout, en efiet, que d'av^qir constaté d'une manière absolue le nombre des suici* des aux différents âges delà vie, et d'avoir comparé ces nombres entre eux. Qui ne voit que,
(1) Falret, loc. ctï.,p. 16. ^
réduite à ces termes^ toute comparaison est im • possible, et ne peut conduire qu'à des résultats mensongers? La masse ^e la population se compose, il esterai; d'enfants, d'adolescents, d'adultes et de vieillards. Mais dans quelle proportion chacun de ces éléments concourt-il a la formation de la ^omme totale ? C'est ce qu'il importait de rechercher avant tout, et c'est ce que ni Esqurroi ni M. Falret n'ont songé k faire. C'était cependant le seulnvoyende rendre la comparaison possible, et d'arriver a une appréciation juste de l'influence de l'âge sur la production du suicide, comme l'a déjà fait observer M. Étoc-Demazy, dans une brochure publiée en iS^li sur les suicides observés dans le département de la Sarthe (1). On serait arrivé ainsi à des conclusions tout autres que celles que nous combattons. Quelques chiffres suffiront pour le démontrer de la manière la plus positive.
D'après M. Quételet (2), une population de 10,000 âmes se partage, en France, selon les âges, de là manière suivante :
(1) Etoc-Demazy, Becherches statistiques sur le suicide,
(2) Sur l'homme et le développement de ses facultés^ t. H , p. 229.