DES AGES
la France
Moyenne
de 4836 à 1853.
selon les âges.
Moins de 16 ans. : • . .
ll,Z|ll,89Zi
De 16 à 21 ans
De 21 à 30 ans. ....
bMOMO
De 80 à liO ans. : . . .
De ÛO à 50 ans. r . . .
Zl,009,252
De 50 à 60 ans. . , . .
De 60 à 70 ans. ....
De 70 à 80 ans
Be 80 ans et au- dessus.
Total
SELON LES SEXES. Çl
Ces chifires n^ont pas besoin de commentaire, et nous pouvons désormais regarder comme un £Biit acquis a la science, que le nombre des sui^ cides augmente constamment depuis l'enfance jusqu'à Teoùtrême vieillesse. Il serait donc plus vrai de dijrei contrairement k l'opinion d'Ësquirol et de M. Falrei, que la vieillesse amène très fréquemment avec elle, en même temps que son cortège ordinaire d'infirmités physiques et morales, vn dégoût profond de la vie^ un désespoir incurable qui, trop souvent, aboutissent au suicide.
g¥. ^ PliiitaleBee des sexes Mr I* pw^medi&é
te ««teide.
Tous les observateurs qui ont écrit sur le suicide, s'accordent h reconnaître qu'il est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes ; la plupart représentent ce rapport par les chiffres 3 et 1. C'est aussi, à très peu de chose près, celui qui résulte de la comparaison des nombres recueillis par l'administration de la justice. (Voy. le VU* tableau.)Ain8i sur les 52,126 suicides indiqués dans nos tableaux, â9,302 ont été commis par 4^s hommes et
12,82/ï par des femmes, ce qui donne le rapport de 3,06 a 1. Ce rapport, comme on doit s'y attendre , est loin d'être constant : on le trouvera d'autant plus variable qu'on opérera sur des nombres moins considérables, et embrassant une moindre étendue de pays. Ces lexceptions ne servent d'ailleurs qu'à confirmer la règle précédemment établie. Car les faits individuels sont, par essence, aussi variables que les déterminations dépendantes de la liberté humaine. Aussi est il indispensable d'en recueillir un très grand nombre et de les comparer entre eux, lorsqu'on veut découvrir les lois générales auxquelles ils obéissent au moment de leur accomplissement. Cette méthode seule peut conduire h la vérité. Combien d'erreurs , fruits précoces de généralisations prématurées j ont été renversées par des observations plus nombreuses et plus longtemps prolongées?
Une erreur de ce genre a été mise en avant par M. Cazauvieilh dans son ouvrage sur le suicide^ l'aliénation mentale et les crimes contre les personnes, « Dans les villes, dit-il, les femmes se D distinguent par la mollesse de leur constitu-
SËLOR LES SEXES. 53
» tion, la délicatesse de leurs sens et la prédo-
» minance des facultés affectives, tandis que
» dans les campagnes, elles ont le système
D nerveux moins développé, plus de force
b musculaire, un plus grand besoin d'une ali-
D mentation abondante ; mais leurs sens sont
x> émoussés, leurs facultés affectives moins
B actives, ce qui les rapproche davantage de la
» constitution de l'homme. Deux conséquences
» résultent de ce rapprochement de la constitu-
» tion de la femme à celle . de l'homme.
» La première , qu'elle emploie les mêmes
» moyens pour se détruire, comme nous
D le verrons plus tard; la seconde, qu'il y
» a moins de différence entre le nombre
» des hommes et celui des femmes qui se
» suicident dans les campagnes que dans les
n villes : Ainsi sur 48 suicides effectués de 1819
» a 1833 dans le même canton, nous trouvons
» 27 hommes et 21 femmes, ce qui établit le
» rapport comme 4 à 3 (1) ». M. Cazauvieilh ,
étudiant le suicide sur une très faible échelle,
(i) Du suicide , de l'aliénation mentale , et des crimes contre les personnes , par M. Cazauvieilh. Paris, 1849 , p. 35.
a dû se trouver très embarrassé lorsqu'il s'est aperçu que ses chiffi*es étaient en désaccord avec l'opinion la plus généralement adoptée. Il à donc cherché l'explication de cette différence dans des considérations physiologiques un peu forcées, qui prouveraient avec plus de force peut-être tout le contraire de ce cpi'il leur demandait. Car nous avons peine à compreudre comment le développement exagéré du système nerveux, la délicatesse des sens, ou la prédominance des facultés affectives, pourraient diminuer le nombre des suicides chez les femmes qui habitent les villes. D'autant mieux que M. Cazauvieilh partage complètement l'opinion régnante parmi les médecins d'aliénés qui regardent le suicide comme le résultat d'une maladie du cerveau, et que ces causes doivent exercer une influence bien plus active sur l'encéphale que le développement exagéré de la force musculaire, et a cette modification » dans l'organisation des femmes de la' campa- » gne, qui leur donne le caractère, les habi- » tudes, les mœurs, les besoins, les désirs et » les penchants de l'homme. »
Ne semblerait-il pas au contraire, si l'on s'en
SELON LES ^EXES. 66
tenait aux apparences et aux inductions thépii- {{lies, que le suicide chez les femmes devrait être . plus commun, dans les villes oà celles-G} sont exposiSes a tant 4e séductions^ où d^s dér ceptions si cruelles les attendent? Et c'est cf qui arrive en eiSe^ coipuie çn le verra dans It tableau suivant (yoy. L^ IK^ tableau). Malheu^ reusemant - nous n'avons trouvé dans les
comptes rendus de la jiistice criminelle aupun^ donnée positive sur la fréquence relatiV0 4c| suicides dans ^s villes et dans les campagnes; Pour y suppléer, nous avons partagé les déparïtements en d^ux catégories distinctes, selou qu'ils renferment ou non des villes populeuses, et nous avons cherché a déterminer comment les morts volontaires- se distribuent entre chacune de ces caMgori^s. Enfin, pour rendre nos chiffres plus évidents, jpt donner plus de ppids à notre démonstration, nous nous sommes .contenté de prendre dans chacune d'elles quinze des départements qui remplissent le mieux les C^fiditiofis indiquées.
00 DD &UIC1BE
IX'TABLEAU. Sappott proportionnel du siticide entre lei deux ieaxi, dans les départements dont la population' est agglomérie dans tes vMes et data ceux où elle est disséminée <&ns les campagnes.
DÈPARTUeirTS.
roniLiTioii
SDICIDIS. l
Lolère
niltE GATl
265,607 306,Û80 356,69fi 361,392 347,fl73 364*416
GOWfc 13,^39 16,248 21,80fi 7,873 S0,538 23,212 26,202 25,906 26,306 28,893 29,757 38432 33,687 39,132 42,343
Creute.
Basses-Alpes
Hauie*-Aipes
CantaL ........
Undes.
Vendfe
Ari^
Carrëze
HsreDDe.
Lot-ei-GaroDin. . . .
Ardèche
MO
Seine.
Bord,
Seiae-lDfdTlenre. . . .
ItbOne. ........
Ba^Rhin
Bomcbes-dB-Rliflne . .
Hérauh
PasHle-Calais
lËHE CATil
SORIB.
1,024,379 447,779 250,860 2^6,075 209,323 205,711 184,931 169,966 149,247 149,169 127,000 Iia,9â2 101,199 101,127 98,614
Haiit-RhlD
Gironde
Selnc-et-Oisc
Vaudme
Hauie-Garonoe. . . .