‹ Du suicide; statistique, médecine, histoire, et législationChapitre 40 sur 60 · KT GURÀTIFS DU SUICIDE · texte numérisé non relu

KT GURÀTIFS DU SUICIDE

prise. Nous d6 pouvons donc qu*y renvoyer nos lecteurs.

Mais, est-ce à dire pour cela que ce troisième

chapitre soit complètement inutile? Non sans doute. Si ia monomanie-suicide n existe pas, le suicide lui-même n en est pas moins un fait malheureusement trop fréquent (1). Les chiffres si nombreuxetsi éloquents qui servent de base à nos recherches sont les signes irrécusables de la présence au sein des sociétés modernes d'un mal profond et caché qui les ronge jusque dans leurs éléments les plus sains. Or notre tâche resterait tout à fait incomplète si, après avoir sondé toute la profondeur de cette plaie douloureuse, nous n'essayions pas au moins d'en rechercher les remèdes. Ceux-ci existent sans aucun doute ; mais ils dépendent beaucoup plus, on doit le comprendre facilement^ de la législation et des pouvoirs publics que de la médecine.

N'avons-nous pas vu, en effet, que ce mal qui fait tant de victimes se propage et s'accroît paral-

(1) Od s'accorde généralement à porter à plus de trois ceot mille le nombre des suicides accomplis ou tentés en France depuis le commencement du xix' siècle.

lèlement à la civilisation elle-même et à ses deux expressions les plus intimes : Finstruction et le bien-être. C'est là une conclusion triste et désolante, qui ne découle pas seulement de nos chiffres, mais à laquelle sont arrivés aussi bien que nous tous ceux qui de près ou de loin se sont occupés de cette question. « Dans le suicide ordi- » naire, dit M. Ferrus dans Touvrage que nous » avons eu plusieurs fois occasion de rappeler, » prédominent assez communément les idées » généreuses. On a fait justement observer que » c'esl précisément dans les époques où la civili- » sation est le plus avancée, où les mœurs sont le » plus douces, et les vertus publiques le plus » répandues, qu'ils apparaissent le plus fréquemx> ment. On remarque enûn, lorsqu'on interroge » à cet égard l'histoire générale des peuples, que » dans les contrées où le brigandage^ le vol, le fi meurtre et la corruption étaient en quelque sorte » habituels, le suicide était presque absolument » ignoré (1). »

M. Saint-Marc Girardin ayant à étudier, dans son cours de littérature dramatique, l'expression du suicide ou de la haine de la vie, fait précéder

(1) Ferrus, loc. cit., p. 140.

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