‹ Du suicide; statistique, médecine, histoire, et législationChapitre 7 sur 60 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

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séries d'observations. Les statistiques officielles pouvaient seules me fournir les éléments dont j'avais besoin. Je compulsai donc ces slatistiqueSi et je trouvai^ dans les comptes généraux de la justice criminelle, des renseignements extrêmement précieux sur les causes de lacté que je voulais étudier.

Dès lors mon siège était fait et mon plan arrêté. Il me sembla que je remplirais surtout le but que se proposait TAcadémie, en étudiant le suicide, non plus comme une maladie individuelle dont rien ne prouvait l'existence, mais comme un fait général malheureusement trop commun, et dénotant, au sein de nos sociétés modernes, en apparence si prospères, un malaise profond et caché qui les ronge jusque dans leurs éléments les plus sains. Je devais donc constater avant tout, à Taide des chiffres officiels, toute rétendue de la plaie qu'il s'agissait de sonder, et chercher ensuite à découvrir les causes plus ou moins éloignées qui lui donnent naissance ou l'entretiennent, et les lois générales suivant lesquelles elle se développe. C'est ainsi que j ai étudié successivement ce qu'on peut appeler les causes prédisposantes du suicide , sa distribution géographique sur le sol de la France, l'in-

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fluence sur sa production, des climats^ des âges, du sexe, des professions, de l'instruction, etc., et ses causes déterminantes ou prochaines, la misère, les chagrins, les passions, et enûn les maladies. Parmi ces dernières, j'ai dû donner une large place à la folie; car, tout en proclamant bien haut que tous les individus qui se tuent ne sonl pns aliénés, je n'en reconnais pas moins que les fous se luent très souvent, et que la folie est une des causes immédiates les plus actives de la mort volontaire.

Là se plaçait tout naturellement l'examen du problème que nous nous étions posé tout d'abord, à savoir si le suicide doit ou non être considéré comme un signe constant de folie. L*élude attentive et impartiale des faits m'a conduit à une négation absolue de cette thèse, dont j'ai dû faire ressortir toutes les impossibilités et tous les dangers. J'ai donc été amené à discuter les opinions exclusives émises par quelques médecins que j'aime et que j'honore, et avec lesquels j'aurais été heureux de me rencontrer. C'était une nécessité triste et malheureuse que j'ai vivement déplorée, mais à laquelle il m'était impossible de me soustraire. Toutefois je me suis efforcé de ne jamais m'écarter du calme et de la modération

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