L'homme, pour sa conservation personnelle et
pour la procréation en vue de la conservation de l’espèce est un être « essentiellement » sociable.
II. — A cause du phénomène modificateur de sa vie, il juge ne plus devoir trouver appui auprès de ses semblables. Il se voit isolé, pareil à une unité sans rapport avec le tout. Il en conclut que sa mort en résultera fatalement.
IT. -— Au lieu d’aitendre cette fin, il songe à la prévenir. Cette idée de suicide s’introduit si bien dans son esprit, s’y incruste si profondément qu’elle domine toute autre pensée. Elle l’hypnotise et lui met à la main larme dont il se sert — inconsciemment.
Telles sont les diverses étapes mentales que parcourt. le suicidé : parti d’un acte de volonté il aboutit à un acte d’automatisme. Nous pouvons conclure que ce qui lui manque c’est l'énergie suffisante pour réagir, pour rétablir l’équilibre détruit de sa vie.
Nous allons voir dans les chapitres suivants-quels sont les grands facteurs qui, les uns, diminuent, les autres, augmentent le taux du suicide, en permettant à l’homme de réparer des forces dont il a besoin pour lutter ou au contraire en le lui interdisant.
Nous verrons que la seule cause de la mort volontaire est le développement inconsidéré de la personnalité, parcé qu’il aboutit à l’égoïsme et que celui-ci, à son tour, enlève
à l'individu l’appui qu’il croyait recevoir de ses sembla-
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bles par lintermédiaire de la famille, de la religion et de la société.
Nous verrons que, faute de cette aide, le moindre choc précipitera l’homme à terre. Vaincu, il songera à la mort et en subira ensuite l’obsession au point qu'il y aboutira fatalement, semblable à celui dont le corps tout entier est broyé, réduit en débris informes, parce qu’il a inconsidérément tendu le doigt à l’engrenage d’une machine en marche.
CHABIFRENT