CONCLUSIONS
I. — Nous avons recherché si par l’éfiologie du suicide on peut arriver à son traitement.
Pour cela, nous avons commencé par établir sa définition et nous sommes arrivé à celle-ci : « Le suicide est « le fait par lequel un individu se donne ou se laisse don- « ner la mort à lui-même, de par son unique volonté, « soit par un acte, soit par une abstention contraires à la « vie el cela pour mettre fin à une existence qu'il prévoit € impossible dans son cas particulier ».
Cet énoncé nous a permis d'éliminer les aliénés et les alcooliques parce que ceux-ci se tuent sous l'influence d'hallucinations ou par suite d’obsession, donc sous linfluence d’une volonté extérieure à eux. Et les statistiques ont confirmé cette donrée.
Il. — L’étiologie du suicide n’est pas d’origine matérielle mais morale. Ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui sont directement causes mais la perte d’équibre psychique qu’ils déterminent et qui met obstacle à la satisfaction des besoins légitimes et naturels de l’homme : conservation personnelle et procréation.
IIL.— Nous avons constaté l’influence favorable au taux de préservation qu’exercent toutes l:s associations fortement intégrées. Nous en avons eu la preuve dans: a) la
famille, b) la religion, c) la société,
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a) Famille. — L'influence de celle-ci vient non seulement de l’union de deux individus mais encore, et surtout, des enfants.
Le divorce, qui est le plus grand trouble apporté dans le mariage, suit une ligne d’ascension parallèle à celle du suicide.
Nous avons vu aussi que l’homme, étant des deux conjoints, celui qui profite le plus du mariage, est aussi
celui qui souffre le plus de sa rupture.
b) Religion. — C’est la religion la plus fortement constituée, et celle qui s'immisce le plus à la vie de ses fidèles, qui est la plus défavorable à la mort volontaire. Les juifs se tuent moins que les catholiques et ceux-ci moins que les protestants. La philosophie, qui tend à remplacer le culte, détruisant la société religieuse au profit de la personnalité, est un facteur aggravant.
Nous trouvons aussi que, dans l’armée, se tuent le plus ceux qui, à cause de l'initiative qu’on leur laisse, sont moins fortement encastrés : les soldats se tuent moins que les sous-officiers ; et si la règle ne semble pas vraie pour les officiers, c’est que pour eux intervient la fa-
mille.
c) Socrété. — Les crises économiques, qui font perdre à l'individu son équilibre mental, sont causes aggravantes : richesse et misère sont donc facteurs égaux.
Les crises politiques, parce qu’elles font tendre tous les efforts vers le même but, qu’elles serrent plus étroitement entre eux les hommes, sont défavorables au suicide.