CHAPITRE Ier
De l'église et de ses différentes parties.
Considérons d’abord une église et ses diverses parties. Le mot église a deux significations ; il désigne un édifice matériel, dans lequel les divins offices sont célébrés ; ou un édifice spirituel , qui n’est autre que l’assemblée des fidèles. L’Eglise, c’est-à-dire le peuple qui la compose, est convoquée par ses ministres et réunie dans un seul lieu , par la vertu de Celui qui fait demeurer dans sa maison ceux qui n’ont qu’un seul esprit 1 . L’église matérielle est composée de l’assemblage d’un grand nombre de pierres , l’église spirituelle est formée de la réunion de plusieurs individus.
1 Psaume i.xvji, 6.
Le mot grec êxxhcîz, église , assemblée , est traduit en latin par convocalio , réunion , parce que TEglise appelle les hommes à elle ; mais ces titres conviennent mieux à l’Eglise spirituelle qu’à l’église matérielle.
L’église matérielle est le type de l’Eglise spirituelle , comme nous aurons occasion de le démon-
trer en traitant de sa dédicace1 . L’Eglise est appelée catholique, c’est-à-dire universelle, parce qu’elle est établie et répandue dans tout l’univers, et que la mul titude des fidèles ne doit former qu’une seule assemblée, ou bien parce que dans l’Église est conservée la doctrine nécessaire à tous.
L’église est aussi appelée en grec synagogue , en latin congrégation , nom choisi par les Juifs pour désigner les lieux de leur culte. Le terme synagogue leur appartient plus spécialement, quoiqu’il puisse s’appliquer à une église. Les apôtres ne désignent jamais une église sous ce titre, probablement pour éviter la confusion.
L’Église militante s’appelle aussi Sion , parce que durant son pèlerinage ici-bas elle a toujours en
vue la promesse d’un repos céleste; car Sion si-
gnifie attente. Mais l’Eglise triomphante, notre
Voyez le chapitre VI , à la fin de ce volume.
demeure future, la patrie de la paix, est nommée Jérusalem ; car Jérusalem veut dire la vision de la paix. L’église est aussi appelée maison de Dieu, et quelquefois la maison du Seigneur ; d’autres fois basilique (maison royale), car c’est ainsi que se nomment les demeures des rois de la terre ; et avec d’autant plus de raison ce titre peut-il s’appliquer à nos maisons de prières , la demeure du Roi des rois! Elle s’appelle encore temple, de tectum am plum {toit ample) , lieu où les sacrifices sont offerts à Dieu ; ou bien le tabernacle de Dieu , parce que la vie présente est un pèlerinage , un voyage vers un pays durable ; et tabernacle veut dire hôtellerie, comme nous l’expliquerons plus tard en traitant de la dédicace d’une église. Dans le chapitre suivant , à l’article autel , nous dirons pourquoi elle est appelée V arche du Testament. Parfois elle est désignée sous le nom de martyrium, lorsqu’elle est élevée en l’honneur de quelque martyr; de chapelle 1 , de communauté , de sacrifice , de sacellum ,
1 Durand , ii , 10 , 8. En beaucoup d’endroits les prêtres s’appellent chapelains ; car anciennement, lorsque les rois de France allaient à la guerre, ils portaient avec eux la chape du bienheureux Martin, que Ton gardait dans une certaine tente où la messe se disait , et cette tente se nommait chapelle (capella) , qui vient de cappa (chape).
Nous pouvons observer ici qu’en accordant autrefois au mot chapelle une plus grande extension qu’à présent, une aile additionnelle
Tri
quelquefois de maison de prières , de monastère , d 'oratoire, quoique ce dernier titre s’applique en
général à tout lieu consacré à la prière. L’Eglise encore est appelée le corps du Christ et aussi une vierge , selon les paroles de l’Apôtre: « Afin que je puisse vous présenter comme une chaste vierge à Jésus-Christ1 ; «quelquefois épouse, parce qu’elle est unie à Jésus-Christ, selon qu’il est dit dans l’Évangile: Celui qui a l’épouse est l’époux 2; mère, car tous les jours , dans le saint baptême, elle enfante des fils à Dieu ; fille , dans le sens du prophète : «Vous avez engendré plusieurs enfants pour succéder à vos pères 3 ; » veuve, parce qu’elle est assise solitaire dans ses afflictions, et, comme Rachel, ne veut pas être consolée ; elle est même désignée d’un nom moins noble , parce qu’elle appelle toutes les nations à elle et qu’elle ne rejette pas ceux qui se réfugient dans son sein. Elle est souvent désignée sous le nom de cité, à cause de la communion de ses saints habitants qui , munis des armes
était appelée chapelle. Ainsi, dans l’église de Haddinham (Cambridge), on lit sur un cuivre dans l’aile du nord, ces paroles : Orate pro anirnabus fundatorum hujus capellœ , c’est-à-dire pour ceux qui ont construit l’aile elle-même.
1 2, Corintli., xi , 2.
2 S. Jean , m , 29.
'■ Psaume xliv , 18.
fournies par les Ecritures, repoussent les attaques des hérétiques ; elle est composée de pierres et de matériaux divers , parce que les mérites des saints sont très- variés. Tout ce que l’Eglise juive a reçu de sa loi , l’Église chrétienne le possède par la grâce avec une plus grande abondance, car elle la reçoit du Christ dont elle est l’épouse. Élever un oratoire ou une église n’est pas une chose nouvelle ; car le Seigneur a ordonné à Moïse , sur le mont Sinaï , de construire un tabernacle avec des matériaux soigneusement travaillés. Ce tabernacle était partagé par un voile en deux parties : la partie extérieure , appelée le lieu saint, était destinée au peuple qui assistait aux sacrifices; la partie intérieure se nommait le saint des saints ; c’est là que les prêtres et les lévites remplissaient les fonctions sacrées devant le Seigneur.
Ce tabernacle ayant péri par l’âge , le Seigneur ordonna qu’un temple fut bâti , ce que Salomon accomplit avec une science merveilleuse : ce temple ovait aussi deux parties comme le tabernacle ; et c’est du tabernacle et du temple que notre église matérielle prend sa forme. Dans la portion extérieure, les laïques offrent leurs prières et entendent la parole divine. Dans le sanctuaire le clergé prie, prêche , offre des louanges et des prières.
Le tabernacle bâti pendant le voyage du peuple d'Israël dans le désert est quelquefois pris pour le type de ce monde , qui passe ainsi que sa concupiscence 1 . Et c’est pour cela qu’il était composé de rideaux de quatre couleurs , parce que le monde est composé de quatre éléments. Dieu,ditleprophète,e^ dans son tabernacle 2 . Dieu est aussi dans ce monde comme dans un temple teint en rouge par le sang
du Christ. Le tabernacle est cependant plus spé-
cialement un symbole de l’Eglise militante qui n’a pas ici de cité permanente, mais qui en cherche une où nous devons habiter un jour 1 2 3. C’est de là qu’elle est appelée tabernacle; car les tabernacles ou lentes sont pour les soldats , et ces paroles : Dieu est dans son tabernacle , signifient que Dieu est au milieu des fidèles rassemblés en son nom. La portion extérieure du tabernacle dans laquelle le peuple sacrifiait , représente la vie active des hommes qui se consacrent au service du prochain ; la portion intérieure réservée aux lévites qui officiaient, figure la vie contemplative d’une compagnie privilégiée d’hommes religieux , qui se dévouent aux exercices delà contemplation et de l’amour célestes.
1 S. Jean , ti , 17.
2 Psaume x, 4.
1 I2p. aux Héb., xii! ,14.
Le tempîe a succédé au tabernacle , parce qu’après le combat vient le triomphe.
Une église doit se construire de la manière qui suit :
D’abord les fondations sont préparées, suivant ces paroles : Elle n’a point été renversée , parce qu’elle avait été bâtie sur le roc '. L’évêque ou le prêtre 2 délégué les aspergera d’eau bénite, alin d’en chasser les esprits malins et immondes : il posera la première pierre , sur laquelle une croix doit être gravée 3.
Les fondations doivent être disposées de manière à ce que la tête de l’église puisse indiquer 1
1 S. Matthieu, vu, 25. Voyez le Ier chap. du vin» livre des Antiquités, par Bingham, qui peut servir de commentaire général aux sections précédentes de Durand.
2 D’après le récit de la dédicace de l’église de Saint-Michel-1’ Archange dans l’île de Guernesey , conservé dans le Livre noir de VÉvéché de Coutances, il paraîtrait que la cérémonie fut faite par un prêtre, contrairement à ce que l’on croit avoir été la pratique générale de l’Église anglaise. — Voyez encore chap. vi, section 2 , de Durand.
3 On ne se contentait pas de graver une croix sur la pierre de fondation, mais une autre encore était posée dans l’enceinte que devait occuper l’église; et ceci avait lieu dans l’Église orientale, où la stauropegia était une cérémonie ù laquelle on attachait beaucoup d’importance.
* Ce passage mérite attention; il prouve que dans le pays de Durand on ignorait la coutume qui prévalait certainement alors eu Angleterre, celle de diriger l’église vers cette partie du ciel dans laquelle le soleil se levait le jour de la fête du saint patron.
exactement lest, c'est-à-dire cette partie du ciel dans laquelle le soleil se lève à l’époque des équinoxes , pour signifier que l’Eglise militante doit se comporter avec modération dans la prospérité comme dans l’adversité ; et elle ne doit pas faire face à la partie du ciel dans laquelle le soleil se lève à Tépoque des solstices, comme c’est la coutume en plusieurs endroits. Mais si les murs de Jérusalem , qui est bâtie comme une ville dont toutes les parties sont dans une parfaite unité *, furent élevés par les Juifs sur l’ordre du prophète , avec combien plus de zèle devrions-nous élever les murs de nos églises ; car l’église matérielle dans laquelle le peuple s’assemble pour chanter les louanges de Dieu , est le symbole de cette Eglise sainte dans le ciel, qui est bâtie de pierres vivantes.
L’Eglise est cette maison du Seigneur, fortement bâtie sur les fondements des apôtres et des prophètes , et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre angulaire \ Ses fondements sont sur les saintes montagnes 1 2 3. Les murs qui reposent dessus sont les Juifs et les gentils, qui arrivent au Christ des quatre parties du monde , c’est-à-dire ceux qui
1 Psaume cxxi, 3.
2 Ép. aux Éphés., ii , 20.
s Psaume lxxxvu, i.
DANS LES ÉGLISES. TH
ont cru, ceux qui croient, ou ceux qui croiront en lui.
Les fidèles prédestinés à la vie éternelle sont les
pierres qui entrent dans la construction de ces
murs, qui s’élèveront continuellement jusqu’à la
lin du monde. De nouvelles pierres y sont sans
cesse ajoutées lorsque les docteurs de l’Eglise instruisent et confirment dans la foi les fidèles qui leur sont confiés ; et celui qui, dans l’Eglise de Dieu, se dévoue à de pénibles travaux pour l’amour de ses frères , porte , pour ainsi dire , le poids des pierres qui ont été posées au-dessus de lui. Les pierres carrées taillées et énormes, qui sont placées en dehors et aux angles de l’édifice , signifient les hommes qui mènent une vie plus sainte que les autres, et qui, par leurs mérites et leurs vertus, retiennent leurs frères plus faibles dans le sein de l’Église.
Le ciment, sans lequel les murs seraient sans solidité, est composé de chaux, de sable et d’eau. La chaux est la charité fervente , et elle se mêle avec le sable pour représenter les actions entreprises pour le bien temporel de nos frères , parce la vraie charité protège les veuves et les vieillards , les enfants et les infirmes ; et ceux qui la possèdent s’efforcent, en travaillant des mains, de pro-
curer de quoi les assister. La chaux et le sable deviennent ciment par le mélange de beau ; mais l’eau est l’emblème de l’Esprit. Et comme les pierres ne peuvent adhérer ensemble sans ciment, par l’opération de l’Esprit saint, de même les hommes ne sauraient entrer sans la charité dans la construction de la Jérusalem céleste. Toutes les pierres sont polies et carrées , c’est-à-dire saintes et pures , et deviennent entre les mains du grand architecte un édifice stable dans l’Eglise. Toutes sont liées ensemble par un même esprit de charité, qui est leur ciment ; le lien de la paix réunit ces pierres vivantes. Le Christ, dans sa vie , est notre mur; il est notre mur extérieur dans sa passion.
Lorsque les Juifs étaient occupés à rebâtir Je temple de Jérusalem, leurs ennemis firent tous leurs efforts pour en arrêter les travaux ; de sorte qu’ils bâtissaient d’une main et tenaient l’épée de l’autre. De même, lorsque nous voulons construire les murs de notre église , nous sommes entourés d’ennemis , qui sont nos propres péchés , ou ceux des hommes pervers , qui nous empêchent d’avancer. Aussi, tandis que nous élevons nos murs, c’est-à-dire que nous augmentons nos vertus , faut-il combattre l’ennemi et serrer vigoureusement nos armes. ïi nous faut prendre le casque du
salut, le bouclier de la foi, la cuirasse de la justice et l’épée de la parole de Dieu ', pour pouvoir lutter contre eux. Le prêtre de Dieu nous tiendra lieu du Christ pour nous instruire par sa doctrine et nous défendre par ses prières.
Le Seigneur nous a appris lui-même quels furent les matériaux du tabernacle ; il dit à Moïse : « Ordonnez aux enfants d’Israël de mettre à part les prémices qu’ils m’offriront , et vous les recevrez de tous ceux qui me les présenteront avec une pleine volonté... de l’or, de l’argent, de l’airain, avec de la laine couleur de l’hyacinthe, de la pourpre, de Fécarlate teinte deux fois, du lin lin, des poils de chèvres 1 2, avec des peaux de moutons teintes en rouge et d’autres teintes en violet , que nous appelons des peaux de Partlie , parce que les Parthes furent les premiers à les teindre de cette couleur ; et du bois de Setim (Setim est le nom d’une montagne et aussi d’un arbre ; ses feuilles ressemblent à celles de l’épine blanche et elles sont incorruptibles et incombustibles), et de l’huile pour entretenir les lampes , des aromates pour composer les huiles et les parfums d’excellente odeur, des pierres d’onyx et des pierres précieuses. Ils me dresseront
1 Éph., vi , IG.
2 Exod., xxv.
un sanctuaire afin que j’habite au milieu d’eux, et afin qu’ils ne se fatiguent pas à revenir à cette montagne. »
La disposition d’une église matérielle ressemble à celle du corps humain : le sanctuaire, ou l’endroit dans lequel se trouve l’autel , représente la tête : les transsep ts représentent les bras et les mains , et l’autre partie vers l’ouest , le reste du corps. Le sacrifice de l’autel dénote les vœux du cœur.
Déplus, selon Richard de Saint - Victor, les dispositions d’une église signifient les trois états dans l’Eglise , qui sont celui des vierges , des continents et des personnes mariées. Le sanctuaire est plus petit que le chœur, et celui-ci plus petit que la nef ; parce que les vierges sont en plus petit nombre que les continents, et ceux-ci moins nombreux que les personnes mariées. Le sanctuaire encore est plus saint que le chœur, et le chœur plus saint que la nef ; parce que la classe des vierges est audessus de celle des continents , et que celle-ci est supérieure à la classe des gens mariés.
De plus , l’église est composée de quatre murs , c’est-à-dire qu’elle est bâtie sur la doctrine des quatre évangélistes ; elle s’étend en longueur, en largeur et en hauteur : la hauteur représente le
courage, la longueur la force, qui supporte tout avec patience , jusqu’à ce qu’elle atteigne la patrie céleste : la largeur est la charité, dont les longues épreuves ne ralentissent pas l’amour qu’elle éprouve pour ses frères qu’elle aime en Dieu , ni l’amour de ses ennemis qu’elle aime pour Dieu : la hauteur, c’est l'espérance des récompenses célestes, qui est supérieure à l’adversité comme à la prospérité, dans l’attente où elle est « de voir la gloire du Seigneur dans la terre des vivants. »
Dans le temple de Dieu , les fondements sont la foi, « qui est familière avec les choses invisibles ; » la voûte c’est la charité, « qui couvre une multitude de péchés ; » la porte c’est l’obéissance , selon ce que dit le Seigneur : « Si vous voulez entrer dans la vie éternelle, gardez les commandements;» le pavé c’est l’humilité : « Mon âme , dit le psal miste, est attachée au pavé. »
Les quatre murs sont les quatre vertus cardinales : la justice, la force, la tempérance et la prudence. Aussi l’Apocalypse dit : « Or la ville en son assiette est carrée 1 . » Les fenêtres signifient l’hospitalité franche et la tendre charité. Le Seigneur, faisant allusion à l’église, dit : « Nousen-
Àpoc., xxi, 16.
trerons en lui et nous y ferons notre demeure 1 2 . » Quelques églises ont la forme d’une croix, pour indiquer que nous devons être crucifiés au monde et suivre les traces du Crucifié, qui a dit : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renonce luimême, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive \ » D’autres sont bâties en forme de cercle 3, pour démontrer que l’Eglise s’est étendue dans toute la circonférence du globe , selon ce verset du psalmiste : « Et leurs paroles retentiront jusqu’aux extrémités du monde4;» ou, peut-être, parce qu’en quittant le cercle de ce monde , nos fronts seront entourés d’une auréole de gloire.
Le chœur se nomme ainsi en raison de la mélodie du chant exécuté par le clergé, ou bien à cause du rassemblement des fidèles pour les divins offices. Le mot chorus vient de chorea ou de corona ; car autrefois les officiants formaient un cercle comme une couronne autour de l’autel , et chan-
1 S. Jean , xiv , 23.
2 S. Matth., xxi , 18.
3 11 est clair que l’auteur a en Yue ici l’église du Saint-Sépulcre , qui est le prototype des églises de cette forme. On sait qu’il en existe encore quatre en Angleterre, et deux qui sont en ruines, savoir: celles de Temple-Aslackby ( Lincolnsliire) , et l’église du château de Ludlow.
4 Psaume xvin , 4.
taient les psaumes tous ensemble. Mais Flavien et Théodore ont enseigné la manière de chanter à deux chœurs , qu'ils avaient reçue de saint Ignace, qui, lui-même, Ta apprise par inspiration. Les deux chœurs de chantres représentent les anges et les âmes des justes, lorsqu’ils s’excitent mutuellement et avec joie dans ce saint exercice. Quelques-uns pensent que le mot chorus vient de concorde , dont la charité est la source ; parce que celui qui n’a pas la charité ne saurait chanter avec l’esprit convenable. Nous expliquerons encore , dans notre quatrième livre , ce que signifie le chœur et pourquoi les plus élevés en dignité y occupent les dernières places.
Vexcdre est une abside ou une voûte séparée un peu du reste du temple ou du palais ; et il est ainsi appelé parce qu’il avance un peu au delà du mur (en grec sÇéfya) : il représente la portion des fidèles qui est unie au Christ et à l’Eglise. Les cryptes, ou caveaux souterrains que l’on trouve sous certaines églises, signifient les ermites qui se dévouent à la vie solitaire.
La cour ouverte ou parvis , c’est le Christ par lequel nous avons entrée à la Jérusalem céleste : on l’appelle aussi porche, qui vient d t porta, porte, ou parce qu’elle est ouverte, aperta.
Les tours sont les prédicateurs et les prélats de TEglise , qui sont ses forteresses et sa défense. Selon l’expression de l’époux des Cantiques: «Votre cou est comme la tour de David , qui est bâtie avec des boulevards Les pinacles des tours signifient la vie ou l’esprit d’un prélat qui doit toujours aspirer vers le ciel.
Le coq qui est placé au sommet de l’église est l’emblème des prédicateurs; car le coq, toujours vigilant, même au milieu de la nuit, annonce les heures , réveille ceux qui sont endormis , prédi t l’approche du jour, s’excite d’abord lui-même à chanter en battant des ailes. Il y a un sens mystérieux dans toutes ces particularités. La nuit c’est ce monde; ceux qui dorment sont les enfants de ce monde qui s’assoupissent dans leurs péchés. Le coq , c’est le prédicateur qui prêche avec hardiesse et excite les endormis à se défaire des œuvres de ténèbres , en s’écriant : « Malheur à ceux qui dorment! Réveillez-vous, vous qui dormez2.» Ils annoncent encore l’approche du jour lorsqu’ils parlent du jour du jugement et de la gloire qui sera révélée.
' Cantiques, iv, 4.
3 Ép. aux Ëph , v, 14.
Semblables à des messagers prudents , ils commencent par s’arracher eux-mêmes au sommeil du péché, par la mortification de leurs corps, avant d’avertir et de réveiller les autres. Aussi l’Apôtre dit : « Je châtie mon corps et je le réduis en servitude » De même que la girouette fait face au vent, ces prédicateurs vont courageusement à la rencontre des âmes rebelles, armés de menaces et d’arguments, de peur qu’on ne leur reproche d’avoir abandonné les brebis et de s’être enfuis lorsque le loup arrive 1 2 .
Le cône, c’est-à-dire le sommet de f église, qui est d’une grande hauteur et d’une forme ronde , signifie que la foi catholique doit être gardée fidèlement et inviolablement. Celui qui ne conserve pas cette foi dans son intégrité et sa pureté, périra indubitablement.
Les vitraux d’une église figurent les saintes Ecritures; ils protègent contre la pluie et le vent, c’est-à-dire contre toute chose nuisible ; mais ils transmettent la lumière du vrai soleil , c’est-à-dire Dieu dans le cœur des fidèles. Ces vitraux sont plus larges en dedans qu’en dehors , parce que le sens
1 I , Corinth., lx , 2t.
2 S. Jean , x , 12.
mystique est plus ample et précède le sens littéral 1 2 . Les fenêtres sont encore la figure des sens corporels , qui doivent être fermés aux vanités de ce monde et ouverts pour recevoir librement tous les. dons spirituels.
Par le treillage des fenêtres , nous devons entendre les prophètes ou les docteurs les plus humbles en dignité de l’Eglise militante. Chaque fenêtre est souvent divisée par deux meneaux : ce sont les deux préceptes de charité ; ou bien ils signifient que les apôtres furent envoyés à leur mission deux par deux.
La porte de l’église est le symbole du Christ . selon ce verset de l’Évangile: «. Je suis la porte \ » Les apôtres sont aussi appelés des portes.
Les piliers de l’église représentent les évêques et les docteurs , qui soutiennent l’Église spécialement par leur doctrine. Ceux-ci, en raison de la majesté et de la clarté de leur mission céleste , sont appelés argent, selon le verset du Cantique des Cantiques: « il fit des colonnes d’argent 3. » D’où Moïse fit placer à l’entrée du tabernacle cinq colonnes , et
1 Ce passage est à remarquer par la raison donnée dans notre Traité pré li minaire .
2 S. Jean , x , 9.
s Cantiques, vm , 9.
quatre autres devant l’oracle ou le Saint des saints.
Quoique les piliers dépassent le nombre de sept ,
cependant on les appelle les sept colonnes , d’après
ce texte 1 : « La sagesse s’est bâti une maison ;
elle a taillé ses sept colonnes ; » parce que les
évêques doivent être remplis des sept dons de
l’Esprit saint 2 3 4 , et que saint Jacques et saint Jean,
selon l’Apôtre , étaient censés les piliers de l’Eglise' . Les bases des colonnes sont les évêques apostoliques, qui soutiennent tout le corps de l’église \ Les chapiteaux des piliers, ce sont les opinions des évêques et des docteurs ; car comme les membres se meuvent et sont dirigés par la tête , de même nos paroles et nos œuvres sont gouvernées par leur esprit. Les ornements des chapiteaux sont les paroles de l’Ecriture sainte , que nous sommes tenus de méditer et d’observer.
Le pavé de l’église représente le fondement de
notre foi, et dans l’Eglise spirituelle les pauvres du Christ ou les pauvres d’esprit qui s’humilient en toutes choses et qui , en raison de leur humilité ,
1 Prov., vm, l.
2 Tu septiformis munere. Hymne Veni Creator.
3 Êp. auxGalates, n, 9.
4 S. Jacques et S. Jean étaient évêques clans les villes où les apôtres eux-mêmes avaient fondé des sièges, telles que Rome, Crète, Éphèsr.
sont comparés au pavé. De plus, le pavé, qui est foulé aux pieds, figure la multitude qui soutient l’Eglise par ses labeurs.
Les poutres ' qui relient les différentes parties de l’église sont les princes de ce monde ou les prédicateurs qui défendent l’unité de l’Église, les uns par leurs œuvres, les autres par leurs arguments.
Les stalles , dans l’église, sont les emblèmes des âmes contemplatives dans lesquelles Dieu règne sans obstacle, et qui, par leur haute dignité et leur gloire éternelle, sont comparées à l’or. Il est dit dans le Cantique des Cantiques : « Il s’est fait un siège d’or. «
Les poutres de l’église sont les prédicateurs, qui la soutiennent spirituellement. La voûte ou ciel sont encore les prédicateurs qui en sont l’ornement et la force , qui ne se sont pas laissé corrompre par le vice, et dont l’époux se glorifie dans les mêmes Cantiques , lorsqu’il dit : « Les poutres de notre maison sont en bois de Cédar, et sa voûte est en bois de sapin. » Car Dieu a bâti son église de pierres vivantes et de bois incorruptible , selon ce
1 Durand indique probablement ici les tie-beams , qui entrent si souvent dans les dispositions architecturales du style primitif anglais.
texte : « Salomon s’est construit un lit de bois de Liban , » c’est-à-dire le Christ s’est reposé dans ses saints qui portent la robe blanche de la chasteté. Le sanctuaire ou le chevet de l’église , étant plus bas que le corps , indique la grande humilité qui doit reluire dans le clergé et les prélats , selon ce texte : « Plus vous serez élevés en dignité , plus vous devez vous humilier. » La balustrade qui sépare l’autel du chœur enseigne la séparation des choses célestes de celles qui sont terrestres
Les stalles du chœur nous avertissent que le corps a besoin quelquefois de soulagement , parce que sans le repos rien ne saurait être durable.
La chaire dans l’église est l’image de la vie des parfaits ; et elle est ainsi appelée parce qu’elle est en évidence dans un lieu public. Car nous lisons que « Salomon lit une estrade en cuivre et la plaça au milieu du temple ; et montant dessus , il étendit ses mains et parla au peuple de Dieu. » Esdras fit aussi une estrade de bois pour prêcher, et lorsqu’il était dessus, il se trouvait plus élevé que le reste du peuple 1 .
Vanalogium (jubé) est ainsi nommé parce que c’est de là que la parole de Dieu est lue et annoncée
1 IIIe Livre des Rois, vi , 13.
aux fidèles. Il est aussi appelé ambon , qui vient du latin ambire ' , entourer , parce qu’il entoure celui qui entre dans son enceinte.
Les escaliers circulaires ou passages pratiqués dans les murs sont une imitation de ceux qui existaient dans le temple de Salomon ; ils indiquent la science cachée que possèdent seules les âmes qui aspirent aux choses célestes. Nous parlerons plus tard des marches qui conduisent à l’autel.
La sacristie est l’endroit où les vases sacrés sont déposés , et dans lequel le prêtre revêt les ornements sacerdotaux. Elle représente le sein de la bienheureuse Marie, dans lequel le Christ a pris les vêtements de notre humanité. Le prêtre étant habillé sort devant le public : le Christ aussi , à sa sortie du sein de la Vierge , est entré dans le monde.
Le trône de l’évêque est plus élevé que les autres sièges dans l’église.
Auprès de l’autel , qui représente le Christ , est la piscine ou lavatoire : c’est là que le prêtre se lave les mains , et cet acte dénote que par le baptême et la pénitence nous sommes purgés de l’ordure
1 Cette étymologie est fausse. La question si importante des jubés a été admirablement traitée par l'abbé Thiers dans son Traité sur les Jubés. \ oyez encore un article fort curieux surl’Ambon, parM. l’abbé Cahier, l’un des auteurs de la Monographie des vitraux de Bourges , inséré dans les Annales de Philosophie chrétienne.
du péché. Cette coutume remonte à l’Ancien Testament. Nous voyons dans l’Exode que « Moïse fit un bassin d’airain avec sa base , dans lequel Aaron et ses fils devaient se purifier avant de monter à l’autel pour faire une oblation * . »
La lampe de l’église est le Christ , qui a dit : « Je suis la lumière du monde % » et suivant cet autre texte: « Le Verbe était la vraie lumière 1 2 3 4 5. » Elle peut encore figurer les Apôtres et les Docteurs, qui, par leur doctrine, éclairent l’Eglise comme le soleil et la lune éclairent la terre , et dont Notre- Seigneur dit : « Vous êtes la lumière du monde \ c’est-à-dire l’exemple des bonnes
œuvres. Il ajoute encore: « Que votre lumière brille
devant les hommes \ » Mais l’Eglise est éclairée par les préceptes du Seigneur, et dans la sainte
Ecriture il est commandé aux « enfants d’Israël d’apporter de l’huile d’olive très-pure et très-claire pour en faire toujours brûler dans les lampes, dans le tabernacle du témoignage 6. Moïse fit encore sept lampes qui figurent les sept dons du
1 Exode , xxxvm , 8.
2 Saint Jean , vm ,12
3 Saint Jean , 1-9.
4 Saint Matth., v, 14.
5 Saint Matth., v, IG.
G Lévitique, xxiv, 2.
Saint-Esprit. Leur splendeur éclaire les ténèbres de ce monde , et elles s’appuient sur des chandeliers , parce que sur le Christ reposait l’Esprit de sagesse et d’intelligence , de conseil et de force , de science, de piété et de crainte de Dieu. La pluralité des flambeaux dans l’église signifie l’abondance des grâces accordées aux fidèles.
En beaucoup d’endroits une croix triomphale est placée au milieu de l’église, pour nous enseigner que l’amour du Rédempteur doit exister dans le fond de notre cœur 1 . En voyant le signe glorieux de sa victoire , nous pouvons nous écrier : « Salut , ô Rédempteur du monde ! Salut , Arbre de notre rédemption ! à votre aspect nous n’oublierons jamais l’amour de notre Dieu , qui , pour racheter ses serviteurs, a donné son Fils unique pour être notre modèle crucifié. » La croix est élevée en l’air pour signifier la victoire du Christ.
L’origine des cloîtres , selon Richard évêque de Crémone , remonte aux veilles des Lévites autour du tabernacle, ou aux chambres des prêtres, ou au porche du temple de Salomon ; car le Seigneur « ordonna à Moïse et à Aaron de séparer les Lévites du milieu des enfants d’Israël , afin qu’ils le ser-
1 Cantique des Cantiques , jii , 10.
vissent dans le ministère de son tabernacle » C’est en raison de cet ordre divin que le clergé, dans l’église , doit être séparé des laïques pendant la célébration des saints mystères. Le concile de Mayence ordonna que la partie de l’église qui est séparée de l’autel par une balustrade fût consacrée exclusivement aux clercs. De plus , comme l’édifice sacré signifie l’Eglise triomphante , de même les cloîtres représentent le paradis céleste où d’un cœur unanime Dieu est servi et aimé, où toutes choses seront en commun , et où celui qui possède moins se réjouira de l’abondance de celui qui a plus, parce que « Dieu sera tout en tous \» C’est pour cela que les membres du clergé régulier qui habitent les cloîtres , et qui n’ont qu’un cœur et qu’un esprit pour s’élever dans le service de Dieu au-dessus des choses terrestres , s’engagent à passer leur vie en commun. Les diverses chambres dans les cloîtres représentent les différentes demeures et les degrés de gloire dans le royaume céleste. « Dans la maison de mon Père, dit Notre-Seigneur, il y a plusieurs demeures 1 2 3. » Dans un sens moral, le cloître c’est la vie contemplative dans laquelle
1 Nombres , xvm, 6.
2 Corinth., xv, 28.
3 Saint Jean, xv, 2.
l’âme, oubliant toutes les pensées charnelles , médite sur les seules choses célestes. Ce cloître a quatre côtés , qui indiquent la haine de soi-même , le mépris du monde, l’amour de Dieu et la charité pour le prochain. Chaque côté a sa rangée de colonnes. La haine de soi-même est aussi accompagnée de l’humiliation de l’âme , de la mortification de la chair, de l’humilité dans les paroles et d’autres vertus. La base de toutes les colonnes est la patience.
Les diverses destinations de ces chambres représentent la variété des vertus. La salle du chapitre indique le secret du cœur : nous en parlerons plus longuement dans la suite; le réfectoire, l’amour des saintes méditations ; le cellier, les saintes Ecritures; le dortoir, une conscience pure; l’oratoire, une vie sans tache ; le jardin avec ses arbres et ses plantes , l’assemblage des vertus ; le puits , la rosée des dons célestes qui apaise notre soif dans ce monde et qui l’étanche dans l’autre.
Le siège épiscopal a toujours été béni dans chaque ville, selon l’ordre de saint Pierre; et la piété de nos pères les portait à le dédier non en mémoire des confesseurs , mais à l’honneur des apôtres et des martyrs , et spécialement de la bienheureuse Vierge Marie.
Nous allons à l’église pour demander à Dieu le pardon de nos péchés , pour chanter les louanges de Dieu, pour apprendre la conduite de Dieu ' envers les bons et les méchants, pour nous instruire de la science divine, et pour nous nourrir du corps du Seigneur.
Les hommes et les femmes ont des places séparées dans l’église. Le vénérable Bède nous apprend que cette coutume nous vient des anciens ; ce qui nous explique pourquoi Joseph et Marie ont perdu l’enfant Jésus, parce que l’un, ne le voyant pas en sa compagnie , s’imaginait qu’il était avec l’autre. Cette séparation a été admise dès le principe pour mortifier la concupiscence et pour ôter toute cause aux tentations de l’esprit impur : nous venons à l’église pour pleurer nos péchés, et nous devons éviter avec le plus grand soin tout ce qui pourrait allumer dans nos sens le feu terrible des passions. Les hommes sont du côté du midi , les femmes du côté du nord1 2 , pour indiquer que les saints qui sont les plus avancés en sainteté peuvent affronter les
1 Tel est probablement le sens de ce passage. Le texte original porte : Ut ibi bona sive mala judicia audiamus.
2 Cette séparation des sexes à l’église a encore lieu dans plusieurs endroits en Angleterre. Anciennement il existait une distinction plus marquée encore pour chaque sexe. Les personnes mariées et les célibataires avaient leurs places respectives.
grandes tentations du monde, et que les moins parfaits en ont encore à combattre de légères; ou bien que le sexe plus fort et plus courageux doit prendre sa place là où le combat peut s’engager, parce que l’Apôtre dit : « Dieu est fidèle , et ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces » Et saint Jean, dans sa vision, «vit un ange puissant dont le pied droit était posé sur la mer 1 2 . » Car les membres les plus forts doivent affronter les plus grands dangers. Selon quelquesuns , les hommes doivent être dans la partie antérieure ( c’est-à-dire vers l’est ) , les femmes en arrière , parce que le mari est le chef de la femme 3 et doit la précéder.
La femme doit avoir la tête couverte dans l’église, parce que par la femme le péché est entré dans le monde ; et aussi , par respect pour le prêtre qui est le vicaire du Christ , elle se couvre la tète en sa présence comme devant la présence d’un juge. Par la même raison elle ne doit pas parler dans l’église devant lui. Anciennement les hommes et les femmes portaient les cheveux longs et se tenaient à l’église la tête découverte , et ils se glori-
1 1 , Corinth., x , 13.
2 Apocal. , x, 7.
3 Ëp. aux Éph. , v, 23.
fiaient d’une manière inconvenante du luxe de leur chevelure.
L’Apôtre nous enseigne quelle doit être notre occupation dans l’église : « Entretenez-vous de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels '.» Il faut donc nous abstenir, dans le saint lieu , de toutes paroles superflues. « Lorsque vous entrez dans le palais du Roi des rois, dit saint Jean Chrysostôme, réglez votre extérieur et votre conversation ; car les anges du Seigneur sont là , et la maison de Dieu est remplie de puissances célestes 2. » Le Seigneur dit à Moïse, ainsi que son ange à Josué : « Otez vos sandales , car le lieu où vous êtes est un lieu saint 3 . »
En dernier lieu , une église consacrée a le droit de protéger les homicides qui s’y réfugient, en sorte qu’ils ne peuvent y être poursuivis par la loi , à la condition toutefois qu’ils n’aient pas commis de délits contre le sanctuaire ou dans le sanctuaire. Il est écrit que « Joab s’enfuit au tabernacle et qu’il se tenait aux angles de l’autel 4 . » Le même privilège est accordé aux églises non consacrées , si les divins offices y sont célébrés.
* Ép. aux Colos. , m, 16.
2 Saint Chrysostôme.
3 Exode, ni , 5.
4 Livre des Rois , i , 28.
Toutefois le corps de Jésus-Christ qui est reçu par ces personnes ne les protège pas : d’abord parce que le droit du sanctuaire n’est accordé à une église qu’en tant qu’elle est église , et il ne saurait s’étendre à d’autres choses ; enfin , parce que le pain céleste est le soutien de l’âme et non du corps, et qu’il affranchit l’âme et non le corps.