TRADUCTION DU PASSAGE LATIN
Le fondement de l’édifice 1 est la foi.
Sa hauteur est l’espérance .
Sa largeur est la charité.
Sa longueur est la persévérance.
Ses côtés sont la concorde et la paix.
Son frontispice est la justice et la vérité.
Sa beauté est l’exemple des bonnes œuvres.
Ses fenêtres sont les paroles des saints.
Son pavé est l’humilité du cœur.
Sa voûte est la vie céleste.
Ses piliers sont les vertus spirituelles.
Ses colonnes sont les bons évêques et les prêtres.
Ses points d’union représentent le lien de la paix.
Son toit est la figure de l’intendant fidèle.
sont la méditation du ciel.
La table du Christ ou l’autel est la vie sans tache.
Les vases sacrés dans l’église figurent le souvenir des bienfaits. L’immolation du Christ encourage la volonté.
La louange du Christ est la pureté de la conscience.
Le trône du Christ est la sérénité de l’esprit.
L’énouse du Christ est l’àme sainte.
Les compagnes du Christ sont les vertus spirituelles :
La première est appelée la sainte charité , c’est elle qui gouverne le palais du Christ ;
La seconde est la sainte humilité, c’est elle qui garde le trésor dans le palais du Christ ;
La troisième est la sainte patience , c’est elle qui illumine le palais du Christ;
La quatrième est la sainte pureté, c’est elle qui nettoie le palais du Christ.
1 Le mot caméra signifie littéralement voûte; nous avons employé dans la traduction une expression plus générale. Plus bas nous l’avons rétabli dans son vrai sens.
Mais il existe un argument plus puissant encore que ces témoignages formels et continus des anciens auteurs en faveur du symbolisme de l’architecture catholique. C’est le témoignage de toutes les autres branches de l’art catholique , qu’on n’a jamais pu envisager autrement que sous le point de vue symbolique. Prenons pour exemple les cérémonies qui terminent la Semaine sainte. Nous entrons dans une église obscurcie , et que seul éclaire le sépulcre illuminé ; là nous entendons le récit de la passion chantée par trois voix en trois récitatifs ; nous écoutons encore les reproches de Jérémie exprimés sur un air le plus tristement pathétique que l’esprit de l’homme ait peut-être jamais conçu. Nous prions pour les païens , et nous nous agenouillons ; nous prions pour les Turcs, et nous nous agenouillons encore; nous prions pour les Juifs, et nous ne fléchissons pas le genou, afin d’exprimer notre horreur pour le salut dérisoire offert au Roi des Juifs. Nous nous retrouvons encore dans cette église, maintenant éclairée par une seule lampe. Dans cette obscurité, et au milieu de la foule silencieuse des adorateurs , le chant des litanies paraît plus solennel encore. Une pause de quelques secondes a lieu ; et puis tout à coup , prêtres et fidèles, voix et instruments éclatent en
un joyeux Alléluia pascal ; des flots de lumière entrent par toutes les fenêtres de la cathédrale ; les cloches , muettes depuis trois jours , résonnent du haut de toutes les tours ; le canon se fait entendre , les bannières sont déployées : Dominus resurrexit verè, alléluia, et apparuit Simoni, alléluia ; — le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia , et il est apparu à Simon, alléluia.
Maintenant nous demanderons s’il est possible de concevoir qu’une église qui a adopté des formes de culte si profondément symboliques se soit contentée d’un édifice non symbolique pour la célébration de ce même culte.
Oui , assurément ; la cause de la différence indéfinissable qui existe entre une église ancienne et une église moderne , n’existe ni dans l’association des idées , ni dans la précision des détails, ni dans la nature mécanique, ni dans le pittoresque, mais, sous le point de vue général , dans le symbolisme , le symbolisme religieux , qui a distingué et sanctifié cette branche, comme il a sanctifié toutes les autres branches de l’art du moyen âge.