‹ Du syndrome hémoglobinurique des pays chauds Sa pathogénie -- Son traitementChapitre 35 sur 35 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

En résumé, il nous semble que l’on peut admettre au sujet de l’étiologie, de la pathogénie et du traitement de la fièvre bilieuse hémoglobinurique les conclusions suivantes

1° La fièvre bilieuse hémoglobinurique des pays chauds se rencontre essentiellement dans les régions paludéennes.

2° Il est reconnu qu’elle frappe presqu'exclusivement les gens impaludés, qui séjournent depuis longtemps dans la colonie et atteints d’anémie tropicale. C’est ce qui expliquerait comment la maladie est très rare dans les pays à malaria du littoräl méditerranéen dont le climat est tempéré et permet, au moins pendant plusieurs mois de l’année, une réparation de l'usure organique impossible à réaliser sous les tropiques. |

3° Chez ces paludéens, la cause immédiate du syndrôme hémoglobinurique, peut être un réveil aigu du paludisme, mais, bien plus souvent, cette cause principale est une impression de froid, un surmenage, une intoxication alimentaire.

de BRU h° L'observation XVIII, nous a montré comment lhématozoaire était capable de passer avec effraction à travers le rein, en créant des lésions de néphrite infectieuse avec hématurie et phénomènes bilieux. L'ancienne dénomination de fièvre bilieuse hématurique ne doit donc pas disparaître du cadre nosologique. Elle représente seulement une variété, très rare, de l’infection plasmodienne.

5° De l’hématurie rénale à l’hémoglobinurie rénale, la distance est facile à franchir et de fait, les deux symptômes peuvent coexister sur le même su- jet. On a alors une fièvre bilieuse hémato-hémoglobinurique.

6° Une troisième variété, la plus grave, peut être qualifiée de fièvre bilieuse hémoglobinurique absolue. Elle est le résultat d’une abondante destruction d'hématies par l’hématozoaire et ses toxines. À cette hémoglobinémie d’origine palustre, s’ajoute l’action hémolysante, spléno-hépato-rénale et celle de toutes les cellules susceptibles d'exercer la phagocytose.

7° S'il existe une hémoglobinurie d’origine quinique, elle ne doit point être confondue avec l’hémoglobinurie des pays chauds. La première est cerlainement très rare dans le milieu tropical, car depuis l'usage généralisé de la quinine préventive, elle devrait être plus fréquente qu'autrefois, alors que sa décroissance paraît plutôt en raison directe

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de la quininisation et en relation avec les améliorations apportées par les mesures générales de la pro- -phylaxie palustre dans les pays chauds. On a démontré, d’ailleurs, expérimentalement que la quinine est incapable de la produire sur un animal sain.

8° La prophylaxie de la fièvre bilieuse hémoglobinurique se confond avec celle du paludisme.

9° Dans le traitement de l’accès, l'emploi de la quinine doit être réservé aux cas légers ou de moyenne intensité.

10° Le traitement de la fièvre bilieuse hémoglobinurique aura pour but, avant tout, de-rétablir le fonctionnement des émonctoires à l’aide des diurétiques et des injections de sérum artificiel, isotonique ou hypertonique. |

Ce traitement sera complété par une médication adjuvante, variable suivant les cas et ayant pour but de soutenir et de relever le plus rapidement possible les forces du malade.

Vu : le Doyen, : Vu : le Président, LANDOUZY. GILBERT Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,

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