‹ Du syndrome hémoglobinurique des pays chauds Sa pathogénie -- Son traitementChapitre 34 sur 35 · EST ER · texte numérisé non relu

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dans les urines rouges de certains malades atteints de fièvre bilieuse, on ne trouve que des globules rouges et point de traces d'hémoglobine dissoute. L’hématozoaire a déterminé une véritable néphrite et, à ces cas, doit être réservée l’ancienne dénomination de fièvre bilieuse hématurique.

Bien plus, le rein « ne doit plus être considéré comme un simple émonctoire ; il joue un rôle dans la genèse de l’hémoglobinurie en provoquant luimême la libération de l’hémoglobine. » (1) On s'explique ainsi l'apparition d'accès légers d’hémoglobinurie sans grande élévation thermique.

La consultation du volumineux dossier de la fièvre bilieuse hémoglobinurique nous a ainsi conduit à adopter, pour expliquer la pathogénie de l'affection, une théorie éclectique et à concevoir plusieurs modes de constitution du syndrôme hémoglobinurique : hémolyse dans le sang circulant, hémolyse rénale, un des modes les plus fréquents, hémolyse hépatique, hémolyse splénique. On peut dire que dans certaines circonstances graves, tout le corps en est imprégné : totum corpus est in hémoglobinuria. L'hémorragie menace tout le territoire organique et la lecture des observations publiées, nous montre la fréquence des hématémèses, des mœlena et des hématuries dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique.

Et partout, à l’origine de l'affection, dans son

(1) Gilbert et Chabrol, — Loc. cit.

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évolution clinique, dans sa distribution géographique, dans ses manifestations anatomo-pathologiques on rencontre l’action visible ou mystérieuse du paludisme, de son agent ou de ses toxines. Et lorsqu'on cherche à poser les règles de prévention de l'affection, il est curieux de remarquer que l’accord se fait entre les partisans des diverses doctrines étiologiques et que les quininistes les plus résolus admettent, eux-mêmes, que la prophylaxie de la bilieuse hémoglobinurique se confond avec celle de l'infection malarienne. |

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Traitement

Le meilleur moyen d'échapper à la maladie est, en effet, l’usage de la quinine préventive. Empèchant l’éclosion du paludisme, elle supprime ainsi le terrain et la maladie n’apparaît pas le plus souvent. -

En ce qui concerne le traitement de l'accès, la question se complique. Nous pensons que l’administration des sels de quinine doit être réservée aux cas légers ou de:moyenne intensité, caractérisés par de fortes poussées thermiques (à allures palustres) sans grande répercussion sur l’état général et chez lesquels, surtout, existe une perméabilité rénale suffisante. Dans les cas où l’hémoglobinurie est intense, où l’on ne constate pas la présence de l'hé-

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matozoaire dans le sang, et où la rareté des urines, voire même l’anurie, achemine le malade vers lurémie, la quinine nous apparaît comme inutile et dangereuse. Inutile, parce que nous pensons, d'accord avec les faits, que les hématozoaires doivent être extrêmement rares dans un milieu qui n'offre plus à leur multiplication les éléments de nutrition nécessaires ; dangereuse, parce que, comme nous le disions plus haut, elle ne fait qu'ajouter un élément additionnel à l’empoisonnement qui s'annonce.

Il en est de même de tout autre médicament. Le principal effort médical doit être certainement, dans cette occurence, de chercher à élever la tension vasculaire et à désobstruer l'émonctoire rénal.

Dans ce but, on emploiera les boissons diurétiques abondantes. Deux tisanes jouissent en Afrique d’une réputation plus ou moins méritée. Ce sont celles : d’'ahouandémé (cassia occidentalis, légumineuse) qui s'emploie dans les proportions de 15 grammes pour un litre d’eau, et de kinkélibah, plante de la famille des combretacées, utilisée à 10/1000. À défaut de ces deux plantes on pourra ‘employer le café très étendu, le thé léger, la tisane de queues de cerises, etc. L'essentiel, c’est que la boisson diurétique que l’on adopte, ne renferme aucun principe actif toxique.

On emploiera également les injections hypodermiques de sérum artificiel sauf s’il existe des lésions rénales avancées et surtout si l’on constate de lœdème ow de lanasarque.

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Je signalerai les injections de sérum hypertonique, à 30 grammes de chlorure de sodium pour 1000 grammes d'eau bouillie (LE Danrec) (1). Le D' GuiLLon (2) injecte 300 grammes de sérum hypertonique à 25/1000, solution qui aurait l’avanlage d’être moins douloureuse que la précédente.

On décongestionnera les reins par l'application de ventouses sèches ou de pointes de feu sur la région lombaire. On administrera des lavements froids et on utilisera l’eau chloroformée pour calmer les vomissements et les douleurs épigastriques.

Mais, c’est surtout dans la prophylaxie que réside le véritable traitement de la fièvre bilieuse hémoglobinurique des pays chauds. J'ai déjà dit que cette prophylaxie se confond avec celle du paludisme. L'impaludé devra éviter les causes capables de déterminer le retour des accès de fièvre intermittente. Il se soustraira le plus possible au surmenage, aux refroidissements qui constituent un facteur capital dans l’étiologie de l'accès bilieux hémoglobinurique. Et cet accès est d'autant plus grave qu'il se répète plus souvent. « Il est rare, écrit Pellarin (3) que l’homme qui résiste à des attaques de fièvre bilieuse hémoglobinurique, guérisse complètement. Il] ne récupère jamais son intégrité fonctionnelle.. Ce qu'il faut à ces malades, c’est que

(1) Traité de Pathologie exotique.

(2) Manuel de thérapeutique clinique des Maladies coloniales,

(3) Extrait des comptes rendus du ÆX///° Congrès internaf'onal de Médecine. Paris 1900.

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