TROUBLES SENSORIELS
L’atteinte du nerf optique se traduit par de l’amblyopie ou de l’amaurose.
L'examen ophtalmoscopique sera des plus variables. Souvent, il ne révèle rien d’anormal : les milieux transparents, les vaisseaux ariériels et veineux sont intacts. Il n’y a aucune modification de coloration du fond d'œil. Ce n’est que plus tard que la papille présentera les signes ophtalmoscopiques de l’atrophie.
II — Formes cliniques du syndrome
Les divers ordres de symptômes que nous avons décrits réalisent par leur réunion un tableau clinique bien spécial.
Dans certains cas, la lésion intéressera seulement la
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fente sphénoïdale; plus fréquemment elle frappera simultanément cette fente et le canal optique.
A ces deux ordres de faits correspondent deux syndromes que nous distinguerons en :
a) Syndrome syphilitique de la fente sphénoïdale.
b) Syndrome syphilitique de l'apex orbitaire,
19 — Syndrome syphilitique de la fente sphénoïdale
Un des premiers symptômes que nous retrouvons dans toutes les observations publiées, c’est l'élément douleur : c'est une hémicranie survenant parfois plusieurs mois avant les autres symptômes, très souvent à prédominance nocturne et acquérant une intensité telle que les malades qui en sont atteints ne peuvent plus dormir.
Puis apparait le ptosis, ou chute de la paupière supérieure. Il peut être partiel, ne recouvrant que le bord supérieur de la cornée; le sujet parviendra à relever légèrement sa paupière en contractant énergiquement son muscle frontal et en rejetant légèrement la tête en arrière. Le plus souvent, il est total et cache entièrement le globe oculaire.
Si nous relevons cette paupière, nous nous rendrons compte de l'état du globe oculaire : ses mouvements sont abolis en lotalité ou en partie; dans certains cas, il est comme figé dans la cavité orbitaire, regardant droit devant lui et aucun mouvement n'est possible dans aucune direction.
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La paralysie frappe également la musculature intrinsèque. La pupille apparaît dilatée et fixe, Les réflexes à la lumière et à l'accommodation n'existent plus.
A ces troubles moteurs s'ajoutent des troubles sensitifs dus à la lésion du nerf ophtalmique. Il y a anesthésie de la peau du front, de la racine du nez, de la région intersourcilière, de la paupière supérieure et du lobule du nez. La cornée, les conjonctives bulbaire et palpébrale sont également insensibles.
Les différents symptômes que nous venons de passer en revue ne sont pas les seuls. Il en est un autre constant, dû à l’altération des rapports des deux rétines entre elles, c’est la diplopie. Si le ptosis est complet, le malade ne s'en plaint pas spontanément, elle n’apparaît que lorsqu’au cours de l'examen on relève la paupière supérieure.
Nous nous trouvons donc en présence d'une paralysie de tous les nerfs moteurs de l'œil et des nerfs sensitifs passant par la fente sphénoïdale et, fait important, seuls ces nerfs sont intéressés.
Le syndrome de la fente sphénoïdale est donc consttué par une ophtalmoplégie unilatérale totale sensitivomotrice,
2° — Syndrome syphilitique de l’apex orbitaire
Dans ce syndrome, en plus des altérations des nerfs passant par la fente sphénoïdale, il y à une lésion du nerf optique.
L'affection’ a un début identique à celui du précédent syndrome.
Céphalées, ptosis, mouvements du globe oculaire abolis dans toutes les directions.
La pupille en mydriase ne réagit plus à ses excitauis habituels : la lumière et l’accommodation.
Le sujet accuse également de la diplopie lorsqu'on relève sa paupière.
On observe en outre une anesthésie kérato-conjonctivo-tégumentaire répondant au territoire innervé par l’'ophtalmique.
Au bout d’un temps variable et généralement très vite après l'apparition des premiers symptômes, l’acuité visuelle baisse d’une façon rapide, aboutissant le plus souvent à la cécité complète du côté répondant à la lésion.
L'examen ophtalmoscopique est très variable dans ses résultats. Il peut, au début du moins, ne rien révéler d'anormal. j
D’autres fois, la papille fait une saillie et montre des veines augmentées de volume et tortueuses. Mais d’après les auteurs, cette stase papillaire ne ressemble pas à l'image ophtalmoscopique que l’on observe dans les cas de tumeur cérébrale où l’aspect trouble et œdémateux de la papille est plus accentué.
Ces lésions du nerf optique sont le résultat d’une névrile rétrobulbaire, elles aboutissent fréquemment à l’atrophie blanche.
Le syndrome de l’apex orbitaire est ainsi caractérisé par une ophtalmoplégie sensorio-sensitivo-motric totale.
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