‹ Du Syndrome Syphilitique de l'Apex OrbitaireChapitre 22 sur 22 · OBSERVATION VII (ROCHON-DUVIGNEAUD · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII (ROCHON-DUVIGNEAUD

Ophtalmopléaie sensitivo-motrice unilatérale avec cécité d’origine syphilitique

Un jeune homme se présente à la consultation externe avec les symptômes suivants : Du côté droit, ptosis, mouvements du globe presque abolis, vision très mauvaise, anesthésie dans le domaine du sus-orbitaire, tandis que la sensibilité est conservée au contraire dans le sousorbitaire. L’ophtalmoscope montre une papille à veines tortueuses et manifestement congestionnées.

Outre ces symptômes, le malade se plaint de céphalalgies violentes et persistantes.

L'examen ne révèle aucune tumeur orbitaire, L’œil

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n’est pas exophtalme et se laisse refouler autant que l’œil sain.

Le malade niait toute syphilis et l’on pensait à quelque néoplasme du fond de l'orbite ou des os du crâne. Cependant, pressé d’instituer un traitement, le professeur Verneuil s'appuyant d’une part sur la limitation des paralysies aux nerfs qui passent par la fente sphénoïdale et le canal optique, d’autre part sur la rapidité du début et la violence des douleurs, pensa que le malade devait avoir eu la syphilis et qu’il souffrait d’une périostite de la fente sphénoïdale. La thérapeutique lui donna raison. Les frictions mercurielles et l’iodure eurent une action très rapide. Les phénomènes paralytiques disparurent et même la vision se rétablit.

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Conclusions

T. — Le sommet de la pyramide orbitaire correspond à la fente sphénoïdale dans sa partie la plus large.

Cette fente livre passage à tous les nerfs moteurs du globe oculaire, aux trois branches du nerf ophtalmique, aux veines ophtalmiques et à la racine sympathique du ganglion ophtalmique.

Dans le canal optique, passent le nerf optique et l’aritère ophtalmique accompagnée de son plexus sympathique.

. II. — Le syndrome syphilitique de la fente sphénoïdale est caractérisé par un ensemble de symptômes résultant de l’altération d’un groupement nerveux bien particulier. Il se manifeste par une ophtalmoplégie totale sensitivo-motrice se traduisant par une immobilité absolue du globe recouvert par la paupière supérieure paralysée, de la mydriase et une anesthésie kérato-conjonctivo-tégumentaire répondant au territoire innervé par l’ophtalmique.

Lorsque le processus syphilitique intéresse simultanément la fente sphénoïdale et le trou optique, aux symptômes précédents s'ajoute de l’amblyopie ou de

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l'amaurose par altération du nerf optique. L’ophtalmoplégie est alors sensorio-sensitivo-motrice. (Syndrome de l’apex orbitaire de M. le Professeur ROLLET.)

III. — Le processus morbide semble pouvoir répondre à trois ordres de lésions :

a) Périostite ou périostose de la fente sphénoïdale.

b) Scléro-gomme du tissu celluleux du fond de l’orbite.

c)Méningite circonscrite. En effet, les altérations méningées du passage sphénoïdal ou des gaines arachnoïdiennes des nerfs sont révélées par la céphalée et la réaction cytologique du liquide céphalo-rachidien.

Nous admettrions volontiers la participation morbide des divers tissus constituant l’apex orbitaire.

IV. — Pour le diagnostic, on se rappelera le groupement nerveux de la fente sphénoïdale. Les paralysies orbitaires sont dissociées: et si la lésion est intracranienne, les nerfs moteurs du globe ne sont pas altérés simultanément ; le trijumeau est intéressé dans toutes ses branches, il y a des paralysies d’autres nerfs craniens.

V. — Le pronostic est surtout fonction du traitement spécifique qui peut faire disparaître rapidement les troubles moteurs et sensitifs.

On sera beaucoup plus réservé en ce qui concerne la vision. Malgré la thérapeutique, la cécité sera fréquemment définitive et l'examen ophtalmoscopique montrera une atrophie blanche de la papille.

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VI. — Le traitement devra être établi précocement. Il sera mixte, hydrargyro-ioduré ou, ce qui est préférable, bismutho-ioduré.

Vu : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, LE DoYeEN, ROLLET.

JEAN LEPINE.

Vu et permis d'imprimer : Lyon, le 18 Novembre 1927 LE RECTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L'UNIVERSITÉ GHEUSI.

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