‹ Du système de m.Louis Blanc: ou, Le travail, l'association et l'impôtChapitre 7 sur 7 · IÎ · texte numérisé non relu

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c Oa vslre système est ntipiligëâtit, eu tm% t'ét^ pas rorganisateur qui dmi fai^e triompher lé ^jtntènifs; efaùfsisse^ entt« la stérilité de la pei^nne et ceU« de l'idée. »

Wm M. Louis Blanc ne se tient pas pour battu. Il Teut absolument que cette commissiun du trft^ T«til, œ prétendu mihistëre du progrès qui a géiB^, par ses empiétemens, k marche des travaux pu^ blics, du commerce et des finances, ait laissé des mdmimens durables de son passage. La société, trompée dans son attente^ soufl^ avec une téèU gnatton pleiiâe de grandeur, et ne se plaint pas^^et* Mt. LoUi^ Manc, qui n'a pas répondu à Tattente de la société, l'auteur de ces magnifiques promesses qui se sont évaporées en fumée, croit avoir le droit de se plaindre I

En admettant l'apologie telle qu'on nous Ta présentée dans le Moniiimr, M. Louis Blanc, pour tout résultat d'une autorité omnipotente, aurait concilié quelques différends entre les patrons et Im èUvriers, et il aurait fondé un certain nombre d'associations coopératives. C'était bi^n la peine de mettre en mouvement toutes les forces de l'état pour ériger le gouvememenl en conseil de priKl'llonmies et pour faire, en matière d'associatioil, mokis que Robert Owen , moins que le fondateur d'Iearie I

K la GOOimiSBiQti du Luxembourg avaât aplani^

«Il efl^t, en interpoëantsidt:! arbitrage, lesfKfQculté» qui s'élevaient entre les ouvriers et les entrepre-^ netars, elle n'aurait eticore réparé que trèb incbm-* plétement le mal dont elle était la première c^use. Si l'on n'avait pas dit aux ouvriers, dès te lendemain de' la révolution : «Vous êtes les maîtres, » ils n'auraient pas songé, dans la situation précaire du travail, à dicter des conditiotis à des entrëpteneurs qui (oucbaient à leur ruine. Avec le bon sens qui leur est naturel, les ouvriers auraient compris qu'il fallait remettre à des temps meilleurs les. plans d'organisation et de réforme.

Mais il n'est pas même certain qu'après avoir allumé l'incendie, la commission du Luxembotlrg ait sérieusement travaillé à l'éteindre^ A quoi ^ réduisent ces prétendties transactions entre les pa^ trons et les ouvriers? A faire accepter au patron la loi de l'ouvrier et à impo^r une augmentation de salaire. Est-ce bien le moment d'élever les ^-^ laires, lorsque la valeur de la marchandise dimmué et lorsque les produits restent invendus sur K marché? On ne concilie pas les intérêts en allant contre la volonté des hommes et contre la force des choses; on les irrite plutôt, il n'a pas tenu à H. Louis Blanc de faire du patron et de l'ouvrier des ennemis irréconciliables: car il a humilié et appauvri le premier sans procurer au second des avantages de quelque durée ; il a el^isi^ pou^ chaii--

ger violemment la répartition des produits, le moment où la fécondité de la. production allait décroître. Il se peut, puisque H. Louis Blanc le dit, que les procès-verbaux de ces transactions soient conçus dans des termes tels qu'on les prenne pour « les archives de la concorde. » Mais que l'on interroge aujourd*tiui les patrons et les ouvriers qui les ont signés; qu'on leur demande s'ils sont contens des rapports que la commission du Luxembourg a établis entre eux, et je garantis que les réponses recueillies avec impartialité représenteront , sans que Ton puisse s'y tromper, les archives de la discorde.

Un mot maintenant sur ^ ces agglomérations d'hommes que M. Louis Blanc décore du nom d'associations. La commission du Luxembourg a réuni des ouvriers tailleurs dans l'ancienne prison de Qichy et des ouvriers selliers dans la caserne de l'Allée des Veuves; en leur ouvrant un atelier, elle leur a donné des commandes, du travail. L'état charge les uns d'babiUer la garde nationale et les autres d'équiper la cavalerie. L'état fournit la matière première, fixe les salaires et garantit l'emploi des forces; les associés ne mettent pas autre chose en commun que leur temps.

On a élevé de nombreuses critiques sur cette organisation, dont les premiers résultats, de l'aveu de M. Louis Blanc lui-même, n'ont pas été fort re-

marquables. On a dit, non sans raison, que Tétat aurait pu payer les tuniques et les selles moins cher et les obtenir plus promplement. Je le crois sans peine, mais je n'insisterai pas. Il suffit de dire que rétat n'aura pas toujours des tuniques ni des selles à commander; que des associations, qui ne pourraient se soutenir qu'à la condition d'être alimentées parle gouvernement, ne seraient pas nées viables; enfin, qu'il n'y a aucune différence entre des travaux exécutés de cette manière et le travail que Ton vient d'abolir dans les dépôts de mendicité, ainsi quq dans les prisons.

M. Louis Blanc n'a compris ni l'association ni le travail. La société n'est pas pour lui un ensemble de forces qui conspirent librement au même but; c'est un mécanisme formé d'instrumens passifs et aveugles; c'est un composé d'esclavage et de révolte, l'ouvrier n'étant pas libre pour produire et ne mesurant qu'à ses besoins le droit de consommer. M. Louis Blanc s'est donné beaucoup de peine pour supprimer la liberté et la dignité de l'homme; on peut dire de lui qu'il a imaginé une chaleur de serre-chaude pour remplacer la chaleur du soleil.

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