CHAPITRE V I
Sfinistere des affaires étrangères,
(Ce chapitre figure au budget de 1S22 pour 7,870^000. )
Si la représentation nationale n'^avait d'autre droit financier qne celui de voter ou de refuser en aveugle les fonds demaQdés pour les dépenses de chaque ministère^ il faut avouer que celui-ci ne présenterait pas beaucoi;^ plus de matière que le précédent à des économies très^ considérables. Ce n'est qu'en rapprochant son administration de ses résultats politiques^ qu'il peut paraître regrettable de voir consacrer à un système peu conforme à la dignité nationale , des fonds qu'il serait possible d'employer avec plus de grandeur et d'utilité. Malgré la défaveur avec laquelle fîit entendu dans la session de 1820^ par les partisans -du ministère ^ nn orateur consommé dans la science diplomatique, malgré la légèreté avec laquelle on ne crai* jgnit pas de répondre 'k ses reproches, il n'en reste pas moins démontré que dans des principes opposés à ceux de ce grand ministre , dont la politique obstinée était d'empêcher la maison d'Autriche de prendre pied en Italie, notre ministère n'a pas rougi d'attacher son nom au manifeste d'une guerre qui met cette puissance à nos portes , qu'il a conclu un concordat anti-patriotique, qui pour n'avoir pu itre proposée l'approbation des chambres, n'en sert pas moins de baseaux espérances des ultramontains; car il est encore des Français assez aveugles dans un fanatisme inexplicable, pour préférer aux droitsdeleur pays et de leur souverain, les prétentions d'un pontifje étranger; il n'est pas moins évident que le ministère dont il s'agit a négligé toutes
les occasions de former avec F Amériqae du sud^ etde renouer ayec Saint-Domingue des traités ayantageux. à notre oommerce , qu'il a laissé anéantir dans le Levant des capitula, tions fayorables à la France, que tous les consulats sous sa direction ont laissé persécuter ceux qu'éloignait de leur pays , en attendant le rappel du monarque y la réalité de leurs torts pour quelques-uns ^ pour un grand nombre d'autres, la fatalité des circonstances.
Il est incontestable qu'au lieu d'une interyention fayorable au cbristianisme comme à la civilisation , qu'au lieu d'une entremise telle que l'Europe la devait attendre de la force et de la dignité d'un grand peuple, nous n'ayons eu dans ces derniers événemens , qui préparent peut-être à la Grèce un éternel esclavage ou une entière extermination, d'autre part que la neutralité de l'impuissance, l'apatbie de la peur , ou la connivence d'une basse et fausse politique.
Si tous ces reprocbes adressés au ministère des affaires étrangères, sont aussi fondés en effet qu'ils le paraissent à bien des yeux, il faut avouer que jamais dépenses ne furent aussi regrettables que celles affectées à de pareils emplois ; ce n'est pas du moins un motif pour examiner chacun des chapitres de cette partie du budget avec moins de scrupule et de sévérité.
Giapitre P'. Service intérieur, 740,000.
Il est inutile de répéter ici ce qui a été dit pour le ministère de la justice , relativement au traitement d'un soussecrétaire-d'état. Les principes d'économie qui ont fait rejetter cette sinécure abusive pour une des parties du service public, reçoivent naturellement leur application pour toutes les autres, et si dans quelque branche particu-
lière de Tadministration on pouTait en reconnaître la nécessité, ce serait une exception qui, probablement, ne se présentera pas même à notre examen. Rayons donc déjà pour cet objet une somme de 4o,ooo francs, sans craindre d'imposer aux relations extérieures des entraves plus réelles, que nous n'en ayons imposées dans le cbapitre précédent à la justice.
Pourrait-il y avoir trop de sévérité à appeler aussi l'attention dans le même chapitre sur les 700,000 restans, pour le service intérieur des bureaux ? Ne peut-il pas paraître extraordinaire , ainsi que l'avait fait observer un orateur, dans une précédente discussion, que les frais d'administration centrale montent à près de dix pour cent de la dépense totale de ce ministère ? Un pareil état de cfaosesnedénote-t-il pas évidemment ou prodigalité dans les appointemens, ou gaspillage dans les fournitures, ou multiplicité d'emplois abusive ? Pourquoi d'ailleurs une augmentation de 1 5,000 sur cette dépense, qui avait été réduite, parle dernier budget, à 685,ooo? Ne craignons pas, en défalquant le traitement du ministre, sur lequel nous avons déclaré ne point vouloir provoquer de diminution , de réduire les 55o mille francs restans à la somme ronde de 5oo,ooo : il est impossible , soos ce rapport , de nous accuser de parcimonie , seconde économie 5o,ooo.
Total sur ce cbapitre , 90,000.