‹ Du système financierChapitre 18 sur 92 · Chapitre XY. Dépenses spéciales , S^ôoo^ooo · texte numérisé non relu

Chapitre XY. Dépenses spéciales , S^ôoo^ooo

Ce chapitre est un de ceux qui présentant le plus d'abus^ provoquent aussi le plus d'observations. Il figura pour la première fois au budget de 1821 ^ et malgré l'incroyable obstination de quelques personnes qui ne rougirent pas de l'en repousser si long-tems , on a peine à concevoir comment il a pu si long- temps parvenir à s'y dérober^ mais il figura, comme dans celui-ci, sous le titre de dépenses spéciales , et l'on ne voit pas davantage pourquoi à l'aide de ce subterfuge ridicule , on aurait la prétention de l'interdire à la discussion des deux chambres. Nous le répéterons jusqu'à satiété, parce qu'il n'est point de système financier sans ce principe qui en est la Ijase ; il ne peut y avoir de dépense qui malgré tout prétexte ne doive être discutée , autorisée , et allouée formellement par la représentation nationale. Que celle dont il s'agit soit prise spécialement sur les fonds particuliers fournis par la caisse des jeux , ce qui serait une absurdité , qu'elle soit au contraire de même nature que toutes les autres , ce qui est le seul mode régulier de comptabilité, toujours est il vrai que versés dans le trésor comme tous les autres revenus de l'état , ces fonds doivent être soumis à la même surveillance, et servir à acquitter, sous le contrôle législatif, les dépenses nationales. Examinons donc ce chapitre sans scrupule , et si des lois ou ordonnances contraires avaient

été surprises à la sagesse du monarque ou des législateurs^ c'est à un ministère imbu des vrais principes à en proyoquer la réformation.

Que Toît on figurer dans la nomenclature des dépenses du cbap. i5 ? Discutons d'abord un article de 2;20o^ooa pour dépenses secrètes de police, secours, et indemnités. Nous y voyons 9 disait un honorable député en 1821, et il est probable que la somme demandée étant exactement la même , c'est aux mêmes emplois qu'elle est aussi

destinée , en 1822 , nous y voyons 70,000 pour supplément de traitement à M. le préfet de police ; mais à quel titre ? et pour quels services ? 200,000 pour la police municipale de Paris, qui a son vaste budget particulier, 200,000 à distribuer suivant les circonstances , et ces circonstances sont trop ignobles pour qu'on ose les spécifier. Ce sont des récompenses pour des services d'espionnage , des pensions dont rougirait le titulaire , si elles étaient divulguées, etc. i5o,ooo pour entreprises littéraires, souscrip* tions et abonnemens, malgré plus de 5oo,ooo portés au chapitre 5, à cet effet-, et l'on sait, comme le disait le même orateur ( M. Méchin ) que ces entreprises littéraires, ce sont les pamphlets dif&matoires , les articles insérés dans les' journaux étrangers, ces libelles inattendus , ces applaudisseurs ou siffleurs de places et théâtres, etc. Dans cette sonmie de 2,200,000 ne sont compris au reste , ni le traitement du directeur général de la police, ni ses commis, ni ses frais de bureau, ni le loyer de son hôtel , tout cela est compris au chap. 1. Voilà les dépenses abusives qu'il faut supporter , par la seule raison qu'il a plu au ministère de les appeler dépenses spéciales à imputer sur les produits de la ferme des jeux. Mais nous ne pouvons être dupes d'une invention aussi bizarre.

Quelque soit le nom qu'on veuille donner à ces allocations, les défenseurs nés de nos droits financiers ne peu* yent tolérer plus longtemps de pareils abus , ils feront justice de tous ces articles ridicules , ils feront sur ce chapitre une économie d'au moins i^ooo^ooo.

Ils feront disparaître aussi ces 1,660,000 de subTcntioa aux théâtres , inutile dans l'état où était notre art dramatique , et où il serait encore , si l'on n'y encourageait toutes les sortes d'abus , toutes les sortes de mauvais goûts. Ce n'est pas d'encouragemens pécuniaires qu'il a besoin, la fureur du spectacle dans toutes les classes y supplée avec abondance: donnez aux dififérens théâtres concurrence et indépendance, annéantissez ces réglemens absurdes dont tout le mérite est de rappeler le système des corporations et des'priyiléges -, cessez de commander , à chaque circonstance, de ces ouvrages éphémères ou l'on sacrifie à Texpression d'un sentiment toujours uniforme l'observation des régies et la peinture des caractères ; ne souffrez plus que la tranquillité des honnêtes gens soit troublée constamment par des bandes organisées d'applaudisseurs ignorans ou de siffleurs furibonds. Alors les ouvrages dramatiques seront jugés par les connaisseurs; alors les auteurs seront forcés de mettre dans leurs compositions cette dignité ou cette élégance qui peut seule captiver de pareils suffrages. Yoilà les encouragemens dont le théâtre a besoin , bien plutôt que de l'argent des contribuables. Cette économie ajoutée à celle de l'article précédent, en donne indispensablement une totale de 2,66o,(X)o.

Récapitulation des réductions à opérer dans le budget du

ministère de l'intérieur.

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